Gabrielle Duchêne

Une thèse très complète de plus de 200 pages lui est consacrée « Gabrielle Duchêne et la recherche d’une autre route: entre le pacifisme féministe et l’antifascisme » par Emmanuelle Carle, History Department McGiII University, Montreal (April 2005) Notre référence ISBN : 978-0-494-21631-6 SOURCE = http://digitool.library.mcgill.ca/R/?func=dbin-jump-full&object_id=85894&local_base=GEN01-MCG02

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L’auteure a accordé une licence non exclusive permettant à la Bibliothèque et Archives Canada de reproduire, publier, archiver, sauvegarder, conserver, transmettre au public par télécommunication ou par l’Internet, prêter, distribuer et vendre des thèses partout dans le monde, à des fins commerciales ou autres, sur support microforme, papier, électronique et/ou autres formats. L’auteur conserve la propriété du droit d’auteur et des droits moraux qui protège cette thèse. Ni la thèse ni des extraits substantiels de celle-ci ne doivent être imprimés ou autrement reproduits sans son autorisation.

RESUME

Notre travail est une biographie féministe de Gabrielle Duchêne (1870-1954), militante féministe, syndicaliste, pacifiste, antifasciste, compagnon de route du Parti communiste français et propagandiste avant-gardiste. Elle représente une des seules personnalités de l’entre-deux-guerres à symboliser la confluence idéologique de ces mouvements et à avoir tenté de trouver une solution, une autre route, au choc de leurs contradictions.

Tout au long de son engagement, Gabrielle Duchêne va faire des choix non conventionnels. L’objectif de notre recherche est d’analyser ses réactions atypiques afin de mettre en contexte le processus de multi-marginalisation et de comprendre la totalité des influences dans la formation de son pacifisme amalgamé. Le terme ‘multimarginalisation’ est employé pour désigner la réponse d’exclusion ou de méfiance envers Gabrielle Duchêne, ouvertement exprimée ou non, de la part de plus d’un groupe social ou politique. Ces exclusions ont leur source généralement dans les réactions non-conformistes de Gabrielle Duchêne.

L’exemple de son appui au Congrès des pacifistes féministes réunies à La Haye en 1915 est révélateur : son choix est conspué par la majorité des féministes bourgeoises françaises. Le moyen proposé par Gabrielle Duchêne pour transcender les divisions est le pacifisme amalgamé : l’union des principes féministes, pacifistes et antifascistes (procommuniste), permettant à la fois de concilier les points de vue et les différentes méthodes d’action dans un but commun.

Un des facteurs importants du militantisme de Gabrielle Duchêne est l’impact de l’expérience russe et de l’emprise communiste sur son pacifisme intégral. De 1927 à 1931, elle développe un pacifisme teinté, caractérisé par un changement de discours, influencé par les mécanismes de manipulation mis en place par les communistes.

A partir de 1932, elle participe au mouvement antifasciste, contrôlé par les communistes, sans toutefois abandonner son pacifisme féministe. L’analyse des différentes étapes militantes de Gabrielle Duchêne nous permet d’examiner les activités des femmes, encore très peu explorées, dans l’histoire antifasciste et communiste, et de démontrer la convergence entre le mouvement antifasciste et le pacifisme féministe dans les années trente.

De plus, notre recherche s’insère dans une histoire genrée. Nous utilisons le genre comme outil d’analyse, plutôt que comme catégorie d’analyse, pour comprendre notre sujet en tant qu’être sexué, dont les expériences militantes et sociales sont définies par les inégalités engendrées par cette différenciation.

Voici la Table des matières

  • Résumé
  • Remerciements
  • Liste des sigles et abréviations
  • Introduction
  • Historiographie
  • Méthodologie/Problématique

Partie 1 – ÉVEIL DE LA CONSCIENCE FÉMINISTE ET PACIFISTE DE GABRIELLE DUCHÊNE (1908-1926)

Chapitre 1 –

  • Son action syndicaliste avant la Première Guerre mondiale .
  • Introduction
  • L’Entr’aide
  • Office français du travail à domicile (OFTD)
  • Conseil national des femmes françaises (CNFF)

Chapitre 2 –

  • L’influence de la guerre sur l’activité syndicaliste de Gabrielle Duchêne
  • Conseil national des femmes françaises
  • L’Entr’aide
  • Office français du travail à domicile
  • Comité intersyndical d’action contre l’exploitation de la femme (CIACEF)
  • Après la guerre
  • Tiraillements entre féminisme bourgeois et syndicalisme

Chapitre 3 –

  • Le pacifisme intégral de Gabrielle Duchêne (1915-1926)
  • Naissance de la section française de la lIFPL (1915-1922)
  • Apogée de son prosélytisme pacifiste intégral (1923-1926)

Partie Il -INFLUENCES RUSSE ET COMMUNISTE (1919-1939)

Chapitre 4 – L’engagement humanitaire et culturel russe (1919-1931)

  • Comité français de secours aux enfants (CFSE)
  • Nature de son rapport avec la Russie et le communisme
  • Compagnon de route
  • Voyage en Russie
  • Le Cercle de la Russie neuve (CRN) .

Chapitre 5 –

  • Le Pacifisme teinté (1927-1931)

Chapitre 6 –

  • L’origine et la création du Comité mondial des femmes contre la guerre et le fascisme (CMF)
  • Mouvement Amsterdam-Pleyel
  • Activités antifascistes
  • Rassemblement mondial des femmes

Chapitre 7 –

  • Le CMF et la situation internationale (1935-1939)
  • Actions féministes contre le fascisme
  • CFIDP et CDDF
  • Le Front Populaire
  • La Guerre civile espagnole et le RUP

Partie III – LE PACIFISME AMALGAMÉ DE GABRIELLE DUCHÊNE : UN PARADOXE?

Chapitre 8 –

  • Le Comité exécutif international de la LlFPL.
  • 1932-1934
  • Congrès de Grenoble
  • Congrès de Zurich
  • 1935-1939

Chapitre 9 –

  • La crise de la Section française
  • 1932-1934
  • 1935-1939
  • CONCLUSION p. 429

Annexe 1 : Déclaration de la Section française de la LlFPL. 1935

Bibliographie

« Gabrielle Duchêne et la recherche d’une autre route : entre le pacifisme féminisme et l’antifascisme »

———————– Introduction——————————–

Gabrielle Duchêne (1870-1954) est un personnage complexe et mystérieux dans l’histoire pacifiste féministe de l’entre-deux-guerres. La multiplicité de ses engagements reflète un parcours militant avant-gardiste, que Valérie Daly, dans son mémoire de maîtrise sur le sujet, définit comme utilitariste et ‘agrégatif. En effet, Gabrielle Duchêne profite de ses expériences passées pour accéder à de nouvelles positions, et enchaîne ainsi une diversité de fonctions, tout en conservant des liens dans les organisations qu’elle quitte, ce qui lui permet de se créer un réseau d’influence important dans tous les milieux (1) A première vue cette perspective peut paraître juste, mais elle se heurte rapidement à une contradiction majeure. Comment expliquer les réactions atypiques de Gabrielle Duchêne? Tout au long de sa carrière militante, elle fait des choix non conventionnels qui provoquent une multi-marginalisation de la part de tous les groupes avec lesquels elle travaille, tels les féministes bourgeoises, les pacifistes féministes et les communistes. Notre objectif n’est pas d’expliquer les motivations psychologiques derrière ses modes de comportement, mais plutôt d’écrire une biographie féministe de Gabrielle Duchêne afin de démontrer le processus de marginalisation.

Ma recherche se concentre uniquement sur les étapes militantes de Gabrielle Duchêne, sur sa contribution aux différents mouvements syndicaliste, féministe, pacifiste, antifasciste et culturel prorusse, de 1908 à 1939. Nous nous intéressons à ses opinions et à son point de vue sur les événements politiques et sociaux de son époque et également à ses rapports avec ses collaborateurs.

Il s’agit évidemment d’une biographie féministe à cause du sujet l’histoire d’une féministe, de ses tentatives de faire évoluer la condition des femmes en dénonçant l’oppression patriarcale présente dans tous les domaines sociétaux, en plus d’offrir aux femmes la possibilité de s’exprimer dans la sphère publique à travers des organisations spécifiquement créées pour elles.

La première phase de son engagement est syndicaliste. Dès 1908, elle se consacre à la lutte contre l’exploitation des travailleuses à domicile dans l’industrie du vêtement et pour le relèvement de leurs salaires, l’amélioration de leurs conditions de travail, l’établissement d’une loi fixant un salaire minimum, l’égalité salariale et la promotion de la syndicalisation par l’éducation ouvrière.

Outre son poste de présidente de la section de travail du Conseil National des Femmes Françaises (CNFF) de 1913 à 1915, elle crée plusieurs organismes :

  1. une coopérative de production, « l’Entr’aide »,
  2. « l’Office français du Travail à domicile » (OFTD),
  3. le Comité intersyndical d’action contre l’exploitation de la femme (CIACEF)
  4. et l’Office français des intérêts féminins (OFIF).

Vers 1919, Gabrielle Duchêne délaisse l’activité syndicaliste au profit d’un militantisme pacifiste, débuté en 1915 lorsqu’elle constitue la section française de la « Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté » (LIFPL), qu’elle dirigera jusqu’à sa mort en 1954. Elle participe également activement, à partir de 1921, aux activités internationales de la Ligue en tant que membre de son Comité exécutif {au niveau international NDLR}.

Mise en ligne du 25 juillet 2014

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