Solange FERNEX

1934-2006 Mariée à Michel FERNEX, quatre enfants

solange-fernex

encore quelques exemplaires disponibles … éditeur SOUFFLE d’OR

une video (extrait du film DVD « la petite étincelle ») = 3 mn, à voir !

HOMMAGE A SOLANGE FERNEX DECEDEE LE 11 SEPTEMBRE 2006 à 15 heures.

(Présidente nationale de la section France de la LIGUE 1995-2003) sa bio sur WIKIPEDIA

« La Vie pour la Vie », c’est le titre du recueil de témoignages des jeûneurs que Solange a écrit après le jeûne de 38 jours en 1983, qu’elle avait mis 3 ans à préparer. Pénétrée de cet esprit de Gandhi : non-violence et vérité au sein de l’action, sa foi profonde a entraîné des personnes de philosophie ou de fois diverses, et des groupes pacifistes des 5 continents dans cette belle aventure pour demander le « Gel des essais nucléaires ».

Avec ensuite, sans jamais baisser les bras, ce jeûne d’interpellation, du 6 au 9 août, chaque année, aux portes du poste de commandement des forces nucléaires aéroportées, à Taverny, accompagné par Théodore MONOD.

Révoltée et rebelle contre tout ce qui peut porter atteinte à la vie, son premier engagement dans l’écologie politique – et son dernier avec « Les Enfants de Tchernobyl » – était contre l’énergie nucléaire. Lorsque nous lui avons demandé d’être Présidente de la Section Française de la Ligue Internationale de Femmes pour la Paix et la Liberté, elle avait été très émue de découvrir dans nos archives de Genève que ce plus vieux mouvement féministe et pacifiste avait alerté en 1929 les grands de ce monde sur la possible utilisation destructrice de l’énergie nucléaire sur laquelle travaillaient déjà des scientifiques éminents.

Sa conscience du risque d’Apocalypse qui existait et existe toujours s’appuyait sur une très grande connaissance de l’état des lieux et du monde. Le souci des plus faibles, des opprimés et des affamés l’habitait en même temps. Tout cet argent consacré à des risques inutiles, pouvait permettre de juguler la faim pour toute l’humanité.

Nous n’avons pas de mots pour dire son humanité, sa simplicité, sa gentillesse, son écoute et son respect de chacun et chacune, sa fidélité, sa générosité, son souci de l’équilibre et de la bonne santé du groupe qui jeûnait chaque année, en restant pleinement actif, se voulant éveilleur de consciences. Constamment simple et sobre d’expression, mais juste, tant dans la rue et sur le marché, que dans l’entretien avec le commandant de la base. La Maison de Vigilance a été sa création. Elle donnait à chacun la possibilité de s’y réaliser en pleine conscience. Si nous étions découragés, elle disait qu’on ne peut jamais évaluer à l’avance les effets et les conséquences de nos actions. Elle reste là, près de nous, présente quand même, avec cette dernière photo d’elle à Taverny devant le panneau : « Jeûne d’interpellation : fin du monde ou début ? Génèse ou Apocalypse ? »

Gisèle Noublanche, 15 septembre 2006.

Ajouts du 18 août 2014 :

Baisser les bras, se résigner à l’inacceptable ? Jamais de la Vie ! L’inacceptable pour Solange Fernex, c’est de ne pas respecter la vie, c’est de promouvoir des politiques et des techniques qui conduisent à la mort. Ce sont ces 500 000 enfants qui survivent dans les zones très contaminées autour de Tchernobyl. Ce sont ces tonnes de déchets
radioactifs que personne ne sait retraiter {NDLR voir l’association « les enfants de Tchernobyl-Belarus« }

Ce sont ces arsenaux d’armes de destruction massive fabriquées par l’Occident, vendues aux pays les plus pauvres. Ce sont ces lobbies du nucléaire, de l’agrochimie, des OGM, qui pour le profit de quelques uns empoisonnent la planète entière.

Au fil de ces entretiens avec Elisabeth Schulthess, apparaît la diversité des combats de Solange Fernex tant sur le plan écologique, féministe, que social. Elle jeûne, manifeste, occupe : Fessenheim, Taverny, Creys-Malville, soutien au professeur biélorusse Bandajhevsky … De même, au conseil municipal et au Parlement Européen, elle œuvre pour préserver l’environnement, la santé, la paix et les droits de la personne.

Voici l’impressionnant parcours de cette figure emblématique, qui inlassablement depuis plus de quarante ans, propose des alternatives pour préserver les ressources pour les générations futures et construire un monde vivable pour tous.

Préface de Dominique Voynet  13,00 € TTC (Editions Yves MICHEL)

RESUME du livre « Solange, l’insoumise ».

Se résigner à baisser les bras, se résigner à accepter l’inacceptable ? Jamais de la vie.

L’inacceptable pour Solange, c’est de ne pas respecter la vie, c’est de promouvoir des politiques et des techniques qui conduisent à la mort. Ce sont ces 500.000 enfants qui survivent dans les zones très contaminées autour de Tchernobyl. Ce sont ces tonnes de déchets radioactifs que personne ne sait retraiter. Ce sont ces arsenaux d’armes fabriquées par l’Occident, vendus aux pays les plus pauvres. Ce sont les lobbies du nucléaire civil et militaire, de l’agrochimie, des OGM, qui, pour le profit de quelques uns, empoisonnent la terre entière.

L’inacceptable, c’est de ne pas préserver les ressources pour les générations futures, de ne pas construire un monde vivable pour tous et toutes.

Cette insoumission à l’ordre établi et à la pensée dominante, Solange l’exprime avec détermination, avec persévérance. Ce n’est pas une lubie qui l’amène à manifester un jour à New York contre la bombe atomique et un autre jour à Malville contre le surgénérateur SuperPhénix. C’est une certaine vision du monde, d’un monde plus fraternel et solidaire, d’une monde de paie et de justice, qui l’habite au plus profond et qui la pousse à agir.

Peu lui importe de ramer à contre courant. En 2004, elle proteste contre le mensonge qui entoure le désastre de la contamination radioactive autour de Tchernobyl, contre les ventes d’armes et de centrales nucléaires à la Chine. Trente ans plus tôt, elle proteste contre la mise en route de la centrale de Fessenheim et occupe les sites prévus pour la construction de centrales à Wyhl en Allemagne ou à Kraiseraugst en Suisse. Dans les années 1980, elle jeûne à Paris et à New Delhi pour obtenir le gel nucléaire. Ici ou ailleurs,, aujourd’hui, ou il y a trois décennies, sa démarche est la même : elle agir en son âme et conscience pour la survie des générations futures. « Ne faites rien contre votre conscience, même si l’Etat vous le commande », avait dit Albert Einstein. Un principe qui figure sur la couverture de son livre « La Vie pour le Vie » et qu’elle vit au quotidien, aussi bien dans les grands combats pour le désarmement que dans les luttes plus locales pour la protection des forêts ou de la nappe phréatique.

L’insoumise à l’autorité et aux vieux schémas de pensée ne se contente pas de dénoncer, de protester, de manifester. Elle propose des alternatives, elle s’applique à construire un autre monde, sur d’autres bases. Non pas tant sur le mode de la revendication que sur celui de l’implication personnelle à tous les niveaux possibles.

Enracinée dans son Alsace natale, elle est la première femme à entrer au Conseil Municipal de son village (….) elle assume des responsabilités dans de multiples associations. Elle en crée surtout de nouvelles pour expérimenter des pratiques innovantes issues des mouvements tiers-mondiste pacifiste, féministe, écologiste.

Solange participe à la création du premier parti écologiste d’Europe « Ecologie et Survie », et contribue ensuite largement à la fondation des VERTS. Elle est de toutes les campagnes électorales, non point pour accéder à la gloire et au pouvoir, (…) mais pour occuper le terrain, pour accéder à la tribune, pour sensibiliser l’opinion à de nouvelles manières de penser et d’organiser la société. Et si elle remplit son mandat de députée européenne, c’est encore pour être présente, pour infléchir certaines politiques de fuite en avant.

C’est cette conscience d’être une petite partie du grand tout, d’être un individu relié aux autres, d’avoir une responsabilité individuelle à exercer à l’égard de l’humanité qui motive sa participation à ce mouvement d’insurrection des consciences, relayé aujourd’hui par Pierre RAHBI, ou les altermondialistes. Avec toujours cet objectif de transformer le monde, de préserver la terre, l’eau, l’air, la biodiversité, pour que chaque individu puisse vivre, aujourd’hui, demain, dans cent ans, dans mille ans.

Sa révolte face à l’énorme pouvoir destructeur de certains, Solange ne l’exprime jamais par la violence. À 20 ans, elle lit l’oeuvre de Gandhi et intègre sa pensée qui l’accompagne tout au long de son parcours. Dans les années 1970, elle s’initie sur les terrains d’occupation aux techniques de l’action non-violente, de désobéissance civile, qu’elle met en pratique pour « faire échec aux projets déments ». Avec d’autres, elle n’hésite pas à engager son corps et sa vie, jusqu’à suivre à plusieurs reprises des jeûnes, limités ou illimités, quand tous les autres moyens ont échoué.

Au fil des années de l’après 1968, bouillonnante de remises en cause, d’initiatives et d’imagination, cette militante passionnée et convaincue contribue à relier diverses approches, à jeter des ponts entre les uns et les autres, entre tiers-mondistes, naturalistes, écologistes, féministes, pacifistes, socialistes, gauchistes … Elle n’aime ni la division, ni la médisance : on ne l’entraîne pas sur le terrain des conflits de personnes. Elle préfère voir ce qui unit les diverses tendances pour que les luttes convergent. Sa démarche est globale et plané&taire : « Nous n’avons qu’une seule terre ». Polyglotte et voyageuse, elle fait tomber les frontières entre les régions, les pays et les continents.

Cette femme qui pourrait se contenter de défendre son petit coin de paradis dans son village et bichonner sa petite famille refuse aussi de se soumettre aux rôles traditionnels dévolus aux femmes de sa génération, aux bourgeoises de son milieu. Déjà enfant, elle prend la résolution d’inventer une autre manière d’être femme et mère. Promesse tenue jusqu’à ce jour (2004) puisque même pour ses petits enfants, elle n’est pas une « grand-mère normale ». Avec la complicité et la coopération de Michel, son époux, leurs quatre enfants sont éduqués à l’autonomie et au partage des tâches, car Solange est souvent en réunion ou en manifestation.

Avec ses capacités, elle pourrait aussi se frayer une carrière professionnel de « superwoman ». Mais c’est le bénévolat qu’elle choisit, la course à l’ascension sociale et à l’argent ne l’intéresse pas. Avec Michel (son mari), elle décide de mener une vie simple, en cohérence avec leurs idées de solidarité, de partage, de respect de la terre, des êtres humains, de la vie. La course qui l’intéresse, c’est cette course de vitesse qui se joue entre les tenants de l’économie ultra-libérale qui n’ont que faire des êtres humains et les partisans d’une éco-gestion de la planète respectueuse de tous les êtres.

voir aussi
http://ecorev.org/spip.php?article463 = film de 27 minutes : Solange Fernex, une vie pour la vie, Daniel Coche, dora films, octobre 2006
http://www.dorafilms.com/fr/films/99-solange-fernex-une-vie-pour-la-vie

BIBLIOGRAPHIE

  • Jean-Pierre Kintz, « »Marguerite Solange Fernex », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 44, p. 4597
  • Elisabeth Schulthess, « Solange Fernex, l’insoumise« . Écologie, féminisme, non-violence, Collection Écologie, Ed. Yves Michel, octobre 2004. ISBN 2-913492274
  • Solange Fernex, « La Vie pour la vie : jeûne pour la vie: août-septembre 83″, Ed. Utovie, Collection Pour que la joie demeure, 1985 (Témoignages recueillis par)
Mise en ligne du 8 avril et mise à jour du 18 août 2014
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s