2014-04 UNESCO

UNESCO CR du 23 avril 2014

Je suis allée accompagner hier Eugénie DOSSA au stand que nous avions à l’UNESCO, dans le cadre de la journée mondiale du livre et du droit d’auteur. Beaucoup de groupes d’enfants et de jeunes sont passés, et un public adulte assez fourni. Pour parler avec le public qui se présentait à notre stand. Bon succès. Eve Purdew (nouvelle membrre) nous a rejointes dans l’après midi, et Florence, l’amie congolaise d’ Eugénie était venue aussi l’aider toute la journée.

UN STAND IMPOSANT, DONC, ET REMARQUÉ.

En tous cas, Eugénie et ses livres font merveille, elle est bien connue, et un certain nombre de personnels de l’UNESCO est venu nous saluer, en tant que LIFPL/WILPF ou nous affirmer de leur soutien. Des liens déjà anciens sont créés entre le Musée Dapper, qui avait un stand voisin du nôtre, et Eugénie et Florence, Florence ayant été à l’origine, avec l’aide du Musée Dapper, de la création d’un musée pour la jeunesse au Congo. Donc une réussite pour cette journée, pour notre organisation. Quelques adresses…sans adhésion, mais un succès.

DESARMEMENT

Pour ma part, dans mes propos avec le public, j’ai mis un accent sur le désarmement , notamment nucléaire, (la campagne ICAN), et le jeûne qui va avoir lieu tout près de l’UNESCO, au Mur pour la Paix, du 6 au 9 août 2014

Si vous me permettez une réflexion personnelle, j’étais contente de me retrouver dans ce milieu cultivé, avec tant et tant d’éditeurs de livres pour l’enfance et la jeunesse, de tellement belles éditions, de si beaux groupes de calligraphie. Il est à déplorer une distance des tragédies quotidiennes de nos gosses de banlieue, qui, parfois, n’ont même pas un bout de table pour faire leurs devoirs, et peuvent n’avoir qu’une demi-baguette de pain à manger pour le week-end, et attendent de savoir si leur père ou leur mère va être mis dans un avion et expédié hors de France, ou attendent à la rue une solution de toit, ou subissent dans mon département, sans le savoir, les effets radioactifs du fort de Vaujours. Là pendant 40 ans, le CEA a expérimenté les systèmes d’allumage des bombes nucléaires françaises. A présent, Placoplâtre, filiale de Saint Gobain qui a acheté une partie du terrain, est en train de tout chambouler et remuer pour exploiter le gypse à ciel ouvert !

J’étais contente, parce que je pouvais exprimer ma colère, et en parler avec d’autres !

J’étais contente, parce que, au lendemain de « la guerre » (la 2ème mondiale, celle qui s’est terminée par Hiroshima et Nagasaki), nous nous sommes dit : « plus jamais çà », et qu’il y a eu des gens, et particulièrement des femmes de la WILPF, pour imaginer et contribuer à la création de l’UNESCO, parce que les guerres prennent naissance dans l’esprit des hommes, et que c’est dans l’esprit des hommes qu’il faut les traiter. J’étais contente, parce que, après ma formation d’étudiante à Genève, pour prendre en charge, comme monitrice, puis directrice d’établissement, des enfants victimes « de faits de guerre », j’avais été alors une des premières abonnées au « Courrier de l’UNESCO ». Ainsi, hier, je me retrouvais un peu fidèle à moi-même dans ces murs qui nous accueillaient.

Alors que nous voulons une EUROPE DES FEMMES EN PAIX et en sécurité (sécurité humaine, et non pas sécurité armée), alors que, sûrement, il faudrait le demander aux candidats aux élections Européennes pour qu’ils réfléchissent aux moyens d’y parvenir, en sachant combien les frustrations économiques des peuples peuvent facilement dériver vers les populismes et les nationalismes étroits, et donc les risques de conflit armé, nous devons cultiver l’espérance qu’il y aura suffisamment de personnes sages, engagées, aimant la paix, pour résoudre les problèmes de tensions qui se présentent à nous à présent en Europe et ailleurs.

Pour cela, il faut non seulement veiller au RESPECT DES DROITS FONDAMENTAUX DES HUMAINS et de leur entourage environnemental qui lui permet de survivre, – (nous n’avons qu’une seule Terre, et elle n’est pas à vendre) – mais aussi, il faut savoir qu’un ordre financier, économique et social, basé uniquement sur une concurrence de profits monétaires artificiels, qui permet d’abolir, par un «marché gratuit !!? » toutes les réglementations protectrices des échanges commerciaux, et qui permet ainsi aux sociétés d’attaquer en justice les Etats si elles estiment que des mesures de protection portent préjudice à leurs intérêts, cet ordre politique n’est pas viable, même à court terme, et produit rapidement des catastrophes humanitaires, et des conflits armés, avec la liberté laissée aux ventes d’armes.

Y participent les Traités par grandes régions du monde qui se négocient actuellement : que ce soit le Traité économique Euro-Transatlantique appelé « TAFTA » ou que ce soient les traités entre Europe et grands ensembles africains, par exemple celui concernant la CEDEAO, qui abolit quelques petites protections qu’avaient pu apporter en 1975 les accords de Lomé et en 2000 les accords de Cotonou, à tel point que la perte par les Etats Africains de leurs droits de douane est si sanglante que l’Europe envisage pour faire passer la pilule une petite indemnisation. Les mêmes accords se signent en ce moment sur l’ Asie et les USA, etc…C’est un phénomène économique mondial.

De même, un ordre politique mondial qui permet de s’arroger des « brevets sur le vivant », un vivant que les sociétés intéressées n’ont pas imaginé, créé, mais qui existe dans la nature, et dont on dépossède les petits paysans, cet ordre là n’est pas viable.

Un ordre politique mondial qui permet l’appropriation des terres pour les consacrer à des cultures de bio-carburant à vendre aux pays dont le nombre de voitures possédées par les habitants continue de croître (en particulier la Chine en ce moment), n’est pas viable non plus.

Je dis donc un petit merci à l’UNESCO pour la consolation spirituelle que j’y rencontrais hier, et parce que, alors que nous parlions avec une dame de New-York attachée aux institutions internationales, nous nous trouvions, différentes dans certaines appréciations, mais d’accord entre nous pour dire l’importance, aujourd’hui, de replacer l’humain au centre des préoccupations générales.

Néanmoins, j’ai été étonnée par la présence et les objectifs d’une ONG qui était là (j’ai oublié son nom). Une ONG dont les objectifs sont de développer la lecture pour les enfants et les jeunes, à partir de téléphones portables, notamment dans les pays sous-développés.

Pourquoi cela ? Parce qu’à présent il y a 6 milliards de téléphones portables en circulation, 1 fois et demi environ le nombre de WC et latrines mis à la disposition des humain ; et parce que, d’après les documents, la jeune fille qui était là et qui promouvait cette action, cela revient BEAUCOUP MOINS CHER de produire des téléphones portables que des livres ! Cette jeune femme ne se posait aucune question sur le fait que la sanitation et la lecture sont aussi nécessaires l’une que l’autre pour un développement sain et éveillé des enfants, ni sur les besoins fondamentaux , non ! son projet, c’était que les enfants puissent lire des livres sur un téléphone portable, qu’on leur en distribue. Point. Elle ne voyait pas le projet commercial qui était derrière cela. J’ai demandé, sur le coût réel des choses, comment était exploité le coltan et la bonne dizaine d’autres métaux nécessaires pour nos téléphones portables, et j’ai parlé des conflits en RDC par exemple, et j’ai parlé des filières d’exploitation ; et j’ai questionné aussi sur comment se passait le traitement de recyclage du téléphone et du livre comparativement, et les conséquences sur l’environnement, Et j’ai parlé aussi de l’épuisement rapide des ressources fossiles de ces métaux rares. Bien sûr que l’ organisation de cette jeune femme allait recevoir des aides conséquentes pour son action séduisante, mais cela pouvait durer combien d’années ? Dix ans, a-t-elle dit. Et après, ai-je dit ? J’ai même parlé de méthodes simples, par exemple celles de Freinet, ou Montessori, (ou Steiner a ajouté ensuite entre nous Eve PURDEW dans nos conversations), qui, permettent, avec un esprit créatif, de fabriquer soi-même du matériel d’apprentissage de la lecture, et de devenir maître de cette démarche, et du choix des lectures ensuite, ou d’écrire soi-même des livres en coopération avec d’autres jeunes.

Lorsque je m’occupais de jardins d’enfants, dans les années soixante, à Cotonou, en quartier populaire, est-ce que j’aurais pu me passer de l’usage pour mes 53 petits gosses, des pots de chambre et de l’appel au secours du centre de PMI proche et me consacrer seulement à l’apprentissage de l’alphabet, alors que des enfants souffraient de diarrhées, de ver solitaire etc… L’être humain est un tout, avec des besoins réels globaux, généraux, dans un environnement dont il dépend. Revenons à l’être humain, et non pas au coût supposé d’une technologie séduisante productrice de conditionnements et de besoins artificiels. Là est un véritable accès possible à la culture.

Sachons le, nous sommes manipulables, et manipulés. Heureusement, il y a l’accès au symbolique, et à la parole, produit de la pensée ; et de là, la prise de décisions, pour des changements salutaires, des levées de conditionnements.

Nous pouvons rester libres, si nous le voulons. Nous devons y croire, et établir des urgences.

Gisèle NOUBLANCHE,

Mise en ligne du 25 avril 2014
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