2013 – AG rapport Moral

2013-RAPPORT MORAL

En guise de rapport moral : réflexion pour mes amies de la LIFPL avant l’assemblée générale décisive du 1erdécembre 2013.

« Mieux vaut une réussite solidaire qu’un exploit solitaire ». Albert Jacquard.

« La paix n’est pas seulement l’absence de guerre. La Paix est la présence d’une dynamique de construction de l’Humanité. Telle est la spécificité de notre espèce : nous avons en charge notre devenir. Nous ne sommes qu’au début de l’aventure ; il est temps de choisir : la lutte contre tous ou la coopération avec tous ». (Jacquard aussi, je crois)

« …Nous sommes tous dans le même bateau.

  • Faire de la culture de Paix le patrimoine commun de l’Humanité
  • Renforcer la Culture de Paix par l’Education.
  • Promouvoir le respect de tous les droits humains : d’où viens-tu ? Qui es-tu ? Pourquoi… ?
  • Egalité Hommes Femmes.
  • Favoriser la participation citoyenne et démocratique
  • Développer la compréhension, la tolérance et la solidarité.
  • Soutenir la communication participative et la libre circulation de l’information
  • Promouvoir la paix, la sécurité internationale et la souveraineté des peuples.»(1)

Voilà de bien bonnes intentions, de belles paroles qui assurent un soubassement éthique indispensable à la construction de nos sociétés : les sociétés dans lesquelles nos petits enfants, déjà adolescents, sont appelés à vivre, à présent. Un projet d’actions dans les collèges et les lycées. Alors, que faire, concrètement ? Où être ? (2)

Nous sommes entrés dans une phase de l’histoire de l’humanité où plus que jamais la compétition pour des bénéfices financiers est exacerbée, alors que certaines richesses deviennent plus « rares » (dont les richesses minérales, les forêts, les ressources halieutiques). L’humanité consomme en une année ce que la terre ne peut reproduire qu’en un an et demi. C’est suicidaire.

De même, la persistance de 20.000 ogives nucléaires dont 2.000 en état d’alerte est suicidaire, et nous laisse à la merci d’un accident nucléaire militaire. 

Enfin, alors que les migrations humaines, pour raison économique, politique, écologique, qui ont toujours été communes à tous et toutes de tous temps, se révèlent de plus en plus indispensables, les pays aux économies un tant soit peu équilibrées se barricadent, élèvent des murs, et empêchent l’entrée des pauvres au profit des riches sur leurs territoires, avec une cruauté et une xénophobie d’état qui en sont devenues criminelles.

Les dernières années, certaines d’entre nous, adhérentes de la LIFPL disaient : « mais qu’est-ce qui est notre spécificité, en tant que mouvement de femmes ? » Tout simplement être un mouvement de femmes. A commencer par : nous donnons la vie et donc nous la défendons. Intellectuellement, pourquoi chercher une formulation différente  qu’être un mouvement de femmes? Nous avons admiré les travaux des femmes qui ont créé ce mouvement.

Qu’est-ce que nos objectifs ont de spécifique par rapport à ce qu’elles ont avancé, proposé, depuis leur création ? En quoi ces objectifs ont-ils été réalisés d’une manière durable ? Nous avons les mêmes conquêtes à poursuivre.

Mesdames Bruntland, Vandana Shiva, Solange Fernex, Edith Ballantyne, sont quelques unes des figures emblématiques récentes de la WILPF, et il y a toutes celles qui ont eu le courage de prendre une responsabilité dans la WILPF/LIFPL, comme Claude Richard Molard, après souvent déjà un itinéraire militant sur les terrains divers qui sont ceux de cette organisation, la nôtre.

Or, sur la plupart des terrains, et par rapport aux dysfonctionnements des sociétés, aux périls grandissants, à la protection de la vie et à la justice sociale, à la mise en éclairage des causes des conflits armés, il semble que nous sommes arrivés à un moment où énormément de choses ont été dites, et de solutions institutionnelles avancées. Nous sommes à présent sur la défensive, avec des solutions à portée de mains, si, politiquement, elles sont acceptées, conquises par l’opinion publique, et pourtant, nous ne voyons pas les solutions se dessiner. Notre spécificité, c’est de refuser de faire marche arrière, c’est de continuer à aller de l’avant, quelle que soit la nature des périls qui nous menacent à présent.

C’est pourquoi chaque tentative de chacune, au niveau où elle se trouve, est respectable  : Comment défendre nos vies et la vie de notre espèce et des autres espèces vivantes ? (puisque nous en sommes là !).

Sur quel terrain nous engageons-nous, individuellement ? Que pouvons-nous encore faire  d’utile, que ce soit au niveau personnel ou au niveau collectif ? au niveau de l’éducation populaire , et/ou du militantisme philosophique, ou politique?

Par exemple, il est appréciable que la WILPF ait réussi à engager à Genève des salariées pour coordonner la commémoration du Centenaire de la création de la WILFP mais aussi pour travailler sur le désarmement et sur les droits humains, entre autres. C’est un socle, ces deux préoccupations ! Et ceci, l’organisation le fait sans perdre de vue un travail critique avec les ONG admises aux Nations Unies.

D’où la nécessité de conserver des liens, de transmettre et d’informer sur les initiatives des unes et des autres, avec une grande tolérance. (3)

Simplement, nous plaidons sur la nécessité de conserver une section, en toute humilité. Mieux vaut une section qui ne fait pas grand-chose, mais affirme collectivement les valeurs qu’elle défend, aux côtés d’organisations amies, qu’une dispersion dans la nature des adhérentes, ou dans des organisations en conflit.

Car il y a tant de démarches urgentes à tenter, à commencer par le désarmement et la défense des droits de la personne, qui peuvent être communes, et ainsi peuvent créer une force sociale.

Gisèle NOUBLANCHE (1er Décembre 2013)

Notes

1) Ce sont quelques unes des notes prises à Ajaccio lors du séminaire avec le mouvement de la paix.
2) Il y a des milliers de manières de promouvoir la paix et la liberté. Il y a des milliers de portes pour entrer dans le sujet, y apposer un mot, une phrase, une pierre. Aujourd’hui, les personnes de ma génération peuvent être tristes, car les objectifs que nous poursuivions sont loin d’être atteints :
La guerre en Syrie est abominable (les autres aussi, bien sûr), et nous bouleverse. Elle repose la question de la protection des populations civiles, et de la lutte contre les armes de destruction massive, mais aussi du maintien , dans la guerre, d’organisations démocratiques et de paix.
Israël projette la construction de 15.000 logements supplémentaires dans sa politique de colonisation qui remet en cause, désespérément, les espoirs de respect des résolutions des Nations Unies de 1949 pour la création de deux Etats : un Etat Palestinien, et un état Israélien.
La faim dans le monde, un fléau qui avait un peu baissé, remonte : plus de 900 millions à présent, et les objectifs du millénaire sont loin de voir leur réalisation, en dépit de certains petits progrès.
1 milliard 200 millions de personnes ont besoin d’électricité.
Il faudrait 400 milliards de dollars dans le secteur du développement.
En France, les droits gagnés par le programme du Conseil National de la Résistance, (les Jours Heureux), continuent d’être « détricotés ».
A la rue, il y a de plus en plus de femmes avec des enfants et l’on pourchasse les Roms
Les politiques nucléaires se revigorent ; Areva passe un marché avec la Mongolie pour l’uranium. L’insécurité du parc nucléaire français augmente.
Les conséquences des accidents de Tchernobyl et Fukushima continuent, pour des centaines de milliers d’années
Le traitement des déchets nucléaires est désespérément sans issue, ainsi que leur enfouissement.
Les défenseurs des Droits de l’humain qui soutiennent les groupes paysans et les peuples qui s’élèvent contre des projets pharaoniques destructeurs de l’environnement et des moyens de vie et de l’agriculture locale, sont de plus en plus poursuivis, déclarés contre le développement, et contre les gouvernements, à la solde des oppositions, ou taxés de maoïstes, et certains sont assassinés.
Le marché des otages s’affirme, et des journalistes se font en divers lieux assassiner. D’une manière générale la disparition des espèces s’accélère considérablement. Les changements climatiques et leurs conséquences,…nous n’en sommes qu’au début.
3) Je ne critiquerai pas des initiatives difficiles, qui peuvent paraître trop personnelles, d’une militante d’un pays lointain en difficulté, et qui manque de moyens. Ni le désordre ou l’insuffisance de nos forces ; ni le désir d’arriver à des responsabilités dans diverses institutions internationales (parce qu’il en faut, des personnes qui arrivent là !) si nous arrivons toutefois à critiquer certains comportements arrivistes et à contrôler ce qui est dit en notre nom.
Mis en ligne le 21 Décembre 2013

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