Yvonne Sée

Yvonne Sée a été Présidente Nationale de la LIGUE en France (1975-1981), et a écrit un document reprenant l’historique de la LIGUE : « Réaliser l’Espérance » couvrant la période 1915-1983. Document en PDF disponible : lifpl-1984_Realiser_lEsperance_Yvonne-sée

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Photo aimablement transmise par son fils : Daniel Sée (septembre 2014) Libre de droits

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Née à Paris, en 1908, elle est décédée en 1997. Son père qui avait deux filles, était exigeant et en même temps très ambitieux pour ses filles. 

ENFANCE classique avec des études d’anglais et de latin entre autres,  elle apprend la peinture dans l’atelier d’André LHOTE, cubiste, théoricien de l’art. Elle écrit beaucoup, surtout de la  poésie, où elle excelle.

Mariée à un industriel, elle a deux enfants : Daniel, ingénieur chimiste, très engagé dans la vie d’un village en Israël, où cohabitent juifs israéliens, et palestiniens israéliens : « Neve shalom What al salam. » et Nicolette, sculpteur, auteure, et comédienne.

Femme très active, elle est aussi une mère qui s’est beaucoup occupée de ses enfants.

Juive, elle a dû se cacher avec toute sa famille pendant toute la guerre! Réfugiée dans le Tarn, en 1943, elle rencontre Claire GENIAUX qui hébergeait Gabrielle DUCHENE, recherchée par la GESTAPO. C’est alors qu’elle rejoint la Ligue, dont la présidente Fondatrice est Gabrielle DUCHENE Elle a bien connu Gertrude BAER.

1953, congrès international en France, sous la présidence de Gabrielle DUCHENE.

A sa mort, (1954), Isabelle PONTHEIL devient Secrétaire Générale et Yvonne Sée, membre de l’Exécutif, elle propose un bureau dans son appartement. Elle rédige une brochure sur Gabrielle DUCHENE. Elle participe en 1956 au congrès de Birmingham, au cours duquel elle fait son premier discours en anglais. Ensuite au congrès de Stockholm en 1959

En 1965, la LIGUE a 50 ans, et le congrès se tient à la Haye (« Pour un monde sans guerre »)

RESPONSABILITES : Yvonne Sée est élue à l’Exécutif International avec 11 autres femmes.

En 1968, elle est nommée Représentante à l’Unesco, et elle est réélue à l’Exécutif International.

En 1969, elle rencontre Edith BALLANTYNE, nouvellement nommée Secrétaire Générale de la LIGUE au plan international.

Participation au Congrès de 1971 à New Delhi (Inde).

1972,  elle devient Secrétaire Générale de la section française et aussi Vice-Présidente internationale.

1974, la section française reçoit la veuve du Président Allende, au Sénat, à Paris. Tout en préparant l’Année internationale de la Femme (pour 1975). Congrès à Birmingham (RU)

1975 : l’équipe participe à la « Plateforme d’union des organisations féminines » Yvonne Sée est nommée Rapporteur de la Commission 5 sur « les femmes, la paix et le désarmement ». Le 12 mai, devant plus de 1000 personnes, la LIGUE lit les 5 rapports. Elles participent très nombreuses, à la Conférence de l’ONU à Mexico.

1976, vont à Londres, pour participer à une Marche monstre en faveur de la paix en Irlande du Nord : Yvonne Sée, Hélène BERTHOS, Claude RICHARD-MOLARD, ainsi que d’autres françaises.

1977, la section français, dont Claude RICHARD-MOLARD et Yvonne SEE, accueille Maired CORRIGAN à Paris.

1978, Yvonne Sée est co-coordinateur du colloque des ONG-UNESCO sur le thème « Désarmement, développement, éducation pour la Paix : leur interaction ».

1979, la section française invite l’Exécutif International pour sa réunion à Paris. Passage à une émission de télévision sur FR3, « Tribune Libre », ce qui valut un important courrier.

1980 : nombreuses interventions : celle d’Yvonne Sée au CILAF (Comité de Liaison des Associations Féminines), à Alençon. Elles publient plusieurs articles et « La Croix » publie un article sur la LIGUE. Congrès international aux Etats Unis.

1981, le 6 août, elles accueillent la Marche pacifique venant de Copenhague; Et le 29 octobre, elles participent à une autre émission de télévision sur FR3. Yvonne Sée et Claude RICHARD-MOLARD répondent aux questions.

Quelques extraits :

« Nous pensons que la guerre n’est pas une fatalité. Nous savons que, depuis toujours, l’homme a voulu se nourrir, se défendre, donc avoir des armes. L’arme était fabriquée en fonction des besoins vitaux. Actuellement, ce qui se passe est complètement anormal, contre nature. La production mondiale d’armements n’a plus aucun rapport avec son utilité éventuelle. Il suffit seulement d’en avoir plus que l’autre, que les armes soient nucléaires ou conventionnelles, qu’elles proviennent de l’est ou de l’ouest.

Si on se servait de ces terribles engins, ce serait, non une victoire pour l’un mais une défaite commune pour toute l’humanité et son environnement.

Quelques exemples : chaque être humain a droit à plus de 3 tonnes d’explosifs. Ainsi la bombe d’Hiroshima qui avait tué 200.000 personnes, alors que de nos jours une bombe tactique à faible portée représentait 30 Hiroshima. Et ceci sans parler de la précision e ces têtes chercheuses, chercheuse de mort, à têtes multiples. Des hydres…

(…)

FINANCEMENT On a calculé que 5% seulement des budgets militaires, s’ils étaient consacrés au développement suffiraient à nourrir convenablement le monde. Or, les pays industrialisés ont accepté en 70 de verser 0,7% d eleur budget militaire dans ce but. Mais presqu’aucun pays ne l’a fait. (…) Ces armes qui sont une matière improductive, si on ne s’en sert pas, c’est un gaspillage incroyable, et si on s’en sert, c’est une monstruosité. (…)

Et il y a aussi une question annexe qui est très importante, c’est que les cerveaux – (…) chercheurs travaillant pour le militaire, s’ils travaillaient pour le civil, on ferait des progrès fantastiques et on n’aurait pas 50 millions de morts de faim en temps de sècheresse ou 2/3 du monde sous-alimenté.

CHANGEMENT de mentalité : Regardez par exemple : des maladies comme la peste ou la variole. Elles ont pendant des siècles ravagé le monde. Et bien actuellement, grâce à la médecine, ces maladies ont pratiquement disparu.

(…)

A cause de l’excès même où l’on est arrivé, le moment est venu de changer de cap.

Nous devons l’obtenir à la prochaine session spéciale des Nations Unies sur le désarmement.

Il y va de la vie et de la civilisation. »

1982 : Claude RICHARD-MOLARD devient Présidente de la section Française et Yvonne Sée réalise la transition en douceur en devenant la vice-Présidente.

1983, elles participent à un grand rassemblement à Bruxelles le 8 mars. Un succès = huit mille personnes environ (dont la Présidente 2014 de la LIGUE – Gisèle NOUBLANCHE). La veille, réunions, conférences, le matin même : visites par délégations aux ambassades des pays membres de l’OTAN et des pays membres du Pacte de Varsovie.

SA CONCLUSION

(…) « Nous constatons que, contrairement à bien des affirmations accréditées, les femmes, il y a presque un siècle, sont déjà présentes et actives. Elles prouvent même leur grand courage et leur solidarité pour soutenir leurs idées, neuves à l’époque. Elles ne craignent pas d’affronter les pouvoirs publics. Elles signent, voyagent, parlent, donnant au monde une preuve de leur volonté.

Féminisme – Ces femmes à longues robes et grands chapeaux, dont les photos nous font sourire, témoignaient d’une énergie peut-être oubliée.

Elles ont traversé les deux guerres les plus meurtrières qui furent au monde – non pas toutes, bien sûr, puisque l’âge ou le destin en fit mourir au cours du temps – mais le fil n’a pas craqué. Chaque guerre terminée, la Ligue a retrouvé les mêmes ou d’autres membres. L’idée est demeurée intacte. L’idée a continué son chemin, au long des événements.

Les sections se sont multipliées – 30 aujourd’hui – L’influence de la Ligue s’est renforcée, en particulier dans les Organismes internationaux.

Le fait que la Ligue se soit maintenue vivace depuis 1915 est une preuve de la valeur de ses buts. Et je rends ici honneur à nos pionnières qui ont su donner à leur création les buts réunis de Paix et de Liberté. Elles ont certainement été conscientes de la difficulté de joindre ces deux termes : rechercher la Paix est un but noble ; rechercher la Liberté en est un autre. Mais recherche les deux à la fois est une tâche terriblement difficile, parfois opposée.

On l’a vu durant les guerres de libération, par exemple. Ou à quoi se sont heurtés les efforts de Gandhi, de Martin Luther King –

Ces femmes n’ont pas craint d’affronter ces obstacles ; elles ont visé au plus haut.

Je n’ai donc pas été étonnée, en relisant ma documentation, de constater combien les membres de la Ligue avaient eu des difficultés, voir d’oppositions entre elles. Certaines accordaient plus d’importance à la Paix, d’autres à la Liberté.

Heureusement, notre Ligue a toujours respecté les idées minoritaires en son sein, et bien des résolutions ont été votées en précisant que certaines membres n’étaient pas en accord avec le vote. Cette honnêteté, ce respect de l’autre a été en vigueur tout au long de la vie de la Ligue. »

Résumé fait par Brigitte.Cassigneul@gmail.com
06 37 33 43 71 à partir du livre « Réaliser l’espérance » écrit par Yvonne Sée, et de conversations avec ses enfants, Daniel et Nicole.

—- version du 31 octobre 2014 —- 1439 mots – doc PDF à télécharger : lifpl-bio-yvonne-see

Mise à jour du 9 décembre 2014

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