Louise de BRETTIGNIES

Louise de BETTIGNIES, née le 15 juillet 1880 à Saint-Amand-les-Eaux, « agent secret », arrêtée par les Allemands le 20 janvier 1915, morte en captivité le 27 septembre 1918 à Cologne, dans des souffrances épouvantables.

«Il y a encore plus inconnu que le soldat inconnu: sa femme!» pouvait-on lire sur les banderoles des féministes françaises de 1970.
En effet, si l’on commémore chaque 11 novembre sous l’arc de Triomphe des millions de poilus tombés pendant la Grande Guerre à travers la tombe d’un soldat anonyme, les femmes semblent avoir été longtemps les oubliées de l’historiographie de la Première Guerre Mondiale.
Pas seulement munitionnettes ou veuves blanches, certaines ont risqué leur vie et ont joué un rôle crucial et stratégique lors de cette période.

Elle est de celles-là : une «inconnue célèbre» agent secret dont les actions ont pourtant été décisives.
Non seulement, elle a sauvé des milliers de personnes par ses actions d’espionnage des troupes allemandes et la transmission des informations recueillies aux services anglais, mais elle risquait elle-même sa vie pour passer la frontière et faire évader soldats, résistants et familles.

Un très beau livre de 1924, réédité en 46, lui a été dédié par Antoine REDIER «La guerre des femmes – Histoire de Louise de Bettignies et de ses compagnes». L’auteur s’est après la guerre marié avec la lieutenante, amie de Louise, Marie-Léonie Vanhoutte, tout aussi courageuse qu’elle.

Peut, et doit, être lu souvent. (Bernice DUBOIS)

Dans ce livre, il décrit par le détail toutes les actions menées par Louise et le réseau de 80 résistants qu’elle a construit.
Il rend hommage à toutes ces femmes courageuses, et elles furent nombreuses, ainsi qu’aux « petits » qui ont sacrifié leur vie sans que quiconque ne leur en remercie (ceux dont elles ont sauvé la vie en risquant la leur pour les faire passer en Angleterre via les Pays-Bas, restant parfois des heures au milieu d’une rivière glacée avec une personne sur le dos, le temps qu’une patrouille allemande s’éloigne).
Sans partager la foi de cette femme, on ne peut que s’incliner et rendre hommage à la détermination, au courage exemplaire dont elle a fait preuve !

«Curieux destin que celui de Louise de Bettignies : à l’orée de la guerre, elle s’apprêtait à entrer dans les Ordres, mais ce besoin de dévouement qu’elle portait en elle, cette vie qui l’animait, fit qu’elle opta pour une existence dangereuse, tellement exaltante, du service de Dieu, elle passa à celui de la patrie, avec la même ferveur»

http://beh.free.fr/npc/hcel/bettignies.html

Sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Louise_de_Bettignies

Extraits :

Lilloise depuis 1903, elle décide, dès l’invasion allemande de la ville en octobre 1914, de s’engager dans la résistance et l’espionnage. Elle fait un stage à Folkestone où elle s’initie en quelques jours au rudiment de l’espionnage.

Polyglotte (français-anglais-allemand-italien), elle dirige depuis son domicile de Lille un vaste réseau de renseignements dans le Nord de la France pour le compte de l’armée britannique et de l’Intelligence Service. Sous le pseudonyme d’Alice Dubois, elle centralise des informations sur les opérations de l’armée allemande qui, via la Dame blanche, réseau de renseignements de Walthère Dewé en Belgique, sont transmises aux Britanniques par les Pays-Bas restés neutres. On estime qu’elle sauve la vie de plus d’un millier de soldats britanniques pendant les 9 mois de sa pleine activité (janvier à septembre 1915).

Son réseau, le réseau Alice1920 d’une centaine de personnes signala le jour et l’heure de passage à Lille du train impérial transportant le kaiser Guillaume II en visite secrète sur le front. Lors de l’approche de Lille, deux avions anglais surgirent et bombardèrent le train, mais manquèrent leur cible. Le commandement allemand ne comprenait pas la situation unique de ces quarante kilomètres de front « maudits » (tenus par les anglais) sur près de sept cents kilomètres de front.

L’un des derniers messages de Louise de Bettignies fut d’annoncer la préparation d’une gigantesque attaque allemande pour début 1916 sur Verdun. L’information fut relayée au commandement français, mais celui-ci refusa d’y croire. (!!!!)

Louise de Bettignies est arrêtée par les Allemands le 20 octobre 1915 près de Tournai et condamnée à mort le 16 mars 1916 à Bruxelles, puis sa peine est commuée en travaux forcés à perpétuité. Détenue pendant 3 ans, elle meurt le 27 septembre 1918, à l’hôpital Sainte-Marie de Cologne, des suites d’un abcès pleural mal opéré.

Sa dépouille est rapatriée le 21 février 1920 et, le 16 mars 1920, une cérémonie funéraire est organisée à Lille au cours de laquelle elle reçoit à titre posthume la croix de la Légion d’honneur, la Croix de guerre 1914-1918 avec palme, la médaille militaire anglaise et est faite officier de l’ordre de l’Empire britannique. Son corps est inhumé au cimetière de Saint-Amand-les-Eaux.

D’autres éléments :

http://www.cheminsdememoire-nordpasdecalais.fr/lhistoire/le-nord-et-le-bassin-minier-sous-loccupation/resistance-le-reseau-alice-louise-de-bettignies-leon-trulin-le-comite-jacquet-la-presse-clandestine.html

Voilà, c’est mon hommage personnel à quelques femmes remarquables et quasiment oubliées (il y en a de nombreuses citées dans le livre de M. REDIER), que je voulais vous faire partager, à l’occasion de ce 11 novembre particulier (2014) du « Centenaire » ! par Michèle LOUP

Publié Nov 2014

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