FELICITATIONS !

Mis en avant

Félicitations à tous ceux et à toutes celles qui ont travaillé pour l’élimination de l’arme nucléaire, l’arme de mort !

La planète a eu raison de cette menace qui pouvait la dévaster !

C’est historique ! La 50ème ratification du Traité d’Interdiction des Armes nucléaires (TIAN) a eu lieu le 24 octobre. Le Traité prendra pleinement effet dans 90 jours à peine. Les armes nucléaires seront donc très bientôt et officiellement illégales en vertu du droit international !

Ce 24 octobre 2020, le Honduras a ratifié ce Traité, portant ainsi le nombre des ratifications aux 50 nécessaires pour valider son entrée en vigueur. Le Traité d’interdiction était adopté le 17 juillet 2017 à l’Assemblée générale des Nations Unies par 122 pays. ICAN, la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires, fut honorée du prix Nobel de la paix à cette occasion. Trois années plus tard, le Traité d’interdiction entre en vigueur grâce à l’implication constante des équipes d’ICAN et des organisations partenaires, dans le monde entier.

Le Traité interdit l’utilisation, la menace d’utilisation, le développement, les essais et la production, l’acquisition, la possession, le stockage et le transfert d’armes nucléaires pour les pays qui l’ont ratifié. Il appuie l’importance du Traité de non-prolifération (TNP) dont il constitue la concrétisation de l’article VI. Outre les 50 pays qui l’ont ratifié, 84 pays ont déjà signé le Traité. Ces pays doivent dès lors en respecter les principes et objectifs.

Si l’entrée en vigueur est contraignante pour les parties signataires, elle aura également un impact sur les pays qui ne l’ont pas (encore signé). Il s’agit donc bien d’une étape décisive dans l’élaboration d’une norme internationale contre les armes nucléaires. L’histoire récente montre combien une norme internationale forte a aussi un impact moral et politique sur les pays qui ne sont pourtant pas membres des Traités d’interdictions (mines antipersonnel, armes chimiques, etc…), entraînant des résultats tangibles et concrets.

C’est une excellente nouvelle que nous attendions avec beaucoup d’impatience. Mais ne nous leurrons pas : il faudra énormément de forces venant des peuples pour obtenir la réalisation de ce que promet ce Traité, et ce ne sera pas sans douleurs ; notamment des causes dites accidentelles par des gouvernements pourraient gêner ou retarder un démantèlement réel des armes nucléaires qui serait prêt à se faire. Des freins multiples que les persuadés de la dissuasion portent en eux peuvent animer des capacités nombreuses et « imprévisibles » pour gêner les démantèlements. Donc d’autres luttes, non violentes, longues et difficiles risquent de se présenter à nous, que je pense sans surprises.

Gisèle Noublanche militante pacifiste, féministe et internationaliste à la Ligue internationale des femmes pour la Liberté

Projet de convention internationale pour l’abolition de la maternité de substitution du CIAMS

Mis en avant

16 octobre 2020

La Conférence de la Haye va réunir, cette semaine, son groupe de travail sur le projet de convention en matière de maternité de substitution.

Leur but est de sécuriser les effets de cette pratique et de permettre sa réglementation internationale, donc le développement du marché.

Nous savons que la présidente de la Commission européenne attend elle aussi le résultat de ces travaux, et une de ses déclarations récentes va dans le même sens que les travaux de la Conférence.

La Coalition Internationale pour l’Abolition de la Maternité de Substitution vient de finaliser la rédaction (avec l’aide d’avocats et de juristes) d’une Convention Internationale pour l’Abolition de la Gestation pour Autrui. Marie-Josèphe Devillers l’a envoyée au secrétariat de la Conférence, demandant à ce qu’elle soit communiquée aux membres du groupe de travail.

Nous souhaitons montrer ainsi qu’à la réglementation il y a une alternative féministe, respectueuse des droits humains : l’abolition.

Veuillez trouver ci-après le projet de convention internationale pour l’abolition de la maternité de substitution du CIAMS :

PARTIE 1 : INTRODUCTION

Au XXIème siècle, alors que sous certains aspects la situation des femmes dans le monde connaît des améliorations, elle enregistre aussi de nombreux blocages, voire des reculs. Malgré les déclarations des Nations Unies et l’engagement de certains Etats en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes, les inégalités restent persistantes. Les mesures politiques et législatives ne parviennent pas à ébranler ces inégalités structurelles, toujours nourries par des normes et des représentations sexistes présentes dans toutes les sociétés, dans toutes les catégories sociales, dans toutes les communautés. De nombreuses pratiques néfastes sont toujours exercées à l’encontre des femmes et des filles, visant à contrôler leurs corps et leur vie, afin de maintenir les femmes dans des positions sociales, économiques et politiques d’infériorité, et d’exploiter leur capacité reproductive et leur travail.

L’instrumentalisation des filles et des femmes a rendu possible la constitution de marchés dont elles sont la matière première. La pratique de maternité de substitution, mise en avant par le développement de l’assistance médicale à la procréation, est à présent un marché basé sur l’utilisation des femmes, au nom de clichés sexistes et misogynes. Cette pratique consiste pour une femme à mener une grossesse dans le but de se séparer de l’enfant à la naissance, afin de le remettre aux personnes qui lui ont demandé de le faire naître. Elle repose sur une représentation patriarcale des femmes et de leurs corps, comme fragmentés et fragmentables, et sur l’exploitation de la capacité de reproduction des femmes au nom des préjugés sexistes les concernant, notamment leur désir inné de donner aux autres et leurs sens du sacrifice. Ce faisant, la maternité de substitution renforce et consolide les normes et représentations sexistes qui sont à la base des inégalités structurelles durables entre les femmes et les hommes.

Loin de n’être qu’un geste individuel, cette pratique sociale est mise en oeuvre par des entreprises de reproduction humaine, dans un système organisé de production, incluant des laboratoires, médecins, avocats, agences intermédiaires. Ce système a besoin de femmes en tant que moyens de production et même de leurs corps en tant que réservoir de matières premières, de sorte que la grossesse et l’accouchement deviennent des processus fonctionnels dotés d’une valeur d’usage et d’une valeur marchande et s’inscrivent dans le cadre de la globalisation des marchés du corps humain. Là où aucune loi ne le protège, le corps des femmes est requis comme ressource pour l’industrie et les marchés de la reproduction. La maternité de substitution fait de l’enfant un produit avec une valeur d’échange, de sorte que la distinction entre la personne et la chose s’en trouve annulée. Le respect du corps humain et l’égalité entre les femmes et les hommes doivent prévaloir sur les intérêts particuliers.

Afin de combattre ces inégalités inacceptables, et promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes, il est urgent d’éradiquer cette pratique. Il est urgent de déconstruire les clichés et représentations qui valorisent les images patriarcales des femmes, et interdire le recours à leur instrumentalisation. Devant l’ampleur du marché généré par la maternité de substitution, les seules mesures envisagées, au niveau international, en supposant son inéluctabilité, visent à la réglementer pour n’en atténuer que les conséquences les plus désastreuses. Or, une pratique qui porte atteinte à la dignité humaine, c’est-à-dire au principe fondamental des droits humains, ne peut être réglementée, mais doit être abolie et éradiquée.

PARTIE 2 : PREAMBULE

Dignité

Considérant que la « Charte des Nations Unies » réaffirme la foi dans les droits fondamentaux applicables aux être humains, dans la dignité et la valeur de la personne humaine et dans l’égalité des droits de l’homme et de la femme,

Considérant que la « Déclaration Universelle des Droits humains » énonce que « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits, et qu’elle souligne, dans son préambule, que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté , de la justice et de la paix dans le monde, et que la méconnaissance et le mépris des droits de l’homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l’humanité ».

Soulignant que la gestation pour autrui contrevient à la primauté de la personne humaine, à l’intégrité et l’absence de caractère patrimonial du corps humain dans la mesure où elle repose sur l’instrumentalisation et l’exploitation du corps des femmes et de leurs capacités reproductives au profit de tierces personnes, sans autre objectif que la satisfaction des désirs individuels de ces dernières,

Conscient.e.s qu’en ouvrant ainsi la possibilité d’instrumentaliser et d’exploiter des femmes pour leur capacité reproductive, la maternité de substitution humilie les femmes, sape la notion même de dignité humaine et la fragilise pour l’ensemble de nos sociétés.

Egalité hommes femmes

Considérant que la « Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes » demande aux Etats, en son article 3, « d’assurer le plein développement et le progrès des femmes sur la base de l’égalité avec les hommes ».

Affirmant que la maternité de substitution, qui conduit à s’approprier de manière spécifique les capacités reproductives des femmes, avec mise en danger physique et psychique, constitue une entorse au principe d’égalité entre les femmes et les hommes, mais renforce et perpétue cette inégalité.

Traite

Considérant que le « Protocole additionnel à la convention des Nations-Unies contre la criminalité transnationale organisée visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier la traite des femmes et des enfants » demande aux Etats de prévenir et de combattre la traite des personnes, en accordant une attention particulière aux femmes et aux enfants,

Considérant que la « Convention du 26 septembre 1926 relative à l’esclavage » définit l’esclavage, en son article 1, comme « l’état ou condition d’un individu sur lequel s’exercent les attributs du droit de propriété ou certains d’entre eux » et que dans la gestation pour autrui, les commanditaires acquièrent un droit réel sur la mère porteuse, puisqu’ils acquièrent un droit d’usage et même de jouissance sur sa personne et son corps,

Constatant que dans la maternité de substitution, les commanditaires acquièrent de fait un droit d’usage sur la personne et le corps des mères porteuses dès la conclusion du contrat, ou la décision judiciaire selon les pratiques ou législations locales, dans la mesure où les mères porteuses sont conduites à renoncer à leur droit le plus élémentaire de pouvoir disposer de leur corps en se conformant aux exigences formulées par les parents d’intention et par le système médico-industriel qui en organise la pratique,

Constatant également que les commanditaires acquièrent le droit d’en retirer les fruits à savoir un ou plusieurs enfants,

Préoccupé.e.s du développement de la pratique consistant à déplacer la mère porteuse d’un pays à l’autre entre l’insémination, la grossesse et l’accouchement dans l’intérêt des commanditaires,

Intérêt supérieur de l’enfant

Prenant en compte la « convention sur la protection des enfants et la coopération en matière d’adoption internationale » qui, pour prévenir l’enlèvement, la vente ou la traite d’enfants exige en son article 4 que le consentement des parents de naissance, et en particulier celui de la mère, ait été recueilli après la naissance de l’enfant,

Considérant que le « Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant, concernant la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants » définit en son article 2 la vente d’enfant comme « tout acte ou toute transaction en vertu desquels un enfant est remis par toute personne ou tout groupe de personnes à une autre personne ou un autre groupe contre rémunération ou tout autre avantage »,

Préoccupé.e.s de ce que partout, la femme qui a porté et donné naissance à l’enfant dans le cadre de la maternité de substitution est évincée par contrat, par la loi ou par décision judiciaire, de la relation avec cet enfant.

Soulignant que le lien réel et scientifiquement établi par l’épigénétique qui s’est constitué entre elle et cet enfant est rompu brutalement au détriment de son bien-être psychique et effacé de sa généalogie, de même que la contribution génétique de la donneuse d’ovocyte.

Notant que la Rapporteuse spéciale des Nations Unies « sur la vente et l’exploitation sexuelle d’enfants, y compris la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants et autres contenus » a reconnu, dans son étude sur la gestation pour autrui figurant dans son rapport d’activité de 2018 que « l’essentiel des conventions de GPA pratiquées y compris dans les pays dits développés ne sont rien d’autre que de la vente d’enfant, quels que soient les artifices juridiques employés ».

Soulignant à cet égard que l’existence d’arrangements préalables et/ou de contreparties financières est au principe même de la maternité de substitution qui constitue une entorse aux conventions internationales précitées.

Violences à l’égard des femmes

Considérant la « Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique », dite Convention « d’Istanbul », qui définit dans son article 3 la notion de violence à l’égard des femmes comme « tous les actes de violence fondés sur le genre qui entraînent, ou sont susceptibles d’entraîner pour les femmes, des dommages ou souffrances de nature physique, sexuelle, psychologique ou économique »,

Considérant l’article 3 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne qui pose que « toute personne a droit à son intégrité physique et mentale »,

Soulignant que la maternité de substitution est une violence, notamment médicale faite aux femmes, dans la mesure où les actes délibérés, exercés sur le corps et la personne de la femme, (une femme en bonne santé et sans désir d’enfant) provoquent nécessairement des atteintes) à son intégrité physique susceptibles de détériorer sa santé et d’entraîner des souffrances physiques et/ou psychiques,

Soulignant que les contrats de maternité de substitution placent la femme sous la dépendance des commanditaires et que les actes médicaux pris dans le cadre de la grossesse privilégient l’intérêt des commanditaires au détriment de celui de la femme qui porte l’enfant,

Eugénisme

Considérant que la « Convention sur les Droits de l’Homme et la biomédecine », dite « convention d’Oviedo », dispose à l’article 2 que « l’intérêt et le bien de l’être humain doivent prévaloir sur le seul intérêt de la société ou de la science » et à l’article 14 que « l’utilisation des techniques d’assistance médicale à la procréation n’est pas admise pour choisir le sexe de l’enfant à naître, sauf en vue d’éviter une maladie héréditaire grave liée au sexe »,

Notant que la maternité de substitution agit à l’inverse du principe de primauté de l’être humain défini par la convention d’Oviedo, dans le sens où le recours à une mère porteuse pour en obtenir un enfant revient à assujettir une femme au désir d’autrui avec le recours à des actes et traitement médicaux invasifs et sans relation avec des soins de santé,

Préoccupé.e.s de ce que le choix du sexe de l’enfant commandité, tout comme la sélection génétique des embryons font partie des « prestations » proposées et ouvertement affichées par les entreprises qui mettent en oeuvre la maternité de substitution.

Condamnations internationales et nationales

Reconnaissant que la maternité de substitution, au nom des droits humains et de la protection des femmes et des enfants, est condamnée et prohibée dans un grand nombre de pays à travers le monde.

Constatant que plusieurs pays, devant les proportions inquiétantes prises par l’exploitation de leurs ressortissantes par des ressortissants aisés de pays tiers, ont commencé à prendre des mesures pour tenter de mettre un terme à ce système international de traite.

Rappelant que l’Union Européenne a condamné clairement le recours à la maternité de substitution dès 2015 dans son rapport annuel « sur les droits de l’homme et la démocratie dans le monde et sur la politique de l’Union européenne en la matière » en spécifiant que « la pratique de la gestation pour autrui qui va à l’encontre de la dignité humaine de la femme, dont le corps et les fonctions reproductives sont utilisés comme des marchandises ; estime que cette pratique, par laquelle les fonctions reproductives et le corps des femmes, notamment des femmes vulnérables dans les pays en développement, sont exploités à des fins financières ou pour d’autres gains, doit être interdite et qu’elle doit être examinée en priorité dans le cadre des instruments de défense des droits de l’homme »

Notant que l’Union Européenne a reconnu, dans l’article 48 de ce même rapport annuel établi pour l’année 2017, voté en 2018, que le recours à la maternité de substitution entraîne une violation des droits humains, demandant « l’élaboration de principes clairs et d’instruments juridiques pour lutter contre (ces) violations »,

Déplorant que les pays qui interdisent le recours à la maternité de substitution, n’aient pas pris de dispositions en matière de GPA transfrontière, introduisant une grave discrimination et une hiérarchie de fait entre les citoyennes protégées sur leur territoire national et les femmes des pays qui autorisent, permettent ou ferment les yeux sur la pratique, créant ainsi des catégories de femmes appelées à être instrumentalisées et exploitées,

Signalant que le développement de la gestion pour autrui est le fait d’un système commercial et industriel qui a organisé un marché très lucratif réunissant un nombre considérable d’intervenants et intermédiaires dont l’intérêt est avant tout guidé par la réalisation de profit, opérant sous de fallacieux arguments humanitaires et la bannière de la liberté individuelle et faisant fi des principes qui sauvegardent notre humanité.

PARTIE 3 : ARTICLES DE LA CONVENTION

Chapitre I. Buts, définitions, obligations générales

Article 1er : Buts de la Convention

La présente Convention a pour buts :

  1. de réaffirmer le principe selon lequel le corps humain ne peut faire l’objet de conventions ou de contrats et la loi ne peut en aucun cas violer les limites et le respect de la personne humaine,
  2. de reconnaître que l’exploitation de la capacité reproductive des femmes, notamment par le biais de la maternité de substitution, qu’elle soit commerciale ou qualifiée d’altruiste, est intrinsèquement une violence faite aux femmes, et en tant que telle, attentatoire aux droits fondamentaux reconnus aux êtres humains,
  3. de reconnaître que le recours à la maternité de substitution est toujours contraire à l’intérêt de l’enfant, qui est de n’être ni acheté, ni vendu, ni donné au gré des intérêts des adultes et, dans la mesure du possible d’avoir accès à ses origines, de connaître la mère qui l’a mis au monde et d’être élevé par elle,
  4. de prévenir et prohiber le recours à la maternité de substitution,
  5. de poursuivre et éliminer les actions visant à mettre en oeuvre, promouvoir, encourager, permettre ou faciliter cette pratique.

Article 2 : Définition de la maternité de substitution

Pour l’application de la présente Convention, la maternité de substitution est définie comme une pratique consistant à recruter une femme, contre rémunération ou non, afin de lui faire porter un ou plusieurs enfants, conçu(s) ou non avec ses propres ovocytes, dans le but de le ou les lui faire remettre à une ou plusieurs personnes qui souhaitent être désignées comme parents de ces enfants.

Article 3 : Mesures constitutionnelles, législatives, effectivité de ces mesures, principe de non-discrimination, obligations des Etats

Les Parties à la Convention inscrivent dans leurs constitutions nationales ou toute autre disposition législative appropriée le principe de non-patrimonialité du corps humain et son corollaire, le principe de prohibition de la maternité de substitution.

Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour interdire, prévenir, dissuader et sanctionner le recours à la maternité de substitution.

Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour interdire, prévenir, dissuader le recours à la fécondation artificielle pratiquée sur une femme qui a l’intention de porter un enfant pour une autre femme et qui a accepté avant la grossesse d’abandonner l’enfant immédiatement après la naissance.

Les Parties assurent l’effectivité desdits principes, notamment par le recours à des sanctions civiles et pénales.

Les Parties s’interdisent de promouvoir, encourager, permettre ou faciliter le recours à la maternité de substitution et s’assurent que les autorités, les fonctionnaires, les agents et institutions étatiques, ainsi que les autres acteurs qui agissent au nom de l’Etat se comportent conformément à cette obligation.

La mise en oeuvre des dispositions de la présente Convention par les Parties doit être assurée sans aucune discrimination, fondée notamment sur le sexe, la race, la langue, la religion, les opinions, l’origine nationale ou sociale, l’appartenance à une minorité », la fortune, la naissance, l’orientation sexuelle, l’âge, l’état de santé, le handicap, le statut marital, le statut de migrant ou de réfugié, ou tout autre situation.

Chapitre II Prévention

Article 4 : Sensibilisation et éducation

Les Parties promeuvent ou conduisent, régulièrement à tous les niveaux, des campagnes ou des programmes de sensibilisation pour accroître la prise de conscience et la compréhension par le grand public du fait que la maternité de substitution représente :

  1. une pratique contraire au principe de dignité humaine,
  2. une pratique contraire à l’égalité homme-femme,
  3. une forme de violence faite aux femmes,
  4. une forme de violence faite à l’enfant

et qu’elle est contraire à l’intérêt et aux droits de l’enfant

Les Parties entreprennent les actions nécessaires pour inclure dans les programmes d’étude officiels et à tous les niveaux d’enseignement, des informations sur les droits humains, le principe de non-patrimonialité du corps humain et l’interdiction de l’exploitation de la capacité reproductive des femmes.

Article 5 : Plateformes numériques

Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour que les autorités compétentes se voient reconnaître le pouvoir d’ordonner le blocage ou le déréférencement de sites internet ou de leurs contenus ayant pour objet ou pour effet de promouvoir, permettre, encourager ou faciliter le recours à la maternité de substitution sur leur territoire.

Chapitre III. Conséquences civiles de la maternité de substitution

Article 6 : Sort des contrats

Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour garantir que toute convention ou contrat qui aurait pour objet l’exploitation de la capacité reproductive d’une femme serait frappé de nullité absolue.

Article 7 : Filiation

Les Parties s’engagent à ce qu’aucune femme ne puisse être contrainte ou amenée à renoncer à établir un lien de filiation avec un enfant qu’elle a mis au monde.

Chapitre IV. Conséquences pénales de la maternité de substitution : droit matériel, enquêtes et poursuites

Article 8 : Qualifications pénales

Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour ériger en infractions pénales :

  1. le fait de tirer profit d’une maternité de substitution, d’en partager les produits ou de recevoir des subsides d’une personne se livrant à cette pratique,
  2. le fait d’embaucher, d’entraîner ou de détourner une personne en vue d’un recours à la maternité de substitution ou d’exercer sur elle une pression pour qu’elle se livre à cette pratique ou continue à le faire,
  3. le fait, par aide ou assistance, de réaliser, promouvoir, encourager, permettre ou faciliter le recours à la maternité de substitution,
  4. le fait, par don, promesse, menace, ordre, abus d’autorité ou de pouvoir, de promouvoir, encourager, permettre ou faciliter le recours à la maternité de substitution,
  5. le fait de donner des instructions ou de servir d’intermédiaire pour promouvoir, encourager, permettre ou faciliter le recours à la maternité de substitution,
  6. le fait de proposer un service ayant pour objet ou pour effet de réaliser, promouvoir, permettre, encourager ou faciliter le recours à la maternité de substitution, même lorsque cette proposition n’est pas suivie d’effet,
  7. le fait de recourir à la maternité de substitution, dans le but d’être désigné comme parent de l’enfant ou des enfants qui en résultent.

Article 9 : Compétences de la loi pénale

Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour établir leur compétence à l’égard de toute infraction pénale conformément à la présente Convention lorsque l’infraction est commise :

1 .sur leur territoire ou

2.à bord d’un navire battant leur pavillon ou

3. à bord d’un aéronef immatriculé selon leurs lois internes ou

4.par un de leurs ressortissants ou

5.par une personne ayant sa résidence habituelle sur leur territoire

Article 10 : Poursuites

Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour :

  1. garantir une enquête et une poursuite effective des infractions établies conformément à la présente Convention et
  2. que les enquêtes et les procédures judiciaires relatives aux infractions établies conformément à la présente Convention soient traitées de manière effective.

Article 11 : Sanctions et mesures

Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour que les infractions établies conformément à la présente Convention soient passibles de sanctions effectives, proportionnées et dissuasives, au regard de leur gravité. Celles-ci incluent, le cas échéant, des peines privatives de liberté pouvant donner lieu à extradition.

Chapitre V. Coopération internationale

Article 12 : Principes généraux

Les Parties coopèrent, conformément aux dispositions de la présente Convention, et en application des instruments internationaux et régionaux pertinents relatifs à la coopération civile et pénale, des arrangements reposant sur des législations uniformes ou réciproques de leurs droits internes, dans la mesure la plus large possible, aux fins :

-de prévenir, combattre et poursuivre les infractions pénales établies conformément à la présente Convention,

de mener des enquêtes ou des procédures concernant les infractions établies conformément à la présente Convention,

-d’appliquer les jugements civils et pénaux pertinents rendus par les autorités judiciaires des Parties.

Pour la poursuite des infractions établies conformément à la présente Convention, les Parties peuvent considérer ce texte comme la base légale de l’entraide judiciaire en matière pénale, de l’extradition ou de l’exécution de jugements civils ou pénaux prononcés par une autre Partie.

Il en sera ainsi notamment si une Partie subordonne l’entraide judiciaire en matière pénale, l’extradition ou l’exécution de jugements civils ou pénaux prononcés par une autre Partie à l’existence d’un Traité.

Les Parties s’efforcent d’intégrer, le cas échéant, la prévention et la lutte contre le recours à la maternité de substitution dans les programmes d’assistance au développement conduits au profit d’Etats tiers, notamment par la conclusion d’accords bilatéraux et multilatéraux avec des Etats tiers.

CIAMS Coalition Internationale pour l’Abolition de la Maternité de Substitution

Une paix durable sans les femmes est-elle possible ?

Mis en avant

A l’occasion des 20 ans de la Résolution 1325 de l’ONU sur « les femmes, la paix et la sécurité », Carlotta Gradin, vice-présidente plaidoyer pour ONU Femmes France, dresse un bilan mitigé de cette résolution. Un évènement « Une paix durable sans les femmes est-elle possible » est organisé par ONU Femmes France le 15 octobre 2020. Et cette thématique sera également abordée lors du Forum Génération Egalité, qui se tiendra à Paris en 2021 (la date est encore à définir).

Pourquoi avoir décidé d’organiser un évènement sur « les femmes, la paix et la sécurité « ?

Avec ONU Femmes France, nous avons décidé d’organiser cet évènement, car il y a 20 ans, l’ONU adoptait la Résolution 1325, reconnaissant l’impact des conflits sur les droits des femmes et des filles dans le monde, et l’importance de la participation des femmes dans les processus de paix.

On s’est donc dit qu’il était temps de faire un bilan et de se demander si les actions menées par les Etats sur cette thématique avaient été suffisantes sur les 20 dernières années.

C’est un évènement grand public, organisé en ligne au regard des circonstances sanitaires, pour mettre en lumière cette thématique qui n’est pas suffisamment connue. Nous souhaitons sensibiliser la société sur la problématique du genre dans les processus de paix et de sécurité. Il y aura donc deux thèmes mis en avant lors de l’ évènement : d’abord la question des violences exercées contre les femmes et les filles pendant les conflits, ensuite la question de la place des femmes dans les processus de paix.

Nous comptons aussi nous appuyer sur la jeunesse, car pour nous il est indispensable d’impliquer les jeunes générations. Les violences contre les filles est vraiment un axe important. Deux associations vont donc diffuser des vidéos lors de l’évènement, l’association « Sorbonne pour l’Organisation des Nations Unies » et l’association « Génération Maastricht ».

Quel bilan faites-vous 20 ans après l’adoption de la résolution sur « les femmes, la paix et la sécurité à l’ONU »?

C’est un bilan assez mitigé. D’une part, on peut dire que sur la prise de conscience c’est assez positif. Le sujet est de plus en plus connu. On parle de plus en plus de la question des violences sexuelles pendant les conflits. Notamment grâce au docteur Denis Mukwege, prix Nobel de la paix 2018.

Mais d’autre part, l’application de cette résolution n’est pas suffisante. Le Secrétaire général des Nations Unies l’a démontré dans son dernier rapport, les Etats doivent faire plus et travailler sur cette question. Les Etats doivent financer les projets qui permettent de défendre les droits des femmes lors de conflits, ils doivent rendre des comptes et cela doit être obligatoire, et il doit y avoir des expert-es du genre dans les résolutions des conflits.

Pour montrer à quel point l’application de la résolution est insuffisante, on peut citer quelques chiffres : selon ONU Femmes France, entre 1992 et 2018, il n’y avait que 13 % de négociatrices, 3% de modératrices et 4% de femmes signataires lors des grands processus de paix. Seuls 29 accords de cessez-le-feu sur 267, signés entre 1990 et 2016, contiennent des mesures sensibles au genre. Pourtant, c’est nécessaire d’impliquer davantage les femmes dans les processus de paix. Dans les pourparlers et les travaux préparatoires, lorsque les droits des femmes sont évoqués et pris en compte, les processus de paix ont 35 % fois plus de chance de durer dans le temps (au moIns 14 ans). On peut citer les accords de paix entre les Philippines et le Fonds de libération islamique signé en 2014 ou encore l’accord final entre la Colombie et les FARC signé en 2016. Et les femmes participent de différentes façons : au Yémen, pendant le confinement, elles ont demandé un cessez-le-feu.

Pourquoi, d’après-vous, dans le contexte actuel où les violences faites aux femmes ont augmenté à cause de la crise sanitaire, il est indispensable d’organiser des évènements grand public comme celui du 15 octobre ou le Forum Génération Egalité ?

Les questions du genre et des droits des femmes ont toujours été mises de côté. Mais on se rend compte aujourd’hui que la société ne peut pas fonctionner sans les prendre en compte.

Il est indispensable aujourd’hui d’intégrer les femmes dans les discussions, pas seulement en tant que victimes, mais aussi en tant qu’actrices. Lors de conflits ou sur la question du climat, les femmes sont victimes de violences ou du changement climatique mais elles sont aussi actrices, en participant aux processus de paix ou en luttant contre le réchauffement climatique. Les femmes doivent être intégrées dans les solutions mais aussi en amont, dans les réflexions.

L’objectif de notre évènement, comme celui du Forum Génération Egalité (FGE), est de solliciter la jeunesse et les nouvelles générations, indispensables selon nous.

D’ailleurs le 15 octobre, lors de notre évènement, Delphine O, ambassadrice et Secrétaire générale du Forum Génération Egalité, fera une apparition vidéo pour parler du Forum Génération Egalité, car la thématique « femmes, paix et sécurité » fera partie du Forum.

Pensez-vous que la situation actuelle pourra permettre une prise de conscience plus massive sur l’importance de défendre les droits des femmes ?

Oui, je pense que la situation actuelle pourra avoir un impact positif. Le public se sent davantage mobilisé sur ces questions aujourd’hui.

Certes, les questions de paix et de sécurité nous semblent un peu lointaines depuis la France, c’est vrai, mais les violences faites aux femmes nous touchent quand même. On a pris conscience que les viols, les violences sexuelles sont des crimes de guerre.

Chloé Cohen, 50-50 magazine

JOURNEE MONDIALE POUR LE DROIT A L’AVORTEMENT

Mis en avant

L’interruption volontaire de grossesse en France, le compte n’y est pas.

 

5000 femmes partent à l’étranger chaque année pour avorter parce qu’elles ont dépassé les délais légaux. En effet, en France, une femme a seulement 12 semaines pour avorter.

Faire respecter notre droit à l’IVG est rendu chaque année plus difficile du fait de la fermeture de nombreux centres d’IVG (CIVG) : les restructurations hospitalières et la fermeture des maternités de proximité ont un impact direct sur l’accès à l’IVG.

Il est également encore aujourd’hui difficile de trouver des professionnel.les pour pratiquer l’IVG car elle est encore considérée comme un acte médical à part. En effet, au delà de la clause de conscience générale s’appliquant aux médecins pour tout acte médical (qui leur permet de refuser telle ou telle pratique), l’IVG est concernée par une clause de conscience spécifique. Certain.es professionnel.es qui ne pratiquent pas d’IVG refusent d’orienter les patientes, alors que la loi les y oblige.

Et on interdit aux sages femmes de pratiquer des IVG instrumentales (=non médicamenteuses).

Par ailleurs, les jeunes n’ont pas toujours accès aux informations qui leur permettraient de faire valoir leurs droits. La loi Aubry du 4 juillet 2001 prévoit 3 heures d’information sexuelle obligatoire, chaque année et par an pour chaque niveau de scolarité mais elle n’est pas appliquée.

Il est temps que ça change, la situation doit évoluer.

Nous voulons que les délais légaux pour avorter soient harmonisés sur ceux des pays les plus progressistes en Europe,

Nous voulons la suppression de la double clause de conscience sur l’IVG pour les professionnel.les de santé.

Nous voulons que les femmes puissent décider de la méthode employée pour leur IVG.

Nous voulons que les sages femmes puissent pratiquer des IVG instrumentales.

Nous voulons la réouverture des CIVG fermés.

Nous voulons des moyens financiers pour les CIVG et les centres de planification pour qu’ils soient accessibles à toutes sur l’ensemble du territoire…

Nous voulons que l’éducation à la sexualité de 3 heures par an dans tous les établissements scolaires, prévue dans la loi du 4 juillet 2001 soit effective.

Une proposition de loi a été déposée à l’Assemblée nationale par Albane Gaillot, pour augmenter de deux semaines les délais et supprimer la double clause de conscience. Nous soutenons cette proposition de loi qui sera débattue le 8 octobre 2020.

Dans certains pays tels les Etats Unis, le droit à l’avortement est attaqué au moyen de lois terriblement restrictives. Dans d’autres, les femmes ne peuvent pas encore bénéficier de ce droit et se battent pour faire changer la législation.

Nous sommes solidaires de toutes les femmes qui dans tous les pays se battent pour conserver ou conquérir le droit à l’avortement. Leur combat est le nôtre !

 

 

 

 

Journée Internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires !

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La Journée Internationale de l’ONU pour l’élimination totale des armes nucléaires, c’est aujourd’hui samedi 26 septembre 2020 !

A l’occasion de cette Journée, le Collectif national ‘ »En Marche pour la Paix » appelle le Président de la République et le gouvernement à répondre à l’aspiration des françaises et des français, qui à 78 % sont favorables au désarmement nucléaire et à 68 % favorables à la ratification immédiate du Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires par la France.

La Ligue internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté souligne la justesse du point de vue exprimé par les Hibakushas (survivants d’Hiroshima et Nagasaki) qui dans un appel international soutenu par des millions de signatures indiquent que « aujourd’hui, l’humanité se trouve à la croisée des chemins. Ou nous sauvons notre planète bleue telle qu’elle est, avec tous ses êtres vivants, ou bien nous nous acheminons vers l’autodestruction.

Les armes nucléaires sont dangereuses pour la survie de l’humanité, juridiquement illégales, économiquement dispendieuses à travers le gaspillage de ressources qui privent l’humanité de moyens pour une sécurité humaine (physique, sanitaire, économique, écologique et sociale), enfin moralement inadmissibles et criminelles comme l’a rappelé le Pape à Nagasaki en 2019.

 

Rejoignez-nous pour la construction d’un monde de paix !

Journée Internationale de la Paix

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La Journée internationale de la paix est célébrée dans le monde entier à l’appel des Nations Unies. Cette année, la thématique principale est consacrée au renforcement des idéaux de paix au sein de toutes les nations et dans tous les peuples, avec comme titre « Ensemble façonnons la Paix ».

Cette année, il est devenu  évident  que nous ne sommes pas les ennemis les uns des autres. Au contraire, notre ennemi commun est un virus infatigable qui menace notre santé, notre sécurité et notre mode de vie. Covid-19 a plongé notre monde dans la tourmente et nous a rappelé avec force que ce qui se passe dans une partie de la planète peut avoir des conséquences partout dans le monde.

« La furie avec laquelle s’abat le virus montre bien que se faire la guerre est une folie », a rappelé le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, en mars 2020, appelant toutes les parties belligérantes à déposer leurs armes et à se concentrer sur la lutte contre cette pandémie mondiale sans précédent. Bien que ce message soit destiné aux partis et mouvements armés, la solidarité et la coopération entre pays, secteurs et générations sont également nécessaires pour gagner ce nouveau combat contre la pire crise de santé publique de notre temps.

Pour les Nations Unies, l’année 2020 devait déjà être une année d’écoute et d’apprentissage. Pour marquer son 75ème anniversaire, l’ONU a invité des millions de personnes dans le monde à se joindre à la campagne ONU75, la plus vaste conversation mondiale sur la construction de l’avenir pacifique et prospère que nous voulons.

Dans ce contexte, le collectif national « En Marche pour la paix » composé de plus de 150 organisations très diverses (dont la Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté) a décidé, comme les années précédentes, de contribuer au succès de la Journée internationale de la Paix (21 septembre) et de la Journée des Nations Unies pour l’élimination totale des armes nucléaires (26 septembre), en appelant partout en France, le samedi 19 septembre, à l’organisation de Marches pour la paix et diverses initiatives publiques de nature à permettre l’expression des exigences populaires en faveur de la paix, du climat, de la justice sociale, des droits humains et du désarmement nucléaire.

 

Déclaration du collectif national En Marche pour la paix :

Le samedi 19 septembre « Ensemble pour la Paix et contre le dérèglement climatique, pour la justice sociale et les droits humains, pour le désarmement ».

La pandémie du Covid-19 a mis en évidence la communauté de destin et d’intérêt de l’immense majorité de l’humanité. Face à des forces prédatrices, portées par la mondialisation néolibérale, cherchant à faire des profits immédiats de toute activité humaine, et à préserver leur mainmise sur le monde à travers une augmentation sans précédent des dépenses militaires, la mobilisation citoyenne est nécessaire.

En France, cette crise a mis plus particulièrement en lumière l’insuffisance des moyens mis à disposition des services publics de santé, des fractures sociales inadmissibles et une économie incapable d’apporter des solutions rapides et efficaces pour faire face à la pandémie.

L’urgence de nouvelles politiques permettant d’assurer aux populations en France et dans le monde entier une sécurité humaine (physique, sanitaire, économique, écologique et sociale) est partagée par un nombre croissant de personnes et d’organisations. Face à cette pandémie, partout dans le monde, se sont révélés des potentiels de créativité, de solidarité pour faire face, mais aussi une prise de conscience de la nocivité d’un certain nombre de choix politiques et de la nécessité que les moyens humains et financiers soient affectés prioritairement  à la sécurité économique, sociale, sanitaire et écologique et au bien-être des populations à travers une diminution conséquente des dépenses militaires mondiales qui ont atteint en 2019 le niveau jamais atteint de 1917 milliards de dollars en 2019 (1624 milliards d’euros).

Plus que jamais il est nécessaire de crier haut et fort : Stop les guerres, Stop les violences, Stop la misère, Stop les injustices. Ensemble, agissons pour façonner la paix et le développement d’une culture de la paix à travers la construction d’un monde solidaire, débarrassé de toutes les armes de destruction massive dont les armes nucléaires, un monde plus juste et plus humain car pour son avenir l’humanité n’a d’autre chemin que la paix.

Au-delà des Marches pour la paix, le collectif des marches pour la paix :

  • s’adressera à tous les élus qu’ils soient parlementaires ou maires pour souligner ces urgences,
  • organisera le vendredi 18 septembre de 18 h à 20 h une visioconférence pour permettre l’expression de la diversité des organisations qui appellent au succès de la Journée internationale de la Paix et aux Marches du 19 septembre,
  • organisera le samedi 26 septembre de 16 h à 18 h 30 une visioconférence à participation internationale afin  de souligner l’urgence d’une ratification du Traité d’interdiction sur les Armes Nucléaires (TIAN) adopté à l’ONU le 7 juillet 2017 par le plus grand nombre d’Etats et en particulier, par les Etats possédant des armes nucléaires,
  • s’adressera à l’ensemble des ambassades présentes sur le territoire français pour demander que partout les Etats respectent l’aspiration des peuples à la paix et le droit international en ce qui concerne l’élimination de toutes les armes de destruction massive et l’affectation des crédits en faveur de la réalisation des objectifs du développement durable, de la protection de la planète et d’une sécurité humaine aux dimensions économiques, sanitaires, écologiques et sociales,

         Affirmera sa solidarité avec toutes les luttes sociales qui portent les valeurs et objectifs des 8 domaines de la Culture de la Paix, des Objectifs du Développement Durable et des conclusions de la conférence de Paris sur le climat.

 

19 septembre 2020

 

 

 

 

Grenelle des violences conjugales, un an après : un bilan en mi-teinte pour les associations

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Un an après le lancement du Grenelle des violences conjugales le 3 septembre 2019, les associations rendent public un premier bilan des mesures gouvernementales.

La concertation des associations de défense des droits des femmes permet de mettre à jour un bilan mitigé s’agissant de l’avancée des mesures issues du Grenelle.

S’il faut saluer que deux tiers des annonces ont été mises en place ou engagées, les associations soulignent que les mesures les plus coûteuses (par exemple le financement de nouvelles structures dédiées à la prise en charge sanitaire psychologique sociale des femmes victimes sur le modèle par exemple de la Maison des Femmes de Saint-Denis ou de l’institut Women Safe) restent encore en suspens alors que les mesures législatives ne nécessitant pas de moyens supplémentaires ont, elles, été adoptées.

Alors que la crise sanitaire et le confinement ont pu ralentir l’avancée des mesures, la crise, à laquelle les associations ont été aussi fortement confrontées, a révélé les angles morts du Grenelle, en particulier le manque d’hébergements spécialisés pour la mise en sécurité des femmes victimes de toutes formes de violences ou le besoin de solutions de signalement discrètes. Parmi les oubliés également des mesures annoncées : les familles et les enfants des victimes trop peu pris en compte au cours du Grenelle.

Si les mesures annoncées à l’issue du Grenelle des violences conjugales en suffiront pas à mettre fin aux violences faites aux femmes, ni aux féminicides, les associations insistent sur le besoin d’un suivi appuyé et transparent sur leur mise en oeuvre.

Les associations le disent et soutiennent depuis plusieurs années : il est essentiel de mettre les moyens contre les violences faites aux femmes pour mieux prévenir et protéger. Un rapport de la commission des finances publié le 27 août dernier le confirme : les moyens existants ne sont pas suffisants pour une politique d’envergure de lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Les associations d’écoute, d’accompagnement et de mise en sécurité des femmes victimes de violence sont toujours débordées de demandes. Les vies de femmes et parfois de leurs enfants sont en jeu.

Centre Hubertine Auclert, CIDFF Paris, Collectif féministe contre le viol, En avant toute(s), Fédération des acteurs de la solidarité, FNSF, FNCIDFF, Fondation des Femmes, FIT Une Femme un toit, Institut Women Safe, La Maison des Femmes de St Denis, le Mouvement du Nid, le Planning Familial, Union des Familles de Féminicide.

 

Paris le 3 Septembre 2020

 

 

L’ONU rend hommage aux survivants des essais nucléaires et réclame une interdiction complète de ces essais

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Dans la perspective de la Journée internationale contre les essais nucléaires, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a rendu hommage aux survivants des essais nucléaires et aux souffrances que ces personnes ont endurées et que « notre monde continuera d’endurer pendant des décennies et même des générations ».

« La meilleure façon d’honorer les victimes des essais nucléaires est de proscrire ces opérations une fois pour toutes. Les essais nucléaires sont une relique d’un autre âge et ne devraient pas avoir leur place au XXIème siècle », a-t-il dit dans un message.

Lors d’une commémoration virtuelle de cette journée ce mercredi, la Haut-Représentante des Nations Unies pour les affaires de désarmement, Izumi Nakamitsu, a estimé qu’il n’y avait « aucune excuse pour retarder davantage la réalisation d’un objectif noble, à savoir la réalisation d’une interdiction mondiale, afin de garantir que nous ne répétons jamais la terrible catastrophe humaine et environnementale provoquée par les essais nucléaires ».

Célébrée chaque année depuis 2010 à l’occasion de l’anniversaire de la fermeture du site d’essai de Semeï au Kazakhstan, la Journée internationale contre les essais nucléaires prend un sens particulier cette année, car 2020 marque également les 75 ans du tout premier essai nucléaire, qui portait le nom de code Trinity et a été réalisé  en juillet 1945 aux Etats-Unis.

Depuis lors, plus de 2 000 essais nucléaires ont été effectués par au moins huit pays et ont eu des effets profonds, néfastes et durables sur l’environnement, la santé humaine et le développement économique de certaines des régions les plus fragiles au monde.

 

Traité d’interdiction complète des essais nucléaires pas encore entré en vigueur

En dépit de ces conséquences et bien  que la communauté mondiale soit largement favorable à une interdiction juridiquement contraignante des essais nucléaires, le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires n’est pas encore entré en vigueur.

Le chef de l’ONU a exhorté de nouveau tous les Etats qui ne l’ont pas encore fait à le signer ou à le ratifier sans plus tarder.

« La menace nucléaire s’accentue une fois de plus. L’interdiction complète des essais nucléaires constitue une étape essentielle à franchir si l’on veut empêcher l’amélioration qualitative et quantitative des armes nucléaires et parvenir au désarmement nucléaire », a-t-il dit.

Pour sa part, le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Tijjani Muhammad-Bande, a souligné que « le désarmement nucléaire reste plus important que jamais et doit être notre objectif ultime ».

« La réalisation d’un monde exempt d’armes nucléaires est une aspiration universelle pour assurer la paix et la sécurité internationales. Je partage avec beaucoup d’autres l’idée qu’un jour les armes nucléaires seront complètement éliminées et que les essais d’armes nucléaires appartiendront au passé », a-t-il ajouté.

 

26 août 2020

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Collectif CORP, pour le respect de la personne dépose une plainte contre France Télévisions

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Un Collectif féministe accuse le service public d’avoir une ligne éditoriale « favorable à la pratique des mères porteuses », interdite en France.

Le 5 août 2020, le Collectif pour le Respect de la Personne (Corp) a déposé plainte, avec constitution de partie civile, contre la société France Télévisions. Le Collectif milite depuis de nombreuses années pour l’abrogation universelle de la maternité de substitution, dite aussi « gestation pour autrui » (GPA), qui est une atteinte fondamentale à la dignité des femmes et des enfants. Cette pratique, fondée sur une marchandisation internationale de l’humain, génère des revenus considérables (6 milliards de dollars par an), dont seuls bénéficient les intermédiaires, médecins, avocats, etc…

Depuis  plusieurs années, France Télévisions a choisi de déployer une ligne éditoriale favorable à la pratique de la maternité de substitution. La production, la réalisation et la diffusion des émissions ont exclu délibérément toute voix dissonante, en choisissant de ne donner la parole qu’aux parties intéressées à promouvoir la pratique. A plusieurs reprises, nous avons alerté la direction des chaînes, interpellé le CSA, sans jamais recevoir de réponse, ce qui motive aujourd’hui notre action au niveau juridique.

Le Collectif cite notamment le film documentaire Deux hommes et un couffin, diffusé à plusieurs reprises sur France 2, ou encore PMA-GPA : les enfants ont la parole, dans le cadre d’une émission récemment rediffusée sur France 5.

Par sa position de premier groupe audiovisuel public, en adoptant une telle ligne éditoriale, la société France Télévisions encourage le recours à la « GPA ».

En France, la maternité de substitution est prohibée par le droit civil et réprimée par la loi pénale.

Elle représente une violence faite aux femmes, comme l’a montré le Comité consultatif national d’éthique (Avis 126/2017 et 129/2018), et relève de la vente d’enfant :

« on entend par vente d’enfants tout acte ou toute transaction en vertu desquels un enfant est remis par toute personne ou tout groupe de personne à une autre personne ou un autre groupe contre rémunération ou tout autre avantage (…) »

(Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant, concernant la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants)

Le Bureau du CORP

(La Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté fait partie de ce Collectif)

 

 

A l’occasion de la Journée Internationale de la Jeunesse,

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les jeunes ont un rôle important à jouer pour veiller à ce que les armes nucléaires  soient éliminées une fois pour toutes a déclaré la haute responsable des Nations Unies.

Cette année, cette Journée Internationale de la Jeunesse souligne l’importance des jeunes  en tant que « partenaires essentiels du changement ». La célébration est également  l’occasion de sensibiliser aux problèmes auxquels les jeunes sont confrontés, dont la persistance des armes nucléaires.

Les jeunes d’aujourd’hui font partie de la plus grande génération de l’histoire et détiennent un pouvoir et des responsabilités énormes.

L’Envoyée du Secrétaire général des Nations Unies pour la jeunesse, Jayathma Wickramanayake, l’a souligné lors d’une visite au Japon au début de l’année. Elle a déclaré : « Les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki devraient toujours nous rappeler, en particulier aux jeunes générations, à quel point le désarmement et la dénucléarisation sont importants. Les jeunes de moins de 30 ans représentent plus de la moitié de la population mondiale et nous ne pouvons pas parvenir à la paix mondiale sans leur participation ».

Le programme pour le désarmement du Secrétaire général reconnaît que la jeunesse est « la force ultime du changement ».

Lorsqu’ils sont éduqués, engagés et responsabilisés, ils peuvent avoir une influence décisive sur la façon dont leurs sociétés et leurs gouvernements perçoivent les armes nucléaires.

Nous avons déjà vu leur pouvoir. De jeunes militants, dont beaucoup de femmes, ont contribué à mener à bien les efforts mondiaux visant à interdire les mines terrestres et les armes à sous-munitions en vertu du droit international, et ils encouragent de nombreux pays à réduire les menaces nucléaires.

Certaines de ces campagnes ont été récompensées par un prix Nobel de la Paix. L’année dernière, l’Assemblée générale des Nations Unies a réaffirmé la contribution que les jeunes peuvent apporter au maintien de la paix et de la sécurité.

Les jeunes peuvent apporter leur contribution en créant des groupes de discussion en organisant des projections de films et en planifiant des évènements informatifs avec leurs camarades et amis.

Il est essentiel que les pays s’engagent auprès de leurs jeunes citoyens. Ils ont le pouvoir d’apporter des changements et leurs idées peuvent contribuer à renforcer notre paix et notre sécurité collectives, aujourd’hui et à l’avenir. Grâce à leurs idées et à leurs nouvelles perspectives, nous pouvons trouver ensemble des solutions aux dangers les plus graves du monde ».

 

Les « mères de Fukushima » en Europe

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Organisées en association, ces femmes accompagnées de leurs enfants sont venues du Japon en campagne européenne pour dénoncer les conditions de vie infligées par le gouvernement japonais depuis l’accident nucléaire de 2011 survenu à Fukushima à la suite d’un terrible séisme.

Mercredi 3 avril 2019, il est 19h30 passé quand débute la conférence des réfugiés de Fukushima à la Mairie du 2ème arrondissement de Paris. La salle est déjà bondée. L’attention du public se fait sentir. Réceptif et solidaire, il a retenu son souffle devant les témoignages de deux familles de réfugiés de la catastrophe nucléaire de 2011.

Récits sincères et pertinents – « les mères de Fukushima » – soutenues par la présence de leurs enfants, ont pris la parole pour expliquer leur combat à faire reconnaître leur droit de vivre dans un environnement sain ; le combat d’une vie contre le nucléaire ; le nucléaire, qui s’est abattu sur leur famille ; sortir du nucléaire au pays du soleil levant meurtri par les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki en 1945.

Récits de réfugiés, qui prend sa source à partir du 11 mars 2011, date qui ébranla le Japon d’un terrible séisme provoquant la catastrophe nucléaire de Fukushima ; le gouvernement japonais décréta alors deux périmètres de contamination – la zone de 30 kms et celle de 60 kms – à proximité de la centrale ; ces deux zones furent déclarées à évacuer par les autorités japonaises.

C’est là que commença leur combat pour être reconnus comme réfugiés ; originaires de la ville d’Iwaki, cette mère a insisté sur le fait que la carte de contamination n’a pas pris en compte les villes à proximité de ces zones à évacuer ; commença alors la fuite vers Tokyo ; ils seront considérés comme auto-réfugiés par l’Etat ; un statut différent des réfugiés de la zone de contamination établie par le gouvernement ; une ville exclue de la mesure de radioactivité ; exclue des moyens de radioprotection.

Quels ont été les signes montrant que ces villes à proximité étaient touchées par la radioactivité du césium et de l’iode ? Des saignements abondants et très fréquents touchèrent les enfants ; une augmentation des cancers de la tyroïde atteignait aussi les habitants de ces villes proche de la catastrophe.

« 47 départements de l’archipel japonais contaminés »

« Irradiation non visible, non perceptible par les cinq sens, contre notre volonté »

Devant ces signes évidents, les mères de Fukushima ont tout laissé derrière elles, contraintes de laisser leur mari -condamnés à travailler dans la zone contaminée pour financer leur départ – contraint  « de laisser toute une partie de leur vie ; protégeant la vie de leurs enfants et la leur ; fuyant vers la ville de Tokyo par leur propre moyen ; devenant des auto-réfugiés ».

« Pluie, neige, vent renforcent la radioactivité »

« Eau du robinet contaminée de la ville de Tokyo sur un rayon de 200 kms depuis la zone contamination de Fukushima »

« rupture de stock des bouteilles d’eau minérales »

« transmission du lait contaminé aux bébés allaités ».

La catastrophe écologique se transforma en catastrophe humanitaire, un scénario apocalyptique submergea le pays ; drames sanitaires et drames sociaux s’enchaînaient ; les enfants ont apporté leur témoignage saisissant – « je m’interdis de parler de Fukushima » prononce une jeune fille dans la lecture de sa lettre face au public de la salle.

Un face à face avec le public saisissant chaque témoignage de lettre lues à coeur ouvert.

La catastrophe nucléaire a impacté socialement les familles de réfugiées. A travers le récit des enfants notamment, s’appliquant à lire leur texte, l’émotion palpable d’entendre leur vie racontée avec des mots simples sur une situation déchirante les exposant à la dure réalité de la société – le rejet de leur statut de réfugiés – se manifestant par un comportement harcelant à leur égard.

« Je voulais en finir » nous livre ce jeune adolescent.

Les enfants en tant que réfugiés n’ont pas pu bénéficier de conditions d’adaptations optimales dans leur nouvelle école faisant face à la stigmatisation de leur statut de réfugiés par des comportements harcelants à leur égard.

Alors que la fin des aides gouvernementales aux personnes déplacées manifeste la volonté des autorités de tourner officiellement la page de la catastrophe nucléaire de Fukushima, d’irréductibles citoyennes continuent de se battre pour faire toute la vérité.

Malgré les messages toujours rassurants de la compagnie Tepco (responsable de la centrale), une multitude d’associations de femmes ont réussi à faire admettre leur expertise citoyenne dans l’après-Fukushima. Yuri Chiba, de l’association des MamaBecq (comme Becquerel), mesure la radioactivité dans les cours d’écoles. Mari Suzuki propose, avec le collectif Happy Island, de réaliser gratuitement des échographies de la tyroïde pour dépister les cancers. Et Mesdames Muto et Sakiyama poursuivent Tepco et les pouvoirs publics devant les tribunaux. Pour les mettre face à leurs responsabilités.

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous condamnons le test par les USA d’un missile nucléaire balistique intercontinental

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Nous condamnons avec la plus grande force ce que nous  considérons comme une provocation irresponsable, à savoir le test d’un missile nucléaire par les USA deux jours avant la célébration des commémorations des bombardements américains sur Hiroshima et Nagasaki réalisés par les USA il y a 75 ans.

Nous avions condamné en leur temps les essais du missile M 51 réalisés à partir de la Bretagne par la France en juin 2020. Ces tests, réalisés en pleine pandémie alors que les hôpitaux manquaient cruellement de moyens pour sauver des vies. Ces tests montraient l’obstination du Président de la République à tourner le dos à tout acte en faveur du processus de désarmement nucléaire à quelques mois de la conférence d’examen du TNP, reportée en janvier 2021 à cause de la pandémie. Le test américain, lancé depuis la base aérienne de Vandenberg,  quelques semaines après le test français montre la réalité du danger d’une reprise de la course aux armements nucléaires à laquelle la France et les USA alliées dans le cadre de l’OTAN prennent leur part.

Ce qu’attendent les opinions publiques au plan mondial ce sont des mesures pour la paix et une sécurité humaine des peuples à savoir une sécurité sociale, économique, écologique et sanitaire. Les armes nucléaires sont illégales, coûteuses, dangereuses pour la survie de l’humanité, moralement inadmissibles et criminelles comme l’a souligné le Pape François, lors d’une intervention à Nagasaki en 2019.

Nous appelons tous les gens de raison à participer du 6 au 9 août à la vague mondiale pour la paix et le désarmement nucléaire, lancée par les survivants d’Hiroshima.

 

 

ABOLITION DES ARMES NUCLEAIRES : Le compte à rebours a commencé

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Communiqué de presse du   Réseau Sortir du Nucléaire

Du 6 au 9 août 2020, des actions et des jeûnes sont organisés dans plusieurs villes afin  d’exiger le désarmement nucléaire. En France à Dijon, Valduc, Tours, Brest, Saintes, Mont-Saint-Michel et Epinal ; mais aussi en Allemagne, aux Etats-Unis, en Nouvelle Zélande, au Royaume-Uni et au Togo, les participants se réunissent en solidarité avec les victimes des bombes atomiques larguées sur Hiroshima et Nagasaki il y a 75 ans et celles des plus de 2 000 essais nucléaires.

Selon Albert Camus, les armes atomiques représentent « le dernier degré de sauvagerie » : elles créent une insécurité majeure sur notre planète. Après les accords russo-américains de réduction des arsenaux nucléaires en 1987, on aurait pu penser qu’une certaine « sagesse » allait prévaloir. Mais les Etats nucléaires ont poursuivi leur politique de puissance. Pire, en développant les réacteurs électronucléaires comme par exemple au Moyen-Orient, elles ont participé à la prolifération de matières radioactives, dont certaines sont susceptibles d’usage militaire. Dans un monde instable et peuplé de dictateurs, il est vital d’enclencher une désescalade nucléaire.

Avec le compte à rebours de l’entrée en vigueur du TIAN (Traité d’interdiction sur les armes nucléaires) adopté par l’ONU le 7 juillet 2017, l’élimination de la menace atomique a commencé. Sur les 50 Etats nécessaires à sa mise en oeuvre, 43 ont déjà ratifié le texte. Et parmi les 82 pays signataires, plusieurs sont en cours d’achèvement de la procédure de ratification. Le TIAN crée une nouvelle norme juridique qui interdit l’emploi, la fabrication, le stockage, le financement et la menace d’utiliser des armes nucléaires, c’est-à-dire la stratégie de dissuasion nucléaire.

Les quatre jours d’actions permettent d’interpeller le Président Emmanuel Macron et de mettre les parlementaires français devant leurs responsabilités : quatrième plus gros détenteur d’armes nucléaires derrière les Etats-Unis, la Russie et la Chine, la France doit s’engager dans un processus de désarmement, conformément à ses engagements internationaux. A l’heure où les besoins sociaux sont immenses -par exemple pour faire face aux conséquences sanitaires et économiques de la pandémie de Covid-19 -entamer un processus d’élimination des armes nucléaires permettrait de réduire le gouffre financier qu’elles représentent. Cette année, les contribuables français ont dépensé 8 999 euros par minute pour financer ces armes de destruction massive et la modernisation de l’arsenal français devrait coûter 37 milliards d’euros d’ici 2025.

En France et à l’étranger, les quatre jours d’actions sont organisés dans le cadre de l’ICAN, la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires, prix Nobel de la paix 2017, dont nos organisations sont membres.

6 août 2020

Appel international des groupes de jeûneuses et jeûneurs pour le désarmement nucléaire

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Nous sommes des groupes de jeûneuses et jeûneurs qui ont décidé de renoncer à se nourrir pendant au moins 4 jours, du 6 août, 75ème anniversaire du bombardement d’Hiroshima, jusqu’au 9 août, anniversaire du bombardement de Nagasaki, pour exprimer notre totale opposition aux armes nucléaires, et appeler à leur abolition complète.

Cette année 2020 restera dans l’histoire comme l’année où une calamité majeure a frappé toutes les nations du monde avec la même force. Révélant la fragilité et l’interdépendance de la race humaine, la pandémie Covid-19 devra conduire à des appels à des changements radicaux – changements dans la gouvernance du monde, changements dans nos priorités, fin à la dévastation de notre planète.

Le monde dépense 2 000 milliards d’euros par an en armes ; une part importante de cette somme est consacrée à l’entretien et au développement de 14 000 armes nucléaires par seulement 9 Etats dont une petite fraction serait suffisante pour détruire la planète plusieurs fois. Citant la menace nucléaire et le changement climatique, les scientifiques qui gèrent l’horloge de l’Apocalypse l’ont à nouveau avancée, à seulement 100 secondes avant minuit, un niveau de danger jamais atteint pendant la guerre froide.

Cette situation doit cesser. Nous ne pouvons pas continuer à laisser une petite minorité de nations tenir le reste du monde sous sa menace et dilapider d’énormes sommes d’argent pour des armes terrifiantes. S’exprimant à Nagasaki en novembre 2019, le pape François a dénoncé sans ambiguïté l’immoralité non seulement de la menace d’utilisation d’armes nucléaires, mais également de leur possession et de leur développement.

Son plaidoyer fait écho aux termes du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, approuvé par 122 nations aux Nations Unies en juillet 2017, et depuis signé par plus de 80 nations et ratifié par  40.Lorsque 50 nations l’auront ratifié, il entrera en vigueur en tant que composante du droit international. Ce devrait être au début de l’année 2021. La pression de l’opinion publique, la détermination de la grande majorité des organisations de la société civile et des citoyens ordinaires, obtiendront l’abolition des armes nucléaires.

La possession, la production et la menace d’armes nucléaires vont être interdites. Le Traité des Nations Unies, ainsi que tous les autres traités concernant les armes nucléaires, doivent être respectés et appliqués ! Nous, les groupes de jeûneuses et jeûneurs soussignés, appelons chaque personne à se joindre à nous pour exprimer cet appel urgent :

Le désarmement nucléaire doit avoir lieu MAINTENANT ! Rejoignez les jeûneuses et les jeûneurs ! Exigez que votre pays signe le Traité !

FRANCE DIJON-Valduc : Dominique Lalanne,

MONT SAINT-MICHEL : Josette Lenoury

BREST-Ilre Longue : Chrystelle

TOURS : Marie Claude Thibaud

ALLEMAGNE : MAINZ/BUCHEL : Matthias Engelke

COTE D’IVOIRE SAN PEDRO : Warie Yao

NOUVELLE-ZELANDE AUCKLAND : Chris and Audrey van Riyn

ROYAUME-UNI – BARNSTAPLE, England : Sheila Bloggs

ROYAUME-UNI- KNIGHTON, Wales : Angie Zelter

ROYAUME-UNI – Iona Scotland : Margery Toller

 

Campagne Internationale de signatures en soutien des Hibakusha

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L’humanité se trouve actuellement à un carrefour de chemins, soit pour sauver notre planète avec tous ses êtres vivants, soit pour suivre la voie de l’autodestruction.

Les deux bombes atomiques larguées le 6 et le 9 août 1945 par les forces des Etats-Unis ont totalement détruit Hiroshima et Nagasaki en un instant, et ont tué et ont blessé, sans discrimination, des centaines de milliers de personnes. Avec des cadavres brûlés au noir, des corps dont la peau a été pelée, et des files de personnes qui vacillent en silence, un véritable enfer sur terre a émergé. Ceux qui ont survécu de justesse se sont bientôt effondrés, les uns après les autres. Depuis plus de 70 ans, nous nous efforçons de continuer à vivre, accablés des effets à retardement et de l’anxiété à propos des effets possibles de la radiation sur nos enfants et nos petits-enfants. Nous ne voulons jamais que telles tragédies se répètent.

Après 11 ans de silence suite aux souffrances des bombes A, les Hibakusha se sont assemblés à Nagasaki en août 1956 et ont fondé Nihon Hidankyo, la Confédération japonaise des organisations des victimes des bombes A et H. Nous nous y sommes promis de travailler pour « sauver l’humanité de ses crises en tirant les leçons de nos expériences, tout en nous sauvant nous-mêmes ». Depuis lors, nous continuons à demander au monde entier « à ne plus jamais avoir d’autres Hibakusha ». Ceci c’est le cri de notre âme.

Les guerres et les conflits se déroulent toujours dans le monde entier, et les vies de nombreux innocents sont perdues. On utilise les armes nucléaires pour menacer les autres. Il y a aussi des efforts pour développer ces armes. La force destructrice des armes nucléaires qui existent déjà, dont le nombre dépasse bien les dix mille, est équivalente à des dizaines de milliers de la force des bombes larguées à Hiroshima et à Nagasaki combinées. Les armes nucléaires sont « les armes du diable ». Elles ont la capacité d’anéantir la race humaine et toutes les autres créatures. Elles pourraient détruire totalement l’environnement et rendre la Terre une planète morte.

En concevant des traités et des protocoles, les êtres humains ont interdit l’utilisation, le développement, la production et la possession d’armes biologiques et chimiques. Pourquoi est-ce qu’on hésite à interdire les armes nucléaires, qui sont beaucoup plus destructrices que les premiers ? Nous, les Hibakusha, faisons appel aux gouvernements de tous les Etats pour signer un traité pour interdire et éliminer les armes nucléaires.

L’âge moyen des Hibakusha dépasse actuellement 80 ans. C’est notre désir sincère de réaliser de notre vivant un monde sans armes nucléaires, afin que les générations suivantes soient jamais victimes de cet enfer sur terre. Ni vous, ni votre famille, ni personne ne devrait plus jamais être fait Hibakusha. Nous croyons que vos signatures jointes à cet appel permettront de faire entendre les voix de centaines de millions de personnes à travers le monde et fera avancer la politique internationale. Elles sauveront enfin l’avenir de notre planète et de toutes les formes de vie qui s’y trouvent. Nous vous demandons sincèrement d’apposer votre signature sur cette pétition.

La Campagne internationale de signatures en soutien à l’Appel des Hibakusha pour l’élimination des armes nucléaires.

Dans notre désir sincère de l’élimination sans délai des armes nucléaires, nous, les Hibakusha, faisons appel aux gouvernements de tous les Etats pour signer un traité pour interdire et éliminer les armes nucléaires.

Je, soussigné, par la présente,  soutient  l’appel des Hibakusha :

Nom                                             Pays                                   Signature

*vos signatures seront soumises à l’Organisation des Nations unies et ne seront utilisées à aucune autre fin.

NB : Après le lancement de la Campagne internationale de signatures en avril 2016, le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires a été adopté le 7 juillet 2017.Cette campagne fait maintenant appel aux gouvernements de tous les Etats d’adhérer au traité et de parvenir à l’élimination totale des armes nucléaires.

 

La Campagne internationale de signatures en soutien à l’Appel des Hibakusha pour l’élimination des armes nucléaires.

Contact

C/O Nihon Hidankyo

Gable Bldg .#902, Shiba-Daimon, Minato-ku, Tokyo 105-0012, JAPON

Téléphone : +81-3-3438-1897

Fax : +81-3-3431-2113

E-mail : info@hibakusha-appeal.net

 

Les initiateurs de l’Appel :

Sunao Tsuboi, Sumiteru Taniguchi et Mikiso Iwasa, Co-présidents, Hidankyo (Confédération japonaise des organisations des victimes des bombes A et H)

Terumi Tanaka, secrétaire général Hidankyo

Kwak Kwi Hoon, Président honoraire, l’Association coréenne des victimes de bombes atomiques

Tsukasa Mukai, Président, l’Association US des victimes de bombes atomiques

Takashi Morita, Président, Associacao Hibakusha Brasil Pela Paz

Setsuko Thurlow, les Hibakusha d’Hiroshima, Toronto Canada

Yasuaki Yamashita Les Hibakusha de Nagasaki, Mexico Mexique

 

 

 

 

 

 

Depuis plusieurs semaines la Corse est secouée par une déferlante de témoignages de violences sexuelles subies par des jeunes femmes

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Elles avaient 13, 14, 16 ans….800 victimes de violences sexuelles en Corse, ont décidé de raconter leur calvaire sur Twitter sous le hashtag #Iwas.

Depuis plusieurs semaines, l’île est secouée par une déferlante de témoignages de violences sexuelles subies par des jeunes femmes corses, explique Laetitia Maroccu, présidente de l’association Donne e Surelle :  « Elles se sont dit que c’était le moment de libérer la parole. Elles ont témoigné de viols et des violences subies, soit dans l’enfance, soit dans l’adolescence ou une fois adulte » détaille-t-elle au micro de RMC.

« Elles allaient chez le psy et se rendaient compte que tout était répété ». Des violences commises sur un territoire où tout le monde se connait, une difficulté supplémentaire selon Laetitia Maroccu : »Les psychologues des victimes pouvaient être les amis de leurs parents. Elles y allaient en confiance et se rendaient compte que tout ce qu’elles racontaient était répété à leurs proches.

Objectif : en finir avec l’omerta qui règne sur l’île : « Nous avons un problème au niveau de l’expression de ces violences et beaucoup de femmes restent dans le non-dit. Elles ont peur soit de représailles de leur propre père vis-à-vis des auteurs, ou alors parce qu’elles ont honte ».

Une manifestation est prévue ce dimanche 5 juillet à Ajaccio, et des collages un peu partout sur l’île. Victimes et militantes veulent éveiller les consciences corses, jusqu’au sommet de l’Etat : les organisatrices seront reçues à la préfecture.

 

Le Réseau « Sortir du Nucléaire » et Greenpeace attaquent une décision lourde de conséquences et prise bien à la légère

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Ce 22 juin, le Réseau « Sortir du Nucléaire » et Greenpeace France ont déposé un recours en annulation à l’encontre de la nouvelle Programmation Pluriannuelle de l’Energie qui acte la prolongation de la durée de fonctionnement de quasiment tous les réacteurs nucléaires au-delà de 40 ans, voire au-delà de 50.

Approuvée par décret du Premier Ministre et publiée le 23 avril 2020, la Programmation Pluriannuelle de l’Energie définit les grandes lignes de la politique énergétique française pour les prochaines années. Bien que ce texte consacre peu de pages au nucléaire, les orientations qu’il contient sont porteuses de conséquences lourdes. En effet, il repousse de dix ans l’échéance initialement prévue pour atteindre l’objectif de 50 % de nucléaire dans le mix électrique. Et s’il prévoit la fermeture de 14 réacteurs d’ici 2035, il pose surtout comme principe que l’ensemble du parc nucléaire français -sauf rare exception- devra fonctionner au-delà de sa 4ème visite décennale et jusqu’à sa 5ème visite décennale au moins soit plus de 50 ans. La fermeture de Fessenheim est donc l’exception qui confirme la règle.

Cette orientation irresponsable va à l’encontre de la prudence la plus élémentaire concernant la sûreté nucléaire. Certains équipements, comme les cuves des réacteurs, n’ont pas été conçus pour fonctionner plus d’une quarantaine d’années et ne sont ni réparables ni remplaçables. Porter leur utilisation au-delà revient à rogner sur les marges de sûreté et prendre des risques considérables, tout cela pour parvenir à une situation de surproduction absurde. En outre, la prolongation du fonctionnement des réacteurs au-delà de 40 ans entraînera des travaux lourds, inédits et coûteux, tout en accroissant la production de déchets radioactifs ingérables.

C’est pourquoi le Réseau « Sortir du nucléaire » et Greenpeace France viennent de déposer un recours en annulation afin de remettre en cause cette programmation énergétique aussi irréfléchie que lourde de conséquences. Nos associations soulignent notamment que cette décision politique, qui acte de fait une prolongation d’une grande partie du parc nucléaire au-delà de la quatrième visite décennale, n’a fait l’objet d’aucune évaluation environnementale, contrairement à ce qu’exigent la réglementation européenne et la jurisprudence récente de la cour de justice de l’union européenne. En outre, bien que présentée comme justifiée d’un point de vue économique, cette décision n’a fait l’objet d’aucun chiffrage. Si l’ampleur totale des travaux nécessaires ne peut être connue à ce jour, les opérations les plus incontournables sont pourtant identifiées depuis des années.

Une évaluation a minima aurait au moins dû être fournie. Au regard du soutien accordé par l’Etat à la filière nucléaire notamment par des recapitalisations passées comme en 2017 ou à venir en cette fin d’année, il en va de la transparence vis-à-vis de l’utilisation des finances publiques et du respect des générations futures.

Nos associations s’opposent fermement à ces orientations énergétiques dangereuses et anachroniques. Face à l’urgence climatique et à la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes, la raison devrait imposer d’accélérer les efforts sur la sobriété, l’efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables, pas de maintenir en fonctionnement des installations vieillissantes dangereuses, coûteuses et peu résilientes.

 

« Les femmes restent les héroïnes de l’ombre de cette crise »

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La crise sanitaire et le confinement quasi généralisé auquel elle a conduit se sont traduits par une recrudescence des violences à l’égard des femmes.

Phumzile Mlambo-Ngcuka, directrice exécutive d’ONU Femmes met en garde contre un possible recul du droit des femmes.

En mars dernier, vous avez dénoncé le creusement des inégalités entre les hommes et les femmes. Pourquoi cette épidémie est-elle particulièrement préjudiciable aux femmes ?

D’une manière générale, les hommes et les femmes ne sont pas égaux face aux crises. Celle-ci ne fait pas exception. Très souvent, les crises viennent en fait accentuer les inégalités existantes.

Les femmes ont été durement touchées. Beaucoup d’entre elles travaillent en première ligne et ont été directement exposées au virus. Elles ont également été frappées de plein fouet par les conséquences sociales de l’épidémie. L’interruption de l’activité a aggravé la précarité économique des femmes, qui occupent en général des emplois plus précaires et moins bien rémunérés que les hommes. Certaines se sont trouvées privées d’emploi.

Par ailleurs, de nombreuses femmes ont recours aux services sociaux. Pendant cette période, ces services étant moins accessibles, celles qui ne bénéficiaient pas d’une prise en charge se sont trouvées en danger.

Cette crise a mis sur le devant de la scène des professions cruciales (personnel soignant, caissières, enseignants…) dans lesquelles les femmes sont surreprésentées. Cette crise peut-elle changer notre manière de percevoir ces travailleuses ?

Les femmes sont les véritables héroïnes de cette crise, même si elles ne sont pas reconnues comme telles. Car, curieusement, il semble qu’il n’y ait pas de prise de conscience quant à leur responsabilité dans la gestion de la crise. Même si elles sauvent des vies, elles restent des héroïnes de l’ombre.

J’espère que cette perception changera. C’est la raison pour laquelle il est important d’en parler, de les mettre en avant pour que tout le monde se rende compte du rôle qu’elles jouent.

Que peuvent apporter les femmes dans la gestion de crise ?

Ce qui relève des soins est traditionnellement considéré par la société comme une affaire de femmes. Il est vrai qu’elles sont très présentes dans ce secteur. Mais elles savent aussi ne pas se cantonner à une gestion purement sanitaire de la crise. Polyvalentes, elles sont peut-être mieux placées que d’autres pour comprendre qu’une situation comme celle de la pandémie confronte à une série de problèmes d’ordre économique, social, sanitaire ou relevant de la sécurité alimentaire. Les femmes appréhendent mieux l’intersectionnalité, car elles en font l’expérience au quotidien.

Dans une déclaration datant d’avril 2020, vous avez évoqué la pandémie fantôme à propos de la recrudescence des violences à l’égard des femmes. Quelle incidence le confinement a-t-il eue sur la situation des femmes ?

Dans cette déclaration, j’indiquais en effet que, dans le monde entier, les lignes d’assistance téléphonique et les centres d’accueil pour les victimes de violences domestique ont fait état d’une augmentation des appels à l’aide. Le confinement a exacerbé les tensions et renforcé l’isolement des femmes ayant un partenaire violent tout en les séparant des personnes les plus à même de les aider. De plus, ce contexte particulier a rendu les signalements plus compliqués, notamment en raison de l’accès limité des femmes aux numéros d’urgence et de la surcharge des services publics tels que la police.

Dans certains pays, les services de protection destinés aux femmes victimes de violences ne sont pas considérés comme des services essentiels. Certaines ont été privées de toute aide, enfermées chez elles avec leur agresseur. Pour ces femmes il a été très difficile de faire face.

Peut-on craindre un recul des droits des femmes ?

Absolument, nous pouvons même craindre dans certains cas que ces droits disparaissent. Nous devons nous battre pour que cela ne se produise pas.

Cette année marque le vingtième anniversaire de l’adoption de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies pour le droit des femmes, la paix et la sécurité. Nous devons mettre en oeuvre des plans d’action et nous préparer à aller de l’avant dès que possible. Les droits des femmes doivent rester une priorité, ils ne doivent surtout pas être sacrifiés. Il n’est pas moins important pour les femmes de survivre au Covid que de faire valoir leurs droits. Nous devons mener les deux batailles de front.

Comment faire en sorte que les droits des femmes ne fassent pas les frais de cette crise ?

Sur le plan économique, nous devons nous assurer que le plan de relance des gouvernements cible concrètement les femmes, et qu’il soit adapté aux travailleuses du secteur informel, pour lesquelles nous continuons de lutter.

Des solutions doivent aussi être apportées concernant les violences à l’égard des femmes. Ces violences ne s’arrêteront pas à la fin de la crise. Il faut rester vigilants.

Nous devons aussi encourager un renforcement du leadership des femmes, en particulier dans les pays où elles sont sous-représentées dans la lutte contre le virus, et appeler à une représentation plus juste dans certains secteurs. C’est sur cet aspect que doivent porter nos efforts.

Il faut aussi favoriser un développement de l’enseignement à distance, tout en veillant à ce qu’il ne s’accompagne pas d’un creusement de la fracture numérique. Certaines communautés n’ont pas toujours accès à la technologie. Et même lorsque c’est le cas, cet accès n’est pas le même en fonction du genre. Nous devons continuer à mener ce combat en veillant à ce que l’enseignement dispensé via des plates-formes numériques ne soit pas socialement discriminant.

J’espère que l’UNESCO, ONU Femmes, la Commission sur le haut débit, l’Union internationale des Télécommunications (UIT) et les ministères de l’Education pourront unir leurs efforts pour que soient mises en place des infrastructures à haut débit dans les écoles rurales et les quartiers informels afin  que chaque individu, où qu’il se trouve, puisse avoir accès à l’éducation.

 

 

 

 

 

NON à la Gestation pour Autrui !

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La Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté est pour l’abolition universelle de la Gestation pour Autrui.

Elle soutient la position de la Marche Mondiale des Femmes suite à l’article sur la Gestation pour Autrui de Barbara Krief, dans l’Obs n°2898.

En effet, seul le désarroi des parents « d’intention » est largement énoncé comme une souffrance, rien n’est dit de la souffrance et de la situation des mères de substitution, rien n’est dit sur la situation de l’enfant, de la rupture du lien charnel construit pendant la grossesse entre la mère porteuse et lui, rien n’est dit non plus du détournement de la loi par les parents « d’intention » et rien n’est dit du lien entre la GPA et le trafic des êtres humains.

Comment une journaliste d’une journal grand public comme l’Obs, peut-elle considérer que l’attitude du Quai d’Orsay découle d’une mauvaise volonté alors que c’est le simple respect de la loi française qui dicte son attitude.

Une telle transaction commerciale ne peut plus exister depuis l’abolition de l’esclavage. Dans le contrat de Gestation pour Autrui le corps et la personne de l’enfant sont dans une position d’objet du contrat incompatible avec les principes du droit de la personne humaine. Ce contrat s’apparente à une forme de corruption car en effet il attribue une valeur marchande à l’enfant et à la vie organique de la mère de substitution.

La Gestation pour Autrui est une façon de falsifier la filiation maternelle de l’enfant en substituant une mère » intentionnelle » à sa mère de naissance. Actuellement la tendance est d’établir des déclarations judiciaires de parenté « intentionnelle » au stade le plus précoce de la gestation. Cela permet de reconnaître juridiquement les parents d’intention pendant la grossesse et de les désigner comme parents légaux dans l’acte de naissance. Celui-ci n’est pas conforme au certificat d’accouchement mais il permet aux parents d’intention de contourner la loi française et de faire établir les actes d’état civil.

La médecine collabore avec les marchés du corps humain au nom de la liberté des contrats, en oubliant toute éthique. Une idéologie ultralibérale tend à réduire la personne humaine à une ressources biologique disponible sur le marché. Le désir d’enfant, aussi intense soit-il, ne peut pas s’imposer au respect de la vie humaine.

La Gestation pour Autrui altruiste est très peu pratiquée, sa mise en avant, par les médias, cache les actes commerciaux généralement pratiqués, par des couples riches, qui à travers des agences commerciales trouvent des femmes pauvres à exploiter. Cette pratique touche aujourd’hui, les femmes les plus vulnérables dans le monde.

Seule l’abolition universelle de cette pratique pourra éliminer cette violence faite aux femmes porteuses et aux enfants.

Nous recommandons à tous et toutes, et à Barbara Krief en particulier, de lire la Convention de La Haye qui interdit tout arrangement programmant à l’avance l’abandon d’un enfant par sa mère de naissance et tout paiement de l’enfant par les parents adoptifs.

 

 

 

 

 

Le gouvernement annonce 4 millions d’euros supplémentaires pour les femmes victimes de violences

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Le gouvernement va augmenter de 3 millions d’euros ses subventions aux associations qui aident les femmes victimes de violence et consacrer un million d’euros supplémentaires à des places d’hébergement pour éloigner les hommes violents, a annoncé mercredi dernier Marlène Schiappa.

La Secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes a annoncé   le déblocage de 4 millions d’euros supplémentaires pour les femmes victimes de violence. 3 millions d’euros vont être attribués aux associations de soutien aux victimes sous forme de subventions et 1 million d’euros sera consacré à des places d’hébergement pour éloigner les hommes violents. Ces 4 millions d’euros, inscrits dans le nouveau projet de budget rectificatif pour 2020 présenté  en conseil des ministres, représentent une augmentation de 13 % du budget propre au secrétariat d’Etat chargé de l’Egalité entre les femmes et les hommes, a précisé Marlène Schiappa dans un communiqué.

Le gouvernement prévoit en outre d’investir 1,2 million d’euros supplémentaire pour « pérenniser » en 2020 des « dispositifs d’accompagnement des auteurs de violences » indique l’AFP. Cette somme avait déjà été budgétée précédemment mais inscrite dans une « réserve de précaution » qui va donc être « levée ». Cet argent « servira intégralement à soutenir les actions d’associations portées via le Grenelle des Violences conjugales pour mieux protéger les femmes », selon la Secrétaire d’Etat.

« Chaque euro est précieux »

Interrogée par l’AFP, la présidente de la Fondation des femmes, Anne-Cécile Mailfert, s’est félicitée d’une « excellente nouvelle », d’autant que « cet argent est nécessaire pour faire face à des situations d’urgence ». Ces quelque 4 millions d’euros supplémentaires annoncés mercredi dernier sont certes peu de chose comparés aux 45 milliards destinés à soutenir les secteurs les plus fragilisés par la récession, a-t-elle concédé. Mais le budget dédié à l’égalité femmes-hommes « est tout petit, donc chaque euro est précieux », a-t-elle jugé.

Le 50ème anniversaire du TNP encourage 17 signataires à rappeler à cinq Etats dotés d’armes nucléaires leurs engagements

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New York – La prochaine Conférence d’examen 2020 du Traité international historique sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), reportée en raison de la pandémie COVID-19,  présente « une occasion opportune pour les Etats parties d’entreprendre un examen et évaluation » de son état actuel, indique le communiqué conjoint publié le 19 mai par 17 Etats parties au Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).

Au total, 191 Etats ont adhéré au Traité, dont les cinq Etats dotés d’armes nucléaires -les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne et la France.

Les signataires du communiqué attendent avec intérêt de travailler avec d’autres Etats parties. Il ne fait aucun doute que la mise en oeuvre des engagements en matière de désarmement aurait permis d’allouer davantage de ressources au développement durable ainsi qu’à la coopération internationale et à la préparation pour faire face à de telles urgences de santé publique et mondiales.

« Il est maintenant temps que les Etats parties traduisent leurs paroles en actions concrètes appuyées par des critères de référence et des délais clairs et convenus. Ce n’est que grâce à de tels efforts que nous pourrons envisager les 50 prochaines années du TNP avec succès, en améliorant les importantes réalisations des dernières années.  « Nous commémorons actuellement ses 50 ans » accentue le communiqué.

 

Voici le texte intégral du communiqué conjoint :

« A l’occasion de son 50ème anniversaire, l’Algérie, l’Autriche, le Brésil, le Chili, le Costa Rica, l’Equateur, l’Egypte, l’Indonésie, l’Irlande, la Malaisie, le Mexique, le Maroc, la Nouvelle-Zélande, le Nigéria, les Philippines, l’Afrique du Sud et la Thaïlande célèbrent l’entrée en vigueur du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). La création du TNP à une époque de tensions et de méfiance accrues témoigne de la valeur de la coopération internationale et du succès de la diplomatie multilatérale dans un environnement difficile comme la sécurité internationale.

Cinq décennies après son entrée en vigueur, le TNP demeure un instrument inestimable pour contribuer à la paix et à la sécurité internationales. En tant que pierre angulaire du régime mondial de désarmement nucléaire et de non-prolifération nucléaire, le TNP a joué un rôle déterminant dans le soutien aux efforts internationaux visant à limiter les menaces posées par les armes nucléaires et leur prolifération, tout en jetant les bases d’un désarmement nucléaire mondial menant à l’élimination complète des armes nucléaires afin de débarrasser l’humanité des menaces existentielles qu’elles représentent.

La profonde préoccupation suscitée par la menace persistante que les armes nucléaires font peser sur l’humanité et la possibilité de leurs effets humanitaires catastrophiques, soulignent également la nécessité urgente de progrès significatifs et tangibles. A cet égard, nous rappelons la préoccupation exprimée par tous les Etats parties face à cette catastrophe humanitaire. Les conséquences de toute utilisation d’armes nucléaires, comme indiqué dans le document final de la Conférence d’examen du TNP de 2010.

Le TNP a joué un rôle central dans la promotion des diverses utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire, en veillant à ce que la non-prolifération nucléaire n’entrave pas les droits et l’accès des Etats parties aux utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire. A cet égard, l’Energie atomique internationale l’AIEA a réussi à jouer un rôle efficace dans la mise en oeuvre du TNP.

Ce demi-centenaire du TNP nous rappelle l’importance de son universalisation. Tous les Etats qui ne l’ont pas encore fait devraient adhérer au Traité en tant qu’Etats non dotés d’armes nucléaires sans plus tarder,  ni conditions. Il s’agit de redoubler d’efforts collectifs pour mettre pleinement en oeuvre les trois piliers égaux  qui sont essentiels pour atteindre ses objectifs.

Lors des précédentes conférences d’examen, les Etats parties ont pris des engagements spécifiques pour mettre en oeuvre les obligations du Traité. Les réalisations accomplies en ce jour en vertu du TNP sont l’aboutissement d’efforts internationaux concertés à cette fin.

Le succès de la mise en oeuvre du Traité est entre les mains de ses Etats parties. Les Etats non dotés d’armes nucléaires se sont engagés à ne pas développer d’armes nucléaires en échange de l’élimination des arsenaux nucléaires par les Etats dotés d’armes nucléaires. Les progrès en matière de désarmement nucléaire sont à la traîne  sur la non-prolifération nucléaire et les utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire.

Il est urgent de mettre en oeuvre des mesures de désarmement nucléaire concrètes, transparentes, vérifiables et irréversibles afin de remplir les obligations et les engagements dans le cadre du TNP. Nous devons maintenir et préserver la crédibilité, la viabilité et l’efficacité du TNP, et la seule façon de protéger le TNP, c’est de le mettre en oeuvre.

Bien que certains progrès en matière de désarmement nucléaire aient été réalisés au cours des cinq dernières décennies, ils sont loin d’être suffisants et l’obligation de désarmement nucléaire n’a toujours pas été remplie. Les programmes de modernisation actuels mettent les progrès réalisés en danger de renversement. En même temps nous constatons une érosion très préoccupante de l’architecture multilatérale de désarmement nucléaire et de maîtrise des armements, les accords existants étant résiliés et d’autres en danger. L’environnement et les défis mondiaux actuels en matière de sécurité justifient des progrès urgents.

Le 50ème anniversaire de l’entrée en vigueur du TNP coïncide avec le 25ème anniversaire de sa prorogation indéfinie. Il est important de rappeler que la prorogation indéfinie du TNP faisait partie d’un ensemble de décisions, y compris une décision de renforcer le processus d’examen du Traité, identifier les principes et objectifs du désarmement et de la non-prolifération nucléaire ainsi qu’une résolution sur la création d’une zone exempte d’armes nucléaires et d’autres armes de destruction massive au Moyen-Orient.

Ces décisions ainsi que la résolution sur le Moyen-Orient, sont considérées comme indissociables de l’extension indéfinie du TNP et doivent être honorées par tous les Etats parties.

Il convient également de souligner que la prolongation indéfinie du Traité ne peut en aucun cas être interprétée comme une justification de la conservation indéfinie des armes nucléaires.

La création de zones exemptes d’armes nucléaires dans toutes les régions du monde est une mesure positive et une importante mesure intérimaire visant à renforcer le désarmement et la non-prolifération nucléaire mondiaux et à réaliser les objectifs du TNP, en attendant l’élimination totale des armes nucléaires.

En cette occasion capitale, nous réaffirmons solennellement nos engagements passés, convenus lors des précédentes conférences d’examen du TNP, qui devraient être développés à la prochaine Conférence d’examen. Nous demandons aux autres Etats parties de faire de même. Comme l’histoire du TNP n’est pas dépourvu de défis, il est donc aujourd’hui confronté à des défis difficiles.

Toutefois, notre prise de conscience de ces différents obstacles ne devrait pas être une raison de faiblir ; elle devrait au contraire renforcer notre détermination à travailler ensemble pour les surmonter, grâce à un dialogue multilatéral plus ouvert, inclusif et transparent, avec civilité et diplomatie, dans le cadre du Traité de non-prolifération nucléaire.

La prochaine Conférence d’examen du TNP, qui a été reportée en raison des circonstances malheureuses de la pandémie de Covid-19, offre une occasion opportune aux Etats parties d’entreprendre un examen et une évaluation complets de l’état actuel du Traité et de la mise en oeuvre de ses trois piliers ainsi que des obligations et engagements antérieurs dans son cadre. La Conférence d’examen a la responsabilité d’identifier des domaines et des moyens supplémentaires pour que de nouveaux progrès concrets soient réalisés à l’avenir.

Nous attendons avec intérêt de travailler avec d’autres Etats parties à cet égard. Il ne fait aucun doute que la mise en oeuvre des engagements en matière de désarmement aurait permis d’allouer davantage de ressources au développement durable ainsi qu’à la coopération internationale et à la préparation pour faire face à ces problèmes de santé publique et de mondialisation.

Il est maintenant temps que les Etats parties traduisent leurs paroles en actions concrètes appuyées par des repères et des délais clairs et convenus. Ce n’est que grâce à de tels efforts que nous pourrons nous tourner vers la réussite des 50 prochaines années du TNP, en améliorant les réalisations importantes des 50 dernières années que nous commémorons actuellement. »

 

le Bureau des Nations Unies    –      le 24 mai 2020

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ensemble refusons la nouvelle campagne de tirs du missile nucléaire M51

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Le ministère des Armées a annoncé, mardi 9 juin, que plusieurs tirs d’essai de missiles nucléaires M51 seraient réalisés d’ici la mi-juillet. Les missiles lancés à cette occasion seront dépourvus de leurs têtes nucléaires. Les essais de systèmes d’armes liés à la dissuasion nucléaire étant couverts par le secret défense, la date exacte à laquelle ils auront lieu n’a pas été communiquée. Seule la zone dans laquelle ils seront réalisés est connue : elle est située au sud de la pointe de Penmarc’h, dans le sud du Finistère. La préfecture maritime de l’Atlantique y a restreint la navigation, le mouillage, la plongée, la pêche et les activités nautiques jusqu’au 8 juillet.

Les missiles M51 mesurent douze mètres de hauteur, pèsent cinquante tonnes, et disposent d’une force de frappe équivalente à six cents fois celle des bombardements atomiques d’Hiroshima. Ils sont conçus pour être lancés depuis des sous-marins nucléaires lanceurs d’engin. Ils coûtent, à l’unité, 120 millions d’euros.

« C’est une obscénité en ces temps de pandémie », selon la Fédération antinucléaire de Bretagne. « Cette reprise des essais est en contradiction totale avec le Traité de Non-Prolifération qui reconnaît que certains Etats peuvent détenir l’arme nucléaire à condition que ceux-ci réalisent de « bonne foi » un processus de désarmement nucléaire », affirme l’association dans un communiqué. L’association rappelle également que, lors d’un essai en 2013, un missile avait explosé lors de son lancement, ce qui avait empêché la pratique de la pêche pendant plusieurs mois.

En opposition à cette campagne, les comités bretons du Mouvement de la Paix ont décidé d’organiser des piquets de protestation et des « pique-niques pour la paix » à Nantes, Rennes, Lannion, Saint Malo, Penmarc’h et Morlaix. Les ONG anti nucléaire espèrent voir ces initiatives essaimer partout en France afin d’inciter le gouvernement à « inverser ses priorités en faveur des urgences sanitaires et environnementales », et non en faveur des armes nucléaires.

 

9 juin 2020

 

 

 

La PMA pour toutes, une urgence absolue

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Adoptée en première lecture en octobre 2019 à l’Assemblée Nationale, puis en février 2020 au Sénat, la loi bioéthique étendant la PMA à toutes les femmes, qui devait être votée définitivement avant l’été, est une énième fois reportée. Les reports répétés depuis 2012 malgré les promesses successives sont scandaleux et discriminatoires envers les femmes lesbiennes et les femmes célibataires.

La PMA pour toutes est un enjeu fondamental qui ne peut continuer à être reporté à une date inconnue.

Si la crise sanitaire a obligé les responsables politiques à revoir le calendrier de réformes, le report de cette avancée législative s’inscrit dans un continuum de violences et de mépris envers les femmes lesbiennes, et nie les réalités dans lesquelles se trouvent des milliers de femmes. C’est un recul supplémentaire de plus en cette période où le Covid-19 et le confinement ont déjà eu pour effet d’accentuer les inégalités femmes/hommes. L’augmentation des violences masculines contre les femmes et les filles, l’épuisement des mères confinées, les salaires notoirement insuffisants des infirmières et aides-soignantes pourtant en première ligne dans la lutte contre le virus sont autant de réalités indiscutables.

En 2020 , les femmes lesbiennes et célibataires sont toujours exclues du parcours PMA, contraintes alors de prendre des risques élevés pour fonder une famille (automédication, insémination artisanale, PMA faite à l’étranger, etc..). Depuis 2012, on nous promet l’égalité. S’il s’agit d’une « loi aussi importante » comme l’a souligné Gilles Le Gendre, pourquoi ne pas l’adopter le plus rapidement possible ? Il y a urgence !

Plus que jamais les ONG féministes sont aux côtés des femmes lesbiennes et célibataires et se battent en faveur de l’égalité ! Nous exigeons que la loi bioéthique soit inscrite à l’agenda parlementaire sans attendre et qu’elle soit votée le plus rapidement !

Paris, le 6 juin 2020

 

 

Un million d’euros pour lutter contre les féminicides !

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Les Grands Prix de la Fondation des Femmes récompensent 20 projets visant à diminuer le nombre de féminicides en France. Les dotations totalisent un million d’euros issu de la générosité du public.

Les projets lauréats se répartissent en 5 catégories définies avec le Conseil Scientifique de la Fondation des Femmes, composé d’associations de terrain à même d’évaluer les besoins les plus criants en France. Les projets ont été sélectionnés -parmi 120 projets- par le COMEX de la Fondation des Femmes sous égide de la Fondation de France le 10 avril dernier.

Parmi les projets lauréats dans les 5 axes :

1/ le soutien aux numéros d’écoute, tchat et autres solutions permettant de répondre aux femmes victimes et aux témoins tels que la ligne d’écoute Violences Femmes Handicapées de l’association FDFA ;

2/ l’aide à la création de nouvelles Maisons des femmes, sur le modèle de la Maison des Femmes de Saint-Denis, lieux d’accueil uniques d’orientation et d’accompagnement des femmes victimes qui seront situés à Brives la Gaillarde, Paris, Versailles et Strasbourg ;

3/ le soutien aux innovations en faveur de la protection des victimes : avec le financement d’un projet pilote de lutte contre les cyberviolences conjugales en Seine Saint Denis ou l’application APP-Elles ;

4/ le soutien à la prévention des violences tel que celui de l’association Filactions pour son projet de sensibilisation des jeunes en milieu rural ;

5/ l’accompagnement des femmes victimes de violences tel que le projet d’accompagnement psychologique du psychotraumatisme des femmes et des enfants victimes de violences conjugales porté par l’association Elle’s imagine’nt.

 

« Mieux conseillées, mieux accompagnées, mieux protégées, les femmes peuvent partir, se défendre et se reconstruire. Mieux sensibiliser les générations futures c’est aussi éviter que les mêmes schémas se reproduisent. Mais il n’est pas possible de vider un océan de violences à la petite cuillère. Les moyens financiers dédiés aux associations sont une partie essentielle de la solution pour mettre un terme aux violences faites aux femmes ». Anne-Cécile Mailfert, Présidente de la Fondation des Femmes.

Ces Grands Prix sont le résultat d’un engagement fort de la Fondation tout au long de l’année 2019, qui a été marquée par un nombre record de féminicides. L’action de la Fondation, aux côtés des familles et proches de victimes de féminicides et des associations a permis une prise de conscience de l’urgence d’attribuer des moyens supplémentaires. Ainsi en 2020, 81% des français.es considèrent que les féminicides ne sont pas une fatalité, selon le baromètre « Priorités Femmes » réalisé par l’Institut Kantar pour la Fondation des Femmes publié le 6 mars 2020.

Cette mobilisation citoyenne aura permis de collecter ce million d’euros dans le cadre de différentes campagnes et évènements comme la Nuit des Relais. La Fondation remercie ses donateurs.trices et mécènes.

Décalée pour cause de crise sanitaire, la cérémonie de remise de prix aura lieu à la rentrée 2020.

Paris, le 2 juin 2020

Ukraine : des bébés « stockés » par des sociétés sans autorisation légale de tutelle de mineurs.

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En Ukraine, comme l’ont révélé presse et média sociaux, des centaines de bébés sont bloqués en raison des mesures sanitaires contre la pandémie. Mais le coup de projecteur donné aux bébés nés de mères porteuses en Ukraine ne doit pas faire oublier tous ceux qui sont également retenus en Géorgie, aux Etats-Unis, en Inde et partout où la Gestation pour Autrui est pratiquée.

Il est clair  que cette situation critique a été engendrée par des lois permissives en matière de maternité de substitution ainsi que par l’absence de contrôles publics sur ce type d’activité, que ce soit les cliniques, les juristes et les intermédiaires qui la pratiquent ou y contribuent. Cette crise est révélatrice des méfaits provoqués par le recours à la maternité de substitution, plus visibles encore à l’échelle transnationale.

Dès le début de la pandémie des initiatives en Espagne ont alerté pouvoirs publics et organisations internationales. En Italie, une dizaine d’associations en ont appelé à leur ambassadeur en Ukraine tandis que, en tant que Coalition Internationale pour l’Abolition de la Maternité de Substitution, nous avons interpellé le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Depuis, le défenseur ukrainien des droits de l’enfant, Mykola Kuleba, a fait oeuvre de vérité en déclarant que la maternité de substitution en Ukraine viole les droits des enfants et que la commercialisation et l’accès à un tel « service » en Ukraine favorisent la vente incontrôlée d’enfants ukrainiens à l’étranger. Il estime que l’Ukraine est devenue une boutique internationale en ligne pour l’acquisition de bébés et reconnaît qu’ils ne savent pas combien d’enfants l’Ukraine « livre » de cette manière. Il a souligné qu’aucun Etat n’est obligé de « fournir » un enfant à une famille, en particulier à une famille étrangère, ajoutant que pour lui, la maternité de substitution relève de l’exploitation des femmes par le biais de rémunérations octroyées par des entreprises privées pour répondre aux besoins d’adultes.

La commissaire aux droits humains du Parlement ukrainien, Liudmyla Denisova, reconnaît de son côté que l’Etat ne prend pas toute les mesures appropriées pour protéger les droits et la dignité des enfants, tandis que l’Ukraine devient un pays fournisseur pour les étrangers, donnant naissance à des enfants dont elle ne peut contrôler le sort. Elle a en outre déclaré que la maternité de substitution en Ukraine est un problème qui nécessite une réponse globale et immédiate.

On peut espérer que ces prises de conscience officielles conduiront à l’interdiction du recours à la maternité de substitution en Ukraine comme ce fut le cas dans d’autres pays qui, à la suite de scandales retentissants, en ont interdit la pratique.

Mais les images glaçantes venues d’Ukraine ne montrent qu’une infime partie du problème des enfants nés de mères porteuses. Car nulle part ces enfants ne sont protégés par l’Etat sur le territoire duquel ils sont nés. Partout, des solutions de fortune sont improvisées : mères porteuses qui accueillent les enfants dans leur propre famille, en attendant que les commanditaires les récupèrent ; cliniques qui s’improvisent pouponnières pour des enfants qui n’ont pas de papiers, pas d’assurance médicale ni de statut.

La maternité de substitution commerciale relève de la vente d’enfant, selon la définition des Nations Unies : un enfant est donné pour de l’argent.

Les enfants comme tous les êtres humains, ont le droit d’être protégés. Tout d’abord, contre le marché. Or, la maternité de substitution est un marché.

Est-ce « dans l’intérêt supérieur de l’enfant » que de laisser ces nouveau-nés aux mains de marchands.

 

La Coalition Internationale pour l’Abolition de la Maternité de Substitution

(dont la Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté fait partie)

 

 

 

Virus et guerre : stop aux manoeuvres de l’OTAN en Europe

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Texte de la pétition internationale pour l’arrêt des manoeuvres militaires de l’Otan.

Nous demandons l’annulation de tous les exercices militaires à grande échelle en Europe et ailleurs. Continuer à mener le plus grand ensemble de manoeuvres militaires en situation de guerre depuis 25 ans nuit à notre capacité de faire face à la crise du Coronavirus (Covid-19). Depuis la mer arctique le long de la frontière russe jusqu’en Géorgie, cet ensemble d’exercices simultanés sous les noms de « Defender 20 » en Europe centrale et orientale et « Aurora 20 » en Suède doit être arrêté en même temps que les exercices militaires qui se déroulent ailleurs.

L’exercice « Cold Response 2020 » en Norvège avec 14 000 soldats de Belgique, du Danemark, de France, des Pays-Bas, de Norvège, de Suède, du Royaume-Uni et des Etats-Unis a été annulé le 11 mars. Cela a été annoncé par le Lieutenant Général Rune Jakobsen, Chef du groupe opérationnel de l’Etat-major opérationnel commun, lors d’une conférence de presse. Il a déclaré : « Ce qui est nouveau depuis hier, c’est que le coronavirus est hors de contrôle dans la société. Nous voulons préserver la capacité de combat des forces armées afin de pouvoir soutenir la société dans la période complexe qui va suivre ». Cette réponse est arrivée tardivement. Alors que l’exercice avait déjà commencé, un soldat a été testé positif au Coronavirus le 5 mars. La Finlande a retiré ses soldats dès le 8 mars.

Le 10 mars, au moins deux hauts commandants militaires européens ont été positifs au coronavirus après avoir participé, avec d’autres hauts représentants militaires, à une conférence sur une base militaire américaine en Allemagne. Au cours de cette réunion, il a été question de la manière de protéger les soldats participant à « Defender Europe 20 » contre le coronavirus. Aucune décision n’a été prise.

Des pays comme la Chine, Singapour et la Corée du Sud montrent qu’il est possible d’arrêter la croissance du nombre de personnes infectées par le coronavirus en agissant rapidement et de manière décisive. Malheureusement, l’Italie et certains autres pays n’ont pas agi. Aujourd’hui, la Chine aide l’Italie en envoyant des experts médicaux et en offrant 10 000 dispositifs de ventilation pulmonaire, 2 millions de masques faciaux et    20 000 combinaisons de protection. Ce geste est accueilli avec gratitude en Italie, les membres de l’UE n’ayant pas répondu à la demande d’aide urgente de ce pays.

Nous appelons à un changement dans la manière dont l’Europe et les autres pays du monde abordent la question de la vulnérabilité. Plutôt que de lancer une course aux armements et de mettre en avant des images de « l’ennemi », nous estimons qu’il est nécessaire de coopérer par-delà les frontières. Nous avons besoin de paix et de bien-être pour faire face aux menaces communes qui pèsent sur notre santé, notre sécurité sociale et l’environnement mondial. Ne pas faire comme les dirigeants des Etats occidentaux présents aux conférences de Munich sur la sécurité qui font de la Chine et de la Russie leurs adversaires.

Les exercices à grande échelle rassemblant des dizaines de milliers de soldats de différents pays dans le cadre d’une augmentation drastique des dépenses militaires montrent à quel point les politiques actuelles sont déconnectées des réalités d’aujourd’hui. Ces exercices ne constituent pas seulement une menace immédiate en termes de risque de diffusion du coronavirus, mais aussi une mauvaise utilisation de nos ressources communes pour faire face aux problèmes du monde actuel. Ce dont nous avons besoin, ce n’est pas d’une nouvelle escalade et d’une polarisation entre l’Ouest et l’Est, mais de la prise en compte des préoccupations sociales, sanitaires et environnementales qui sont importantes pour l’ensemble de l’humanité.

 

C’est pourquoi nous disons :

-arrêter « Defender 20 », « Aurora 20 » et les autres exercices militaires à grande échelle en Europe et ailleurs,

-mettre fin au réarmement et investir dans la paix, le bien-être, la santé et l’environnement.

 

Le Mouvement de la Paix   mars 2020

 

 

 

 

 

2020 5ème Marche Mondiale des Femmes

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Forum Féministe National à Toulouse les 18-19-20 septembre 2020

 

Tous les 5 ans depuis l’année 2000, des féministes du monde entier, sous l’impulsion de la Marche Mondiale des Femmes, unissent leurs forces, du 8 mars au 17 octobre, pour marcher ensemble avec l’objectif commun de construire un monde basé sur la Paix, la Justice, l’Egalité, la Liberté et la Solidarité.

Notre slogan pour cette année 2020 sera : Nous résistons pour vivre, nous luttons pour exister !

Avec ce slogan, des femmes des 58 pays où la Marche Mondiale des Femmes est présente,  s’organiseront pour continuer à dénoncer les causes qui oppriment et discriminent les femmes dans le monde entier ; pour identifier les menaces dont souffrent les femmes dans chaque continent ; pour construire collectivement les alternatives nécessaires pour un monde plus juste et plus égalitaire.

Ainsi, les étapes  -française, européenne et mondiale-  nous permettront cette mise en commun.

Pendant le Forum français, nous échangerons sur : l’écoféminisme, les violences contre les femmes ; le refus de la marchandisation de nos corps ; la situation des femmes dans la migration ; le pouvoir des transnationales et nos réponses ; l’autonomie financière ; et de bien d’autres choses encore : le programme est en cours.

 

Les 18, 19 et 20 septembre : Forum féministe à Toulouse,

Le 27 septembre : marche abolitionniste à Madrid

Les 17 et 18 octobre : clôture de l’action pour un monde sans frontières à Vintimille avec les féministes européennes ; et sur les frontières entre le Guatemala, le Honduras et le Salvador avec des féministes du monde entier.

 

 

La WILPF a 105 ans aujourd’hui le 28 avril 2020 !

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Joyeux anniversaire à WILPF !

La WILPF fait partie d’un Consortium féministe de  5 organisations qui ont récemment formé le consortium FIRE (Feminist Impact for Rights and Equality Consortium) pour servir d’accélérateur à la réalisation d’une vision féministe de la paix et de la sécurité.et pour mettre en évidence le besoin urgent de repenser radicalement notre avenir, changer de façon transformatrice -et durable-.

Ces 5 éminentes organisations féministes sont  Kvinna till Kvinna Foundation, MADRE, medica mondiale, Nobel Women’s Initiative et Women’s International League for Peace and Liberté (WILPF).

Elles  ont publié un ensemble de principes féministes  pour servir de base à la négociation, la conception et la mise en oeuvre de cessez-le-feu significatifs :

-Assurer la pleine participation effective et conséquente des femmes et des groupes de la société civile,

-Entendre et agir sur les priorités sociales, économiques et humanitaires,

-Accorder la priorité à un accès urgent et complet et non discriminatoire aux services pour les survivants,

-s’engager à élaborer des mesures pratiques pour assurer la durabilité du cessez-le-feu.

-Réaffecter les dépenses militaires pour financer les efforts menés par la société civile locale pour ouvrir la voie à la relance, à la réconciliation et à la reconstruction de l’Impact Féministe pour les Droits et l’Egalité.

 

« Pour réussir dans cette ambition, le cessez-le-feu mondial doit prendre en compte une perspective féministe » déclarent les membres du collectif féministe FIRE

Ces principes sont une réponse directe au Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qui, le 23 mars 2020,  a lancé un appel en faveur d’un cessez-le-feu mondial en réponse à la pandémie de Covid-19.

« Le cessez-le-feu mondial représente un moyen important de prévenir la propagation du coronavirus et d’atténuer ses impacts. Plus que cela, il présente une occasion importante de créer une paix durable dans les régions touchées par les conflits ».

 

Nous pouvons agir pour un avenir de paix durable, même pendant Covid-19.

 Prévenir, combattre et documenter la violence domestique est l’un des problèmes sur lesquels nous nous concentrons.  Avant Covid-19, la violence domestique était déjà une urgence. Et maintenant, sous Covid-19, les blocages imposés ont conduit à un risque accru de violence au sein de la maison.

24 heures d’action de solidarité féministe contre les sociétés transnationales 24 avril 2020

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Camarades, compagnes, soeurs, à travers le monde !

Salutations féministes et en toute solidarité en cette période spéciale et unique de nos vies, marquée par la distance et l’isolement entre nous et les personnes que nous aimons. Si les soins et la chaleur humaine ont toujours été des éléments importants dans la vie, aujourd’hui, la distance qui nous sépare est une condition pour protéger et maintenir la vie. Cela nous amène à nous demander : comment les femmes, leurs familles et leurs communautés survivent-elles à cette pandémie de coronavirus, si patriarcale, capitaliste et raciste ? Combien de temps resterons-nous conditionnés à cette réalité ? Et quels sont les changements qui sont nécessaires de toute urgence pour transformer nos sociétés et surmonter ce système qui provoque la mort, la maladie et la guerre ?

Dans ce contexte d’isolement social,  dans de nombreux territoires nous construisons les 24 heures de solidarité et d’action féministe contre le pouvoir et l’impunité des sociétés transnationales,  dans le cadre de la 5ème action internationale de la Marche Mondiale des Femmes. Nous ne savons pas quand ni comment cette situation va se terminer, mais nous comprenons que c’est un moment très important pour élargir notre analyse politique, renforcer notre construction en tant que mouvement féministe international et faire avancer nos alternatives à ce système.

Le 24 avril, nous nous sommes engagés à nous unir, en ligne, dans le monde entier pour dénoncer l’impact des sociétés transnationales qui exploitent et détruisent la vie des femmes. Nous retiendrons des milliers de femmes qui sont mortes ou blessées à cause de l’effondrement du bâtiment Rana Plaza au Bangladesh, en 2013. A ce jour, les victimes et leurs familles n’ont toujours pas obtenu justice et les entreprises continuent d’exploiter les gens et les ressources naturelles pour plus de profit et de pouvoir.

Les sociétés transnationales accumulent aujourd’hui plus de ressources que de nombreux pays. Ils concentrent de plus en plus de richesses et de pouvoir et, dans le cadre de leurs activités, détruisent la nature, ils exproprient et expulsent les gens des lieux où ils ont toujours vécu. Les grands groupes économiques concentrent tous les bénéfices générés par l’extraction des matières premières à la production et à la distribution de biens et de services. Le pouvoir des entreprises continue d’être légitimé par les forces d’extrême droite au sein des gouvernements qui renforcent l’autoritarisme et la violence contre les populations dans les territoires du monde entier. La crise du coronavirus démontre les effets des inégalités sociales et économiques sur la vie des gens -et cela va s’intensifier dans un avenir proche.

En ce 24 avril, dans nos 24 heures d’action solidaire, nous réaffirmons notre résistance et notre confrontation avec les transnationales, protagonistes du capitalisme raciste et patriarcal ! Nous réaffirmons notre lutte pour une vie sans violence, dans toutes ses dimensions patriarcale, raciste et colonialiste, contre les femmes ! Nous rejetons l’agression et la spoliation des territoires, des corps et des communautés, la traite des êtres humains, l’exploitation sexuelle et les féminicides.

Nous disons non aux dettes, aux frontières et aux murs, qui attaquent et condamnent d’importants contingents de personnes, les expulsant de leurs territoires et leur refusant les droits fondamentaux au logement, à la nourriture et à manifester, tout en encourageant toutes sortes de guerres. Nous rejetons les guerres, les sanctions économiques et les blocus, la militarisation et les armées transnationales, les outils de terreur, les viols et l’assassinat systématique des combattants sociaux.

Nous marchons pour transformer la société ! – Dans les 24 heures de Solidarité Féministe, nous devons rendre visibles les alternatives que nous avons déjà construit : dans les quartiers, dans les écoles, dans les champs, dans les rues et dans les réseaux…Aussi dans la construction de l’économie solidaire, dans l’agro-écologie, dans la souveraineté alimentaire, dans la communication populaire et dans le mouvement organisé lui-même de femmes qui soutiennent l’économie et qui, précisément pour cette raison, ont besoin de la transformer radicalement. Nos alternatives féministes sont une façon de présenter, à travers des pratiques concrètes, les possibilités de transformation. Nos alternatives servent à changer le monde et la vie des femmes dans le même mouvement.

L’économie ne peut pas être séparée de la politique, de la santé et de la vie. En ces temps de crise, l’économie féministe a beaucoup à nous apprendre : mettre la durabilité de la vie au centre de nos pratiques de résistance et de nos propositions de transformation. Nous sommes confrontés à la pandémie du coronavirus et à l’autoritarisme de nombreux gouvernements, et nous nous sommes fixé le défi de nous mobiliser tout en gardant la distance nécessaire à la prévention.

Nous résistons pour vivre, nous marchons pour transformer !

 

Marche Mondiale des Femmes – 5ème Action internationale 2020

 

 

 

 

 

 

 

 

L’Appel des écrivaines et universitaires : »Nous exigeons que tombent les égoïsmes nationaux »

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Dans une tribune au « Monde », un collectif d’écrivaines et d’universitaires européennes, parmi lesquelles Annie Ernaux, Elena Ferrante, Julia Kristeva ou Cristina Comencini, appellent les gouvernements à la solidarité et au respect des valeurs communes du continent lors de la reconstruction qui suivra nécessairement la pandémie de Covid-19.

Tribune. Depuis les maisons où nous sommes confinées, depuis ces maisons qui ont été pendant des siècles nos espaces de vie et de soins, ces maisons dans lesquelles nous revenons aujourd’hui après le travail pour nous occuper de nos familles, depuis ces maisons nous écrivons aux gouvernements et aux gouvernants de l’Europe.

Nous ne demandons pas, nous exigeons, face à cette tragédie qu’est la pandémie de Covid-19 qui nous frappe tous, que tombent les égoïsmes nationaux, que l’Europe se montre unie, solidaire et responsable. Les femmes ont toujours montré une grande force pour réagir et tenir ensemble les familles, les nourrir et les soigner. Elles l’ont montré lors de la dernière guerre mondiale, elles le montrent aujourd’hui, avec les hommes, pour affronter la pandémie : elles sont en effet engagées en masse dans les activités actuellement autorisées.

Nous voulons que la reconstruction se fasse selon les exigences et les valeurs inscrites dans notre histoire, dans nos expériences trop longtemps négligées. L’épidémie a remis au centre de nos vies les corps des personnes, la famille, les relations, la solitude, la santé, le rapport entre les générations, entre l’économie et l’humain. Si l’Europe réussit à faire face à ce choc, ce sera parce que ces valeurs, qui étaient principalement attribuées à la sphère « privée », deviennent ces jours-ci des valeurs publiques. Elles combattent la propagation de la maladie, elles sont -on l’espère- en train de gagner.

L’Europe doit se refonder sur ces valeurs, sur la force et les compétences des femmes, elle doit donner vie à un grand projet commun qui tienne compte de ces priorités. Dans les maisons, les femmes, séparées entre elles, sont unies dans cette volonté commune.

 

Signataires : Ursula Apitzsch, politologue et sociologue,  université de Francfort, Cornelia Goethe Centrum ; Bojana Bratic traductrice, Serbie ; Christina Comencini, écrivaine et réalisatrice, Italie ; Marcella Diemoz, physicienne, Institut national de physique nucléaire, Italie ; Dubravka Duric, poétesse et chercheuse, Serbie ; Annie Ernaux, écrivaine, France, Elena Ferrante, écrivaine, Italie ; Ute Gerhard, sociologue, université de Francfort ; Lena Inowlocki, sociologue, université de Francfort ; Julia Kristeva, linguiste, psychanalyste, philosophe et écrivaine, France ; Dacia Maraini, écrivaine, Italie ; Gertrude Moser-Wagner, artiste Autriche ; Laura Pugno, écrivaine, Italie ; Annalisa Rosselli, économiste, Académie des Lyncéens, Italie.

 

Report du FORUM GENERATION EGALITE : les associations françaises réagissent

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Alors que la communauté internationale est frappée de plein fouet par la pandémie de Covid-19, la France, le Mexique et ONU Femmes ont annoncé vendredi 10 avril 2020 le report du Forum Génération Egalité au premier semestre 2021.

Si ce report se justifie par des motifs sanitaires et sécuritaires impérieux, il ne peut conduire à un désengagement des Etats en matière de droits des femmes et des filles dans les agendas politiques internationaux et nationaux !

La pandémie de Covid-19, comme la plupart des crises sanitaires et humanitaires, a pour effet de mettre en lumière et d’exacerber les inégalités structurelles de nos sociétés, au premier rang desquelles les inégalités de genre. En plus d’être en première ligne face au virus, notamment en tant que professionnelles de la santé, les femmes et les filles sont davantage exposées aux risques de violences conjugales et intrafamiliales, et voient leur accès à la contraception et à l’avortement particulièrement limité.

Le Forum Génération Egalité, qui devait se dérouler en mai au Mexique et en juillet en France dans le cadre du 25ème anniversaire de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing, avait justement pour objectif de s’attaquer aux grands enjeux liés à l’égalité femmes-hommes et de faire progresser l’agenda international.

Nous devons poursuivre la mobilisation et garantir la prise d’engagements politiques et financiers ambitieux de la part des Etats.

Atteindre l’égalité femmes-hommes requiert à la fois une forte volonté politique et des moyens substantiels.

 

 

 

 

L’interruption volontaire de grossesse médicamenteuse à domicile jusqu’à neuf semaines

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La Haute autorité de santé autorise l’accès à l’interruption volontaire de grossesse médicamenteuse à domicile jusqu’à neuf semaines.

Alors que l’épidémie due au coronavirus met à l’épreuve notre système de santé, mobilisant toutes les forces des personnels hospitaliers dans la prise en charge des malades du Covid-19, mais contraignant l’accès à d’autres soins, la Haute autorité de santé  a donné son feu vert, jeudi 9 avril, pour étendre à 9 semaines contre 7 actuellement, l’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse à domicile. Une mesure qui permet d’assurer aux femmes une continuité de leur droit pendant l’épidémie de coronavirus.

Saisi en urgence la semaine dernière par le ministre des solidarités et de la santé sur cet allongement, la Haute autorité de santé justifie sa décision par « la nécessité de garantir le droit des femmes à l’IVG durant la période d’épidémie de Covid-19 en évitant autant que faire se peut d’aller en établissement de santé ».

 

Nouveau protocole médicamenteux

L’interruption volontaire de grossesse médicamenteuse, qui peut être prescrite par un médecin libéral, une sage-femme ou être réalisée à l’hôpital, est actuellement accessible jusqu’à  sept semaines d’aménorrhée (date des dernières règles) à domicile et neuf semaines en milieu hospitalier.

Pour étendre ce droit, la Haute autorité de santé définit un nouveau protocole médicamenteux associant la prise de deux molécules, validé par le Collège national des gynécologues et obstétriciens français et l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, précise la Haute autorité dans un communiqué.

Elle insiste en outre sur la nécessité de prévenir la douleur en prescrivant du paracétamol associé à l’opium ou à la codéine au lieu de l’ibuprofène, et d’éviter dans la mesure du possible que la femme ne soit seule à domicile.

Plusieurs associations s’étaient récemment inquiétées des difficultés d’accès à l’interruption volontaire de grossesse, s’alarmant que des femmes dépassent le délai légal autorisé. Dans une tribune publiée le 31 mars dans Le Monde, plus d’une centaine de professionnels  de l’IVG appelaient à des mesures d’urgence, se disant prêts à défier la loi pour « protéger les droits des femmes et (..) maintenir l’accès à l’avortement ».

Plusieurs professionnelles de l’IVG expliquaient avoir, dès le début de l’épidémie, réorganisé la prise en charge des patientes, assurant que ces mesures n’étaient pas suffisantes si elles ne s’ajoutaient pas à un allongement du délai.

Depuis la semaine dernière les IVG médicamenteuses peuvent être prescrites et suivies entièrement par téléconsultation. Chaque année, quelque 220 000 avortements ont lieu en France. Environ un quart des IVG sont réalisées hors de l’hôpital.

 

 

 

Discours du Secrétaire Général des Nations-unies, Antonio Guterres, du 2 avril 2020

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COVID-19 : Signez l’Appel pour un cessez-le-feu mondial !

Le monde entier affronte aujourd’hui un ennemi commun : le COVID-19.

Le virus n’épargne aucune nationalité,  communauté ou religion. Il attaque tout le monde sur son passage, implacablement.

Pendant ce temps, les conflits armés continuent de faire rage dans le monde.

Ce sont les personnes les plus vulnérables -les femmes et les enfants, les personnes en situation de handicap, les personnes marginalisées et déplacées- qui paient le tribut le plus lourd.

Ces mêmes personnes courent également le plus grand risque de subir des pertes dévastatrices à cause du COVID-19.

N’oublions pas que dans les pays ravagés par la guerre, les systèmes de santé se sont effondrés.

Les professionnels de santé, qui étaient déjà peu nombreux, ont souvent été pris pour cibles.

Les réfugiés et toue les personnes déplacées par des conflits violents sont doublement vulnérables.

La furie avec laquelle s’abat le virus montre bien que se faire la guerre est une folie.

Mettons un terme au fléau de la guerre et luttons contre la maladie qui ravage notre monde.

C’est la raison pour laquelle j’appelle aujourd’hui à un cessez-le-feu immédiat, partout dans le monde.

L’heure est venue de laisser les conflits armés derrière nous pour concentrer nos efforts sur le véritable combat de nos vies.

A vous qui êtes en guerre, je dis :

Renoncez aux hostilités.

Laissez de côté la méfiance et l’animosité.

Posez les armes, faites taire les canons, mettez fin aux frappes aériennes.

C’est essentiel…

Pour pouvoir établir des couloirs d’aide humanitaire qui sauveront des vies.

Pour reprendre le dialogue et donner une chance à la diplomatie.

Pour ramener l’espoir dans certains des lieux les plus vulnérables face au COVID-19.

Inspirons-nous des coalitions qui prennent forme et des dialogues qui se nouent lentement entre des parties rivales pour permettre des approches conjointes face au COVID-19. Mais il faut en faire beaucoup plus.

Mettons un terme au fléau de la guerre et luttons contre la maladie qui ravage notre monde.

Cela commence par l’arrêt des combats. Partout. Tout de suite.

C’est ce dont nous tous, membres de la famille humaine, avons besoin. Aujourd’hui plus que jamais.

 

 

 

 

 

 

Confinement et femmes victimes de violences conjugales

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La période de crise que nous connaissons et le confinement à domicile peuvent hélas générer un terreau propice aux violences conjugales. La Secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations mobilise et partage des informations afin de protéger et soutenir au mieux les femmes qui en sont victimes.

. La situation des centres d’hébergements d’urgence des femmes victimes de violences conjugales est une préoccupation majeure de la secrétaire d’Etat. Pour respecter les consignes de limiter les déplacements, sa visite au FIT, une Femme un Toit prévue initialement a été annulée. Elle a demandé département par département aux services des droits des femmes en préfectures des remontées sur la situation des centres, leur équipement, la mise en oeuvre des mesures barrières, et l’organisation de « l’école à la maison » pour les enfants hébergés avec leurs mères.

.En lien avec le Ministre chargé de la Ville et du Logement, la Secrétaire d’Etat a demandé que les accueils de nouvelles femmes puissent se poursuivre dans le respect des mesures barrières.

. Par ailleurs,  particulièrement en cette période, la Secrétaire d’Etat rappelle à tous les professionnel.les que l’éviction du conjoint violente doit être la règle. Dès aujourd’hui, les juridictions sont fermées pour éviter la propagation du virus mais la Garde des Sceaux maintient les services qui assurent le traitement des contentieux essentiels et notamment les affaires de violences conjugales (ordonnances de protection, audiences correctionnelles pour les mesures de détention provisoire et de contrôle judiciaire, présentations devant la/le juge d’instruction et le juge de la liberté et de la détention, permanences du parquet, procédures d’urgence devant le juge civil notamment pour l’éviction du conjoint violent…).

.Nous rappelons avec le Ministre de l’Intérieur que la plateforme arretonsles violences.gouv.fr est toujours active et est le canal à privilégier avec le 17 en cas de violences. Elle remercie les policières et policiers et gendarmes formé.es sur les violences sexistes et sexuelles mobilisés 24h/24h via cette plateforme même en cette période pour protéger les femmes.

.Les activités des 1630 associations financées par l’Etat sont limitées pour protéger les salarié.es, les bénévoles et les personnes accompagnées du virus. Le site du CIDFF reste actif. L’activité du numéro 3919 sera maintenue mais réduite cette semaine pour protéger au mieux les écoutantes du virus et respecter les consignes. Un point d’étape spécifique sur le 3919 sera fait avec la Fédération nationale solidarités femmes en format « conférence téléphonique » dès mercredi afin d’étudier les possibilités de maintien de la ligne ouverte mais rappelons le, le 17 doit être privilégié en cas d’urgence.

.Pour toutes les associations de défense et protection des femmes et les professionnel.les de lutte contre les violences conjugales, la ministre et son cabinet répondent aux questions et propositions par mail à sec.amandine.pasquier@pm.gouv.fr

La période que nous traversons met à l’épreuve notre capacité à nous montrer solidaires ; elle appelle aussi une responsabilité de chacun.e à se maîtriser face à ses propres accès de violences et à agir avec autant de calme que possible, sans s’en prendre aux personnes avec qui l’on partage un même espace de vie.

 

Secrétariat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations

 

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Les femmes sont en première ligne !

Mis en avant

La sénatrice de l’Oise et ancienne ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes Laurence Rossignol songe aux femmes et aux enfants, entre huis clos familiaux et professions exposées :

La période de crise que nous connaissons due à la pandémie du Covid-19 et le confinement à domicile peuvent hélas générer un terreau propice aux violences conjugales.

A court terme, je crains des tensions fortes sur les femmes, une fatigue physique, psychologique. Bon nombre de femmes, en famille monoparentale ou toutes celles chez qui le partage des tâches n’est pas très avancé, cumulent déjà leur travail et des responsabilités familiales. Et là, elles vont continuer à le faire dans des conditions encore plus difficiles.  Il faut être vigilant à la résistance de ces femmes qui vont être au feu. Ce sont souvent elles qui font les métiers du soin, d’aide à domicile, d’aide à la personne….Tout va reposer sur leurs épaules. Le fait que les enfants n’aillent pas à l’école ajoute de la charge. Parfois, elles sont malades du Covid, dont l’un des symptômes le plus communément partagé est une grande fatigue, et elles doivent assumer leurs enfants. On a raison de parler des personnes âgées ainsi il faut aussi penser aux familles monoparentales. Elles ont besoin d’être aidées. Je propose qu’en cas d’activités professionnelle maintenue, leurs enfants, puissent être accueillis comme ceux des soignants. Dans cette lutte contre le coronavirus, ce sont les femmes qui sont en première ligne. Le télétravail, ce n’est ni pour les caissières, ni pour les auxiliaires de vie. Il faut que tout le monde ait conscience de cela.

Le confinement est aussi un terreau propice aux violences conjugales…je suis inquiète pour les effets en termes de tensions au sein de la cellule familiale et d’exposition aux violences. Cela est valable pour les femmes comme pour les enfants. La preuve, en Chine où le confinement a produit une augmentation significative du nombre de divorces. L’absence de vie sociale, c’est aussi autant d’isolement supplémentaire pour les femmes victimes de violences. Pour les enfants, il y a une grande inégalité sociale. Quand vous avez trois enfants, une grande maison avec un jardin, ce n’est pas un appartement de 50 m2. Je voyais l’autre jour quelqu’un tweeter une « Charte et devoirs du confinement »…Bon, ça, c’est formidable dans les milieux CSP++. Dans d’autres milieux, c’est plus compliqué, pour le suivi scolaire également.

Attendez-vous toujours une réponse concernant votre amendement sur la prolongation de 2 semaines de l’accès à l’IVG ?

Les frontières sont fermées, les femmes ne peuvent pas partir aux Pays-Bas. En France, les services hospitaliers sont tendus. Des obstétriciens m’ont donc alertée sur leur besoin d’allonger le délai d’IVG. Sinon, ils devraient refuser les femmes ou se mettre dans l’illégalité. Je demande aussi qu’on supprime l’exigence d’une deuxième consultation pour les mineures. Malheureusement, le gouvernement refuse d’admettre qu’il y a un problème.

Quelles sont vos inquiétudes sur le plus long terme ?

On a tous en tête la phrase de Simone de Beauvoir : N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Les femmes, dans des moments comme cela, sont ramenées à leurs tâches ancestrales : s’occuper des malades, s’occuper des enfants et s’occuper de la maison. Il ne faut pas que ça s’installe. Et à la maison, il faut que les tâches soient partagées, c’est le moment.

 

Interview  dans le quotidien de l’Oise   La Montagne    du 22 mars 2020

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SOEURS HUMAINES !

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Toutes ces pierres et tous ces grains

Ces visages tourmentés

Toutes ces femmes au regard fier

Que j’ai croisées

Mon coeur bat à l’unisson

De mes soeurs humaines

Dans cet âpre combat

Elles s’insurgent par milliers

Belles et ardentes

Passionnées

 

Et se lève

L’armée des femmes

L’armée des mères

Pour écraser la haine

Et éteindre les guerres

Femme, bats-toi

Femme, bats toi

Secoue le joug de la neige

Tes enfants te suivront

Dans le sillage des airs

Et demain la terre

Refusera ses chaînes

Femme, bats-toi

Les hommes répandent le sang et la haine, et la guerre

Et tu portes la vie, ils ont besoin de toi, ils ont construit l’enfer.

 

Dana LANG, poétesse

artiste internationale, ambassadrice de paix

 

FEMMES, PAIX ET SECURITE

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Déclaration de la Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté à la 64ème Session de la Commission de la Condition de la Femme 2020, des Nations Unies à New-York.

2020 est censé être un moment de célébration  : célébration de l’anniversaire du Programme d’action de Pékin, du 20ème anniversaire de la Résolution 1325. Cela aurait dû être : paroles prononcées, actes accomplis. Paix et égalité réalisées entre les peuples et entre les nations. Le monde a ainsi permis de travailler ensemble pour trier notre plus grande menace : la dégradation de l’environnement et le changement climatique – la fin de la terre telle que nous la connaissons.

Si le programme d’action  de Beijing avait été traduite en loi nous aurions une raison de célébrer. Si le programme pour les femmes, la paix et la sécurité avait tenu sa promesse, il y aurait un changement pour nous tous. Si la société comprenait l’importance et la signification du genre, nous vivrions dans un monde différent.

Ce n’est pas arrivé ! Nous savons où nous en sommes et nous savons pourquoi. C’est en effet exactement ce que la Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté (WILPF) a déclaré il y a plus de 105 ans : les inégalités se poursuivent et s’accentuent entre les personnes -le 1% augmentant leur possession des ressources mondiales, la disparité persiste entre les nations ; le militarisme comme mode de pensée continue de dominer le discours sur la sécurité ; le commerce des armes alimente ce qui précède ; et le système économique néolibéral le garantit. Ajoutez à cela notre construction binaire du genre, et nous arriverons à 2020 sans grand chose à célébrer.

Nous devons prendre des mesures urgentes pour construire de nouvelles compréhensions et de nouveaux systèmes de sécurité humaine, de justice économique et de paix pour les peuples et la planète. Nous devons démolir la militarisation, le capitalisme et le patriarcat.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2017, le coût économique de la violence dans le monde était de 14,7 billions de dollars américains (12,4% du PIB mondial ou 1988 $ par personne). Le principal contributeur à ce coût était les dépenses militaires (37 %), suivies des dépenses internes de sécurité 27 % (police, judiciaire et pénitentiaire). C’est la militarisation qui déforme nos sociétés, étouffe les libertés civiles et détruit l’environnement, entravant souvent l’utilisation des terres et de l’eau en empoisonnant les ressources naturelles ou en bloquant physiquement l’accès aux ressources. Si nous utilisions l’argent dépensé pour la violence mondiale (pour laquelle la nomenclature est appelée à tort « sécurité »), nous pourrions, par exemple, réaliser les objectifs de développement durable (ODD). Pas un petit exploit. Ajoutez à cela ce que nous pourrions faire avec les 7 à 10 billions de dollars dans les paradis fiscaux, et le monde serait en effet différent.

Le système militaire est lié aux inégalités de classe du capitalisme et à la domination raciste de certaines nations et groupes ethniques par d’autres. Depuis 1980, le 1% supérieur de la population a enregistré une croissance du revenu mondiale deux fois plus élevée que les 50% les plus pauvres. De grandes quantités de richesses sont passées du secteur public au secteur privé dans tous les pays. L’exploitation mondiale des ressources naturelles a plus que triplé en 50 ans. Le monde est radicalement sur la bonne voie pour réaliser l’Accord de Paris sur le changement climatique. Avec cette trajectoire, les cibles des objectifs de développement durable ne seront pas atteintes. Autre mauvaise nouvelle : selon le rapport 2018 du Global Economic Gap du World Economic Forum (WEF), au rythme actuel, il faudra 108 ans pour combler l’écart mondial entre les sexes et 202 ans pour atteindre la parité économique entre les sexes.

Comment apportons-nous les changements nécessaires ? Et si nous repensions notre économie politique -du ménage à la communauté en passant par le système multilatéral- pour que tout ce que nous faisons soit axé sur la prévention des conflits, en facilitant la juste redistribution des ressources pour le plus grand nombre plutôt que l’accumulation de richesses pour le petit nombre, et assurer la durabilité environnementale ?

Et qu’est-ce qui se passerait si :

. nous sommes passés de la sécurité militarisée à la sécurité humaine ?

.en redéfinissant la sécurité, nous avons éliminé les armes nucléaires et le commerce des armes ?

. chaque pays avait un ministère de la paix et cela fonctionnait pour la paix au niveau national et international ?

. nous avons supprimé la construction de normes de genre et mis fin au binaire de genre ?

. chaque femme pouvait vivre et travailler, confiante en sa sécurité et libre de participer à ses communautés sans violence ?

.les acteurs économiques ont promu la réalisation des droits sociaux et économiques et ont travaillé dans les limites des ressources de la planète, et les cadres réglementaires ont-ils veillé à ce qu’ils le fassent ?

.les gouvernements ont-ils écourté les données scientifiques sur la crise climatique et y ont-ils donné suite ?

.l’ONU a fonctionné, était cohérent et le Conseil de sécurité a-t-il réellement soutenu et respecté la Charte travaillant pour le peuple et non pour les puissants ?

 

 

 

 

 

STOP AU TABOU : l’IVG, un protocole méconnu, un droit qui ne fait pas l’unanimité

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Une femme sur trois a recours à une IVG ou plus dans sa vie. Quel est le protocole de l’IVG ? Où se rendre ? Comment faire ? Autant de questions que se posent les femmes. Le droit à l’IVG pour toutes, obtenu il y a 45 ans, reste aujourd’hui un acte médical « tabou » dont les difficultés d’accès limitent parfois sa pratique.

Pour commencer, la femme doit se rendre à une première consultation médicale pour annoncer son souhait d’avoir recours à une IVG. Elle y reçoit l’ensemble des informations sur les différentes méthodes (instrumentale et médicamenteuse), les structures qui la pratiquent, les risques et effets secondaires possibles. Un.e docteur.e, un sage-femme ou un.e conseillère conjugale et familiale doit lui proposer un entretien psychosocial  (facultatif pour les majeures mais obligatoire pour les mineures). A la suite de cet entretien, elle doit respecter un délai de 48 h avant de remettre son consentement par écrit si elle est mineure. Ce délai ne s’impose pas à la personne majeure qui donne son consentement à/au docteur.e ou à la sage-femme dès qu’elle le souhaite, indiquant la méthode et le lieu choisi pour la réalisation de l’IVG.

L’ensemble des frais liés à l’IVG est remboursé à 100 % par l’assurance maladie.

 

Méthode instrumentale ou méthode médicamenteuse ?

La méthode instrumentale se pratique jusqu’à 14 semaines d’aménorrhée. Elle est réalisée par un.e docteur.e qui va, à l’aide d’instruments dédiés, dilater le col utérin afin d’y insérer une canule permettant d’aspirer la grossesse à l’intérieur de l’utérus. Elle est pratiquée sous anesthésie locale ou générale dans un établissement de santé (hôpital, clinique) et depuis peu sous anesthésie locale uniquement, dans certains centres de santé habilités.

La méthode médicamenteuse, quant à elle, s’effectue en deux temps. Au cours d’un rendez-vous médical, la femme prend de la mifépristone pour préparer le col de l’utérus à l’interruption de grossesse. Entre 26h et 48h plus tard, 30 minutes avant la prise du misoprostol qui va provoquer des contractions utérines et l’expulsion de la grossesse, elle prend des antalgiques pour atténuer les douleurs liées aux contractions. Ces douleurs peuvent être comparables à celles des règles, cependant elles sont très variables d’une femme à l’autre. Les saignements surviennent, dans 60% des cas, environ 4h après la prise du misoprostol, et dans 40% des cas, dans les 24 à 72 heures qui suivent. Les saignements durent généralement une quinzaine de jours, ils diminuent progressivement. Durant la semaine qui suit l’IVG il est recommandé de ne pas utiliser de tampon, d’éviter de prendre des bains et d’aller à la piscine et d’éviter les pénétrations vaginales. Cette méthode est réalisée sans anesthésie sur prescription d’un.e médecin ou d’un.e sage-femme jusqu’à 7 à 9 semaines d’aménorrhée. Elle est proposée jusqu’à 7 semaines d’aménorrhée en ville par un Centre de Santé, un Centre de  Planification et d’Education Familiale, un.e médecin ou un.e sage-femme. Jusqu’à 7 semaines d’aménorrhée, l’IVG peut avoir lieu au domicile de la femme. Entre 7 et 9 semaines d’aménorrhée, l’IVG médicamenteuse a lieu dans un établissement de santé.

Après l’IVG, quelle que soit la méthode, la femme doit réaliser une visite de contrôle. Un entretien psychosocial facultatif lui sera proposé.

A tout moment de ses démarches, la femme peut aussi appeler le numéro national anonyme et gratuit « Sexualités-Contraception-IVG » : 0800 08 11 11. Les écoutantes du Planning Familial proposent : écoute, information et orientation sur toutes les questions liées à l’IVG.

 

Les chiffres de l’IVG en France

On note une croissance importante du recours à l’IVG médicamenteuse entre 2001 et 2018. Si en 2001,  1/3 des IVG était médicamenteux, aujourd’hui les 2/3 le sont. En 2018, sur les 224 338 IVG réalisées en France, 69% étaient médicamenteuses.

Une femme sur trois a recours à au moins une IVG dans sa vie. Depuis les années 1990, les taux annuels d’IVG restent constants, s’élevant autour de 15 IVG pour 1000 femmes résidentes en France et âgées de 15 à 49 ans. Cependant de grandes inégalités de recours à l’IVG existent d’une région à l’autre.

En 2018, 75 % des IVG ont été pratiquées en milieu hospitalier, dont 67 % dans des établissements publics.

En France, un quart des IVG sont réalisées en Ile-de-France. En effet, l’Ile de France est une région qui possède une des plus importantes offres de soins, 28 % des conventions entre les praticien.nes libérales/libéraux, des  Centres de Planification et d’Education Familiale ou Centres de Santé sont établies en Ile de France. Fortement mobilisée, la région Ile de France fait partie d’un réseau régional de santé qui oeuvre à l’amélioration de l’accès à l’IVG, et à la contraception. Ce réseau s’engage à former davantage de professionnel.les, à améliorer les conditions d’accès et d’accueil à l’IVG, veille à la sécurité des soins et garantit la fiabilité et l’accessibilité des informations divulguées.

 

« Une déviance morale légale »

Même si cette année, on célèbre les 45 ans de la loi Veil, l’avortement reste perçu comme « une déviance morale légale » selon la sociologue Sophie Divay.

Une enquête réalisée en 2015 par l’Agence Régionale de Santé en Ile de France sur l’expérience de l’IVG, montre qu’un tiers des femmes témoigne de difficultés d’accès ou d’accompagnement. Parmi ces femmes, 15% déclarent avoir subi des pressions psychologiques de la part d’un.e professionnel.le de santé et 12% évoquent des commentaires inappropriés, voire culpabilisants.

Dans notre société où l’injonction à la maternité reste forte, la femme en demande d’IVG est souvent doublement culpabilisée lorsqu’elle approche la trentaine , et/ou vit en couple et/ou a un emploi stable.

Bien qu’une loi sur le délit d’entrave à l’IVG ait été votée en 1993 et étendue au numérique en 2017, les groupes anti-IVG restent actifs sur les réseaux sociaux et internet. C’est le cas par exemple du site ivg.net qui publie des articles alarmistes sur les risques liés à l’IVG, ou du compte Instagram : »IVG, vous hésitez ? » dont les publications telles : « tu me manques mon bébé » ou « désolée de t’avoir enlevé la vie » tentent d’influencer les femmes hésitantes face à leur choix.

 

 

Des barrières structurelles et des inégalités d’accès à l’IVG

Selon les sociologues Marie Mathieu et Lucile Ruault, la réalisation d’une IVG est un acte médical peu valorisé, voir techniquement réputé comme étant médiocre, peu rémunérateur et disqualifiant.

Par ailleurs, certain.es docteur.es abusent de leur clause de conscience notamment lorsque les femmes sont enceintes entre 12 et 14 semaines d’aménorrhée.

Entre 2007 et 2017, 8% des centres proposant l’IVG ont fermé. Ces fermetures ont eu des conséquences directes sur la surcharge de demandes auprès des autres établissements.

Parfois les temps d’attente pour une demande d’IVG peuvent conduire certaines femmes à dépasser le délai légal en France. Dans ces cas d’urgence, seules les femmes ayant les moyens financiers nécessaires peuvent avorter à l’étranger.

Dans certains établissements pratiquant l’IVG, le choix de la méthode (instrumentale/médicamenteuse) et/ou de l’anesthésie (locale ou générale) dans le cas de l’IVG instrumentale, n’est pas proposé. D’autres encore n’ont même pas de secrétariat dédié à l’IVG et/ou sont difficilement joignables et/ou enfreignent la loi en réclamant une autorisation parentale pour la réalisation d’une IVG pour une mineure.

Encore aujourd’hui, une partie des centres IVG dans les hôpitaux ne possèdent pas leur propre espace. Ainsi, lorsque les femmes se rendent dans les hôpitaux en vue d’avorter, elles sont contraintes de traverser les couloirs de la maternité ou de se rendre au « département mère-enfant ». La prise en charge à 100% du forfait IVG n’est pas toujours appliquée, notamment lorsque la personne concernée est sans papier ni couverture maladie.

 

Enquête réalisée entre septembre et novembre 2019 par Justine Poteau pour la Fédération Ile de France du Planning Familial

 

 

 

 

 

 

 

 

 

FIERES DE NOS TALENTS ET DES MOTS QUI LES DISENT !

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En avant-première du 8 mars 2020, 7 associations et les Editions iXe lancent la campagne FIERES DE NOS TALENTS ET DES MOTS QUI LES DISENT !

Car, au féminin, les noms qui désignent les activités longtemps monopolisées par les hommes continuent d’être mal aimés, ou distordus pour ressembler encore et toujours à des noms masculins.

Les 7 associations sont : Femmes et mathématiques, Femmes & Sciences, Femmes ingénieurs, Mnémosyne, Réussir l’Egalité Femmes-Hommes (REFH), Société Internationale pour l’Etude des Femmes de l’Ancien Régime (SIEFAR), Conférence permanente des chargé.es de mission Egalité Diversité (CPED).

Il s’agit d’une carte postale que l’on peut télécharger sur le site des Editions iXe pour les distribuer et dont le visuel est libre de droits : il peut circuler sur les réseaux sociaux (voir l’image ci-dessus).

 

Emmanuel Macron réaffirme l’engagement de la France dans la funeste course aux armements nucléaires

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Lors de son discours du 7 février 2020 à l’Ecole de guerre, le Président de la République Française Emmanuel Macron, en ne faisant aucune proposition concrète en faveur du désarmement nucléaire, en confirmant son rejet du Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires, en défendant une extension européenne des armes atomiques françaises, a en fait validé une nouvelle étape de la course aux armes nucléaires et de leur prolifération.

Il demande à participer aux négociations sur les forces nucléaires intermédiaires.

Par contre, il a franchi un pas très dangereux vers une nouvelle prolifération horizontale des armes nucléaires en défendant « la dimension authentiquement européenne des forces nucléaires françaises » et a appelé à des augmentations conséquentes des budgets militaires en Europe.

Il a hélas souligné que la dissuasion française s’intégrait parfaitement au concept stratégique de l’OTAN, alors que l’histoire récente montre que cette organisation illégale en termes de droit international, est un facteur d’insécurité et de reprise de la course aux armements y compris nucléaires.

Enfin, il a indiqué que l’utilisation de l’arme nucléaire française était possible, même en cas de menace non-nucléaire, en indiquant que la dissuasion s’adresse à « toute menace d’origine étatique contre nos intérêts vitaux, d’où qu’elle vienne et quelle qu’en soit la forme ».

Il a rajouté que pour préserver ses intérêts vitaux, la France pourrait être amenée à délivrer « un avertissement nucléaire, unique et non renouvelable ».

Finalement, le Président de la République, avec quelques variantes sémantiques par rapport aux discours habituels, a en fait confirmé la volonté de la France, exprimée dans la revue stratégique et la loi de programmation nucléaire, de poursuivre son programme de « modernisation » qui va conduire la France à dépenser de l’ordre de 100 milliards d’euros en 15 ans pour de nouvelles armes nucléaires et en particulier pour le renouvellement de la totalité de la FOST (force océanique stratégique) en violation du TNP.

Les armes atomiques sont illégales, inutiles militairement, dangereuses, coûteuses et moralement inadmissibles. La seule alternative à leur prolifération, c’est leur élimination pour éviter in fine l’apocalypse nucléaire.

Alors que partout dans  le monde, et depuis des mois en France, les exigences populaires s’expriment pour la paix, la justice sociale et la défense du climat, prévoir de consacrer des centaines de milliards d’euros pour de nouveaux armements nucléaires est irresponsable.

Le Mouvement de la paix entend porter les exigences de la grande majorité  des Français qui à 76 % demandent que la France s’engage dans le processus de désarmement nucléaire et à 67 % demandent que la France ratifie le traité d’interdiction des armes nucléaires (sondage IFOP/la Croix/Planète Paix de juin 2018).

C’est en effet à la population de réaffirmer avec force ses exigences afin de développer le débat, au coeur de la société française, durant les 3 mois précédant la conférence d’examen du TNP qui réunira à New York la quasi-totalité des Etats du monde en mai 2020.

 

extrait de la déclaration du Mouvement de la Paix, du 8 février 2020

 

 

 

 

 

 

La regrettée Claude RICHARD-MOLARD a servi toute sa vie dans l’activisme féministe et pacifiste à travers le monde.

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Née en 1922, Claude Richard-Molard a grandi à Grenoble avec ses parents Charles et Denise Westphal et ses frères et soeurs.

A l’arrivée de la seconde guerre mondiale, les Alpes entourant leur maison sont passées d’un paysage de beauté à un paysage de tension et d’hostilité. La Gestapo et la police française ont mené une politique de répression sévère et ont activement cherché à réduire les voies d’évacuation des Juifs vers la Suisse.

Malgré les immenses risques encourus, les parents de Claude Richard-Molard ont décidé d’aider à cacher les Juifs fuyant la persécution.  Claude Richard-Molard n’était qu’adolescente à cette époque. « Je n’oublierai jamais leur regard, j’avais honte pour mon pays…

Bien plus tard, quand Claude découvre dans le Monde la publication d’un dictionnaire des Justes, elle pense à ses parents. Elle appelle Yad Vashem, à Jérusalem, et tombe sur Lucien Lazare qui avait écrit un article intitulé : « Deux Justes : le roi du Danemark et le pasteur Westphal ». Ainsi, en 2005, Claude reçoit la fameuse médaille. Avec l’accord de ses cinq frères et soeurs, elle a donné cette médaille au Musée de la Résistance de Grenoble. « J’avais demandé qu’ils écrivent  » Médaille dédiée aux Justes inconnus » mais ils ont mis « Don de Madame Richard-Molard ».

Des années plus tard, en 1973, Claude rencontre lors d’une soirée organisée contre la guerre nucléaire, Françoise Giroud et le Général de Bollardière, Brice Lalonde et Jean-Marie Müller. Tous ensemble, ils ont un projet fou : organiser un meeting contre la bombe à Tahiti.

Dans ce but, ils créent l’Association des Français contre la Bombe. Cette rage des débuts ne l’a jamais quittée. Le lendemain de cette rencontre elle part écouter Michel Rocard parler du désarmement nucléaire à l’Assemblée nationale.

Claude était toujours en colère contre ces ministres de la Défense et leurs promesses jamais tenues sur l’indemnisation des irradiés du Pacifique et du Sahara, qui meurent dans l’indifférence.

Toute sa vie, elle a voyagé à la rencontre d’autres militants comme elle. Les violences survenues en Irlande du Nord dans les années 1970 l’ont profondément marquée. En août 1976, Claude Richard Molard a participé à une grande manifestation à Londres et s’est rapidement montré désireuse de faire partie du mouvement populaire Peace People.

« Je suis allée en Irlande du Nord soutenir ces femmes pacifistes, une catholique, une protestante qui, les premières, ont organisé une manifestation contre la guerre. Mairead Maguire (Mairead Corrigan) et Betty Williams sont devenues des amies proches. Elles ont reçu le prix Nobel de la Paix en 1976.

Claude garde précieusement les coupures de presse de l’époque, comme autant de traces de ses engagements : une photo du Sunday News en 1979 avec des militants pour la paix en Irlande.

Ces rencontres ne constituent que quelques-uns des nombreux moments d’activisme de la vie de Claude. Elle organisera un voyage pour protester contre la guerre au Vietnam, déposera sa candidature sur une liste « Choisir la cause des femmes » pour les législatives de 1978. Elle est à l’origine de la création de l’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) en 1982. Elle contribuera à la création de l’Africa Cooperative Action Trust au Swaziland en 1982, Elle deviendra un membre actif du parti des Verts français et deviendra Présidente de la Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté  (section française de la WILPF – Women’s International League for Peace and Freedom.

 

Son immense empathie pour la lutte des autres associée à un talent pour trouver son chemin devant tout obstacle, fait d’elle un excellent exemple de femme pour la paix.

 

 

 

Rencontres Luttes et résistance samedi 11 janvier 2020 à Voiron

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Contre les systèmes de domination, des rencontres ont eu lieu à Voiron, près de Grenoble avec plus de trente organisations qui ont présenté leurs actions.

Au programme :

le maintien de l’ordre : histoire, doctrines, fonction, perception..avec Aurélien Restelli doctorant en science politique à l’Université Versailles St Quentin travaille sur la conception des dispositifs de maintien de l’ordre et sur la chaîne de commandement,

et Guillaume Roux chercheur en sciences politiques à l’Université Grenoble Alpes, travaille sur la perception de la police, les quartiers populaires et la question raciale.

 

Des témoignages sur les violences policières, et un mur d’images qui a été projeté sur l’écran de la salle.

 

Ordre social, contrôle, neutralisation des contestations…quelle société ?

avec Olivier Razac, docteur en philosophie, auteur entre autres d’une « Histoire politique du barbelé », s’interroge sur le destin des sociétés de contrôle dans le monde contemporain.

Et une exposition de Luc Quinton « Des collages immédiats pour le monde ».

 

Ligue internationale des  Femmes pour la Paix et la Liberté – Grenoble

 

2020 : la révolution des femmes arrive !

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Dans vingt ans, nous regarderons en arrière et nous nous souviendrons de 2019 comme de l’année qui a ouvert la voie à la révolution des femmes. Et dans vingt ans, nous enseignerons aux enfants l’année 2019 comme l’année du soulèvement des femmes de tous horizons sociaux contre les structures patriarcales dans le monde, l’année au cours de laquelle des milliers de femmes en Suisse sont descendues dans la rue pour lutter contre les inégalités, l’année où les femmes au Liban ont mené une révolution nationale et l’année où les femmes au Chili ont composé une chanson qui est devenue internationale, se transformant en un hymne féministe mondial contre la violences sexuelle ?

 

Refléter le passé – planifier l’avenir

On ne sait pas encore si 2020 sera une année révolutionnaire, mais une chose est sûre : la révolution des femmes approche. Et bien que planifier la révolution soit une bonne chose, il est toujours bon de réfléchir sur les 12 derniers mois pour voir ce qui a laissé des traces, ce qui a fonctionné et ce qui n’a pas fonctionné…..

Alors que commence une nouvelle année, nous voulons prendre le temps de revivre les moments où nous sentions que rien ne pouvait nous empêcher de transformer notre monde en un lieu paisible et équitable pour tout le monde. Parce qu’à une époque où les femmes et les filles sont toujours privées de leurs droits humains, nous avons tendance à perdre de vue nos réalisations. Et, à la fin, nous devons nous rappeler que les structures sociales ne changent pas du jour au lendemain, il faudra peut-être une décennie pour qu’une révolution prenne effet.

105 ans d’activisme féministe radical au WILPF sont sur le point d’être célébrés en 2020. Pourtant, chaque année porte ses propres défis et succès. Avec plus de membres et de nouveaux groupes au Sri Lanka, au Togo, en Somalie et au Sénégal, la WILPF a continué de diffuser notre message de paix. Partout dans le monde, la WILPF a marché, chanté, manifesté et demandé la création d’un ordre économique et social qui réponde aux besoins de tous et pas seulement de quelques privilégiés.

Voici quelques exemples : sur la péninsule coréenne, la WILPF s’est associée à ses alliés pour exiger la fin de la guerre de Corée. En collaboration avec des partenaires, nous avons lancé le Programme Korea Peace Now dirigé par des femmes !,  soutenant les rassemblements et appelant les gouvernements à inclure les femmes dans le processus de paix. Sur le continent africain, nos soeurs ont atteint de nouveaux sommets participant aux processus de consolidation de la paix pour la paix et la stabilité nationales et continuant de renforcer le Programme Femmes, Paix et Sécurité en renforçant l’inclusion et la paix féministe. Des sections à travers l’Afrique et la région MENA ont travaillé dur pour pousser vers une interdiction des armes entièrement autonomes au nom de la Campagne pour arrêter les Robots Tueurs. Malgré les menaces et les contrecoups en matière de sécurité en 2019, nos membres en Asie du Sud ont continué de sensibiliser aux questions des droits humains des femmes telles que la violence domestique, le mariage des enfants et le harcèlement sexuel, et en appelant à la démilitarisation de la société et à l’investissement dans l’éducation, les soins de santé et la sécurité économique.

Dans les Amériques, nos membres ont soutenu les femmes touchées par les conflits et ont pris part à des mouvements nationaux pour s’opposer à la militarisation. Nos sections en Europe nous ont fait voyager dans le temps, nous rappelant les femmes visionnaires qui se sont réunies à Zurich en 1919 pour faire du monde un endroit plus juste et paisible et donner à notre mouvement le nom que nous portons encore 100 ans plus tard : Women’s International League for Peace and Freedom.

 

« S’ils ne vous donnent pas de siège à table, apportez une chaise pliante ».

Les droits des femmes sont des droits humains et c’est une devise par laquelle nous vivons et travaillons. Au cours des douze mois, nous avons passé des centaines d’heures à des réunions pour diffuser ce message et bien d’autres. Entre faire pression pour l’inclusion d’une analyse holistique de genre à la Cinquième Conférence des Etats parties (CSP5)au Traité sur le commerce des armes, accueillir et suivre des évènements à la 63ème session de la Commission de la condition de la femme (CSW63), faire des interventions auprès d’un grand groupe de femmes au Forum politique de haut niveau sur le développement durable et le CSNU 1325 +19, participant à l’examen de la CEDAW, lisant des déclarations lors des 40ème, 41ème et 42ème Conseils des droits de l’homme, assistant à  la COP25 et organisant des évènements pendant la Semaine des Femmes, de la Paix et de la Sécurité à New York.

La WILPF a participé à tous ces évènements pour s’assurer que nos voix soient  entendues et que nos besoins soient  vus ! Avec l’aide d’incroyables délégations, la WILPF a pu s’engager dans les processus de l’ONU, plaider pour la paix féministe et se connecter avec d’autres ONG féministes.

 

Faire grandir le mouvement – Aller de l’avant

Bien que beaucoup de choses aient changé au cours des 100 dernières années, notre analyse est restée essentiellement la même. Notre liste de « ce qu’il faut démanteler » comprend toujours le patriarcat, le militarisme et le néolibéralisme et, tout comme nos ancêtres l’ont fait il y a 100 ans, nous poursuivons toujours la vision de la justice économique et sociale pour tous. C’est pourquoi, en 2019, nous avons plaidé en faveur de l’adoption d’un traité sur les sociétés et les droits de l’homme avec la coalition féministe #Feminists4bindingtreaty. Le programme de désarmement de la WILPF « Atteindre la volonté critique » a plaidé pour parvenir à un désarmement total et universel et le Programme Femmes, Paix et Sécurité de la WILPF a eu l’honneur d’accueillir trois femmes courage de Syrie pour un évènement visant à mettre en lumière les demandes des femmes syriennes. Enfin et surtout, notre équipe MENA a soutenu nos partenaires de la région MENA en créant des espaces féministes sûrs pour la collaboration, en facilitant l’accès aux espaces internationaux et en dialoguant avec les décideurs.

Malgré le fait que 2019 ait été l’une des pires années pour les femmes défenseures des droits humains dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA), nos partenaires ont poursuivi leur activisme pour l’égalité, la liberté et la justice. Avec l’aide de militantes féministes du Yémen, d’Irak, de Syrie et du Liban, la WILPF a pu influencer les discours, faciliter les espaces de rencontre avec les Etats membres de l’Union européenne et soutenir les organisations dirigées par des femmes dans la progression vers leurs programmes féministes.

 

Planifier la révolution

Ainsi, que pouvons-nous faire pour que dans vingt ans nous nous souvenions de l’année 2019 comme année de la révolution des femmes dans le monde entier.

Nous pouvons vous dire ce que nous ferons à la WILPF : nous continuerons à investir notre énergie dans la destruction des croyances patriarcales. Nous continuerons à travailler en étroite collaboration avec nos militantes pour la paix dans le monde entier afin d’apporter des changements de fond en comble.

Nous marcherons, chanterons, manifesterons et crierons pour la création du monde que nous souhaitons.

Et nous voulons que vous en fassiez partie ! Devenez membre de notre réseau diversifié ou créez une section pour rejoindre notre révolution ! Ensemble, c’est le seul moyen d’y arriver.

En paix,

La WILPF

 

 

 

 

 

 

 

L’influence des lobbies bloque la reconnaissance de l’écocide

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Jeudi 12 décembre 2019, le Parlement français manquait une belle chance de s’inscrire dans l’Histoire en rejetant une décision inédite pour la préservation des générations  futures et des écosystèmes.

L’Assemblée Nationale n’a pas adopté la proposition de loi sur la reconnaissance de l’écocide au même rang que les crimes contre l’humanité. Le groupe  LREM, majoritaire à l’Assemblée, et la garde des Sceaux, l’ont déclinée au motif que le droit français sanctionnait déjà « les atteintes d’ampleur » à l’environnement. Le Sénat avait déjà refusé une proposition similaire au printemps dernier. Mais ce rejet semble en réalité le reflet d’une grande crainte des lobbies car son adoption permettrait de criminaliser soudainement de nombreuses activités considérées aujourd’hui comme légales et qui sont portées par des multinationales marchant main dans la main avec le monde politique français.

Présentée par le groupe socialiste au Parlement à l’initiative du député Christophe Bouillon, cette proposition de loi a pu bénéficier du fruit d’un travail transpartisan de longue haleine entre différents groupes politiques et associations qui y ont ajouté de nombreux amendements.

Juriste internationale, cofondatrice de Notre affaire à tous et membre du mouvement End Ecocide on Earth, Valérie Cabanes a notamment été consultée pour la rédaction de cette proposition pour laquelle elle oeuvre depuis 2013.

Selon elle, reconnaître le crime d’écocide de la même manière que les crimes contre l’humanité permettrait de prévenir des désastres futurs alors que l’arsenal juridique actuel ne le permet pas. Toutefois, la bataille juridique est loin d’être perdue car les récents débats ambitieux à l’Assemblée ont révélé l’importance que la notion d’écocide prend dans les consciences. Une proposition de loi sera soumise une nouvelle fois avec le soutien de plusieurs groupes comme nous l’explique Valérie Cabanes dans cette interview.

« Cette proposition de loi définissait à l’origine l’écocide  comme « toute action concertée et délibérée tendant à causer directement des dommages étendus, irréversibles et irréparables à un écosystème, commise en connaissance des conséquences qui allaient en résulter et qui ne pouvaient être ignorées ». Le crime est puni de vingt ans de réclusion criminelle et d’une amende pouvant atteindre 10 millions d’euros ou 20 % du chiffre d’affaires annuel dans le cas d’une entreprise. On y trouve également la provocation publique et directe à commettre un écocide, passible elle de sept ans de réclusion criminelle et de 5 millions d’euros d’amende si cette provocation a été suivie d’effet ainsi que celui de participation à un groupement formé en vue de la préparation de ce crime. La proposition de loi pénalise également l’imprudence caractérisé ayant contribué à la destruction grave d’un écosystème. Ce délit consiste à violer une obligation particulière de prudence ou une règle de sécurité prévue par la loi.

Au sein du mouvement End Ecocide on Earth nous avons travaillé en 2015 sur une proposition de loi clé en main pour faire reconnaître le crime d’écocide comme 5ème crime contre la Paix et la sécurité humaine par la Cour pénale internationale aux côtés des quatre existants (de guerre, de génocide, contre l’humanité, d’agression). Notre proposition intègre le concept de limites planétaires développé par une équipe de chercheurs internationaux et reconnu par l’ONU et l’Union européenne. Cette théorie scientifique fixe des seuils, au nombre de neuf, qu’il ne faut pas dépasser pour maintenir la planète habitable pour l’humanité. La France, lors de la présentation du rapport 2019 sur l’environnement qui documente l’état des écosystèmes français, a fait l’aveu de dépasser six de ces seuils.

Pour les opposants de la proposition de loi, le droit tel que construit actuellement est suffisant. Effectivement le droit français permet de poursuivre des actes criminels organisés, mafieux, comme le trafic d’espèces menacées, mais il ne veut pas entendre parler de reconnaître des activités légales comme illégales, par exemple les activités polluantes de multinationales. Ces activités ne devraient plus être tolérées, mais à l’inverse elles sont soutenues par les responsables politiques et bancaires. Il faut rappeler que selon le FMI, en 2015 les investissements directs et indirects des banques et des Etats dans les fossiles s’élevaient encore à 5340 milliards de dollars. Or notre proposition de loi, si elle avait été adoptée, aurait forcé ces multinationales à changer de « business plan » et à engager une transition.

Toutefois, les débats à l’Assemblée nationale ont été passionnants. Ils ont énormément enrichi les discussions en insistant notamment sur la nécessité d’une réforme en profondeur du droit français qui doit sortir de cette conception anthropocentrée où l’humain est le maître de la nature et reconnaître le principe d’interdépendance entre l’Homme et les autres espèces et systèmes vivants. Reconnaître aussi la personnalité juridique de la Nature dans son ensemble ou d’écosystèmes en particulier.

A partir du moment où l’on ne reconnaît pas la valeur intrinsèque des écosystèmes et le rôle qu’ils jouent, alors on n’arrivera pas à stopper des projets destructeurs pour ces derniers.

Notre arsenal juridique ne reconnaît pas de droit aux générations futures et de droits aux grands systèmes écologiques de la Terre à jouer leur rôle et c’est de là que découle l’absence de possibilité de les protéger ».

 

Rencontre européenne « Femmes, Migration, Refuge » Genève, 27-28-29 septembre 2019

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Dans le prolongement de la grève des femmes du 14 juin 2019

Le 8 mars en Espagne et en Italie, le 14 juin en Suisse, des centaines de milliers de femmes sont descendues dans les rues pour manifester contre les violences, les discriminations, les inégalités inhérentes à la société capitaliste et patriarcale dans laquelle nous vivons. Un des slogans scandé avec force dans les rues de Suisse le 14 juin était : »Solidarité avec les femmes du monde entier ». De nombreuses femmes migrantes étaient d’ailleurs présentes dans les manifestations, avec leurs revendications propres.

Dans le prolongement de cette journée de mobilisation exceptionnelle du 14 juin, différentes associations, à l’initiative de la Marche Mondiale des Femmes, ont décidé d’organiser une rencontre européenne sur le thème « Femmes, Migration, Refuge ».

Les obstacles auxquels se confrontent les femmes migrantes

Au niveau mondial, les femmes représentent près de la moitié des personnes migrantes. Qu’elles soient obligées de quitter leur pays pour des raisons politiques, à cause de la guerre, à cause de la misère, pour échapper à des formes de violence et d’oppression liées à leur statut de femmes, ou pour assurer la subsistance de leur famille, les femmes rencontrent, sur le chemin de l’exil et dans les mal nommés pays « d’accueil », des obstacles, des discriminations, voire des formes de violence spécifiques. Lorsqu’elles demandent l’asile, leurs motifs de fuite spécifique ne sont souvent ni entendus, ni pris en compte. Lorsqu’elles viennent pour travailler, ni leurs formations, ni leurs expériences professionnelles préalables ne sont reconnues, les assignant souvent à des secteurs tels que l’économie domestique et les soins, où les conditions de travail sont particulièrement précaires, ou encore le travail du sexe. Celles sans statut légal, nombreuses dans ces secteurs, sont  plus précarisées, l’absence d’autorisation de séjour générant vulnérabilité et exploitation. Et on pourrait multiplier les exemples de discriminations subies par les femmes migrantes.

Pour une solidarité active entre femmes d’ici et femmes d’ailleurs !

Dans un contexte politique, en Europe, où les nationalismes et la xénophobie se renforcent, où les gouvernements cherchent à limiter les possibilités d’accès à leur territoire pour les migrant.e.s, il est plus que jamais nécessaire de renforcer un réseau européen de solidarité avec les luttes des migrantes pour la reconnaissance de leurs droits, et ce quel que soit leur statut : réfugiées, travailleuses avec ou sans statut légal etc..

Nous, femmes d’ici et d’ailleurs, avons beaucoup à apprendre les unes des autres,de nos expériences d’organisations et de luttes ! Ensemble, nous voulons définir une plateforme commune de revendications pour créer un réseau européen de résistances. Tel est le sens de la rencontre européenne que nous avons organisée à Genève les 27, 28 et 29 septembre.

Programme :

vendredi 27 septembre       table  ronde publique, violences à l’encontre des migrantes –                                           comment lutter et résister ?

samedi 28 septembre         accueil et refuge des exilées  – exemples de résistance                                              ateliers                                                                                                                        travail des migrantes sans statut légal                                                                                solidarité et luttes pour leur régularisation

dimanche 29 septembre     créer un espace européen de résistances                                                                           adoption d’une plateforme commune

ateliers créatifs : dessinons-gravons-créons des liens !                                                  Convention d’Istanbul, reconnaissance des violences comme motif d’asile et protection des migrantes –                                                                                                             sociétés transnationales, génératrices de violences et de migrations –                           entraves à l’accès aux soins pour les migrantes –                                                  mineur.e.s non accompagné.e.s difficultés et accueil                                                        parcours et intégration dans le pays d’accueil : partage d’expérience                    situation des femmes dans les camps et centres de réfugié.e.s                                         refuge : engagement de la société civile et auto-organisation des migrantes           exploitation des migrantes dans le travail domestique et de soin                             racisme, sexisme et discrimination à l’encontre des migrantes                                    entraves dans l’accès à la justice                                                                                traite des êtres humains, trafic de personnes, mariages forcés

 

Collectif d’organisation de la rencontre européenne Femmes, migration, refuge

Marche Mondiale des Femmes/rencontre européenne

 

 

GESTATION POUR AUTRUI retranscription de la filiation d’enfants nés à l’étranger

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Depuis début octobre 2019, la Cour d’Appel de Rennes (seule compétente pour juger des appels concernant l’état civil des Français nés  à l’étranger),  a rendu quatre décisions. Et dans les quatre, qui concernent des couples hétérosexuels ou homosexuels, elle a validé la retranscription de la filiation d’enfants nés en dehors des frontières française par le biais d’une mère porteuse.

Dans les quatre arrêts rendus les 18 et 25 novembre, les juges ne contraignent plus le parent d’intention à passer par une adoption pour établir la filiation à l’égard de l’enfant. Une demande quasi-systématique avant cela.

Si les juges franchissent ce nouveau pallier dans la facilitation de la reconnaissance des enfants nés par mère porteuse à l’étranger, c’est qu’ils y sont encouragés par une décision rendue début octobre par la Cour de Cassation. Cette décision, rendue dans l’emblématique « affaire Mennesson », valide en effet la transcription dans les registres d’état civil des filles de Dominique et Sylvie Mennesson sans faire la différence entre la situation du père -ayant un lien biologique avec ses enfants et de la mère -d’intention.

Dans l’arrêt du 18 novembre 2019, qui concerne la reconnaissance de deux enfants nés aux Etats Unis en 2015 à la demande d’un couple d’hommes on peut lire :

« La Cour de Cassation considère qu’il convient, au regard de l’intérêt supérieur de l’enfant, de privilégier tout mode d’établissement de la filiation, permettant au juge de contrôler notamment la validité de l’acte ou du jugement d’état civil étranger au regard de la loi du lieu de son établissement ».

Les juges de la Cour d’Appel de Rennes valident donc la transcription de l’état civil et reconnaître les deux hommes comme pères de l’enfant.

 

Les tribunaux poursuivront-ils ce mouvement ? Il faut attendre les prochaines décisions pour le savoir. En l’état, et même depuis le rendu de l’arrêt Mennesson, le Parquet de Nantes -garant de la validité des registres d’état civil de tous les enfants français nés à l’étranger – continue de contester la transcription des parents d’intention d’enfants nés par Gestation pour Autrui à l’étranger. Les tribunaux devraient donc continuer à examiner de tels dossiers dans les mois qui viennent.

 

 

Après trois mois de consultation, le gouvernement a clos le Grenelle contre les violences conjugales

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Le gouvernement a sonné la fin du Grenelle lundi 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes en annonçant la mise en place d’une trentaine de mesures (infographie ci-après).

 

Des aberrations vont être corrigées : le fait par exemple que les enfants devaient continuer à payer pour les besoins d’un père qui avait assassiné leur mère, le retrait systématique pour les pères meurtriers de l’autorité parentale,  la possibilité de déroger au secret médical fait également partie de ces correctifs ainsi que  l’inscription dans la loi de la notion d’emprise conjugale et la mise en service d’un numéro national d’écoute 39 19 qui va fonctionner 24 heures sur 24, sept jours sur sept.

Il y a une prise de conscience de l’existence de dysfonctionnement du côté de la justice, de la police, qui est en train d’être corrigée. Néanmoins, ce n’est pas suffisant compte-tenu du problème que nous avons aujourd’hui en France. Nous avons un nombre croissant de femmes qui se tournent vers les associations pour demander des services d’aide tels que l’aide juridique, l’hébergement, l’accompagnement.

Les associations souhaitaient 2000 places d’hébergement spécialisé, au prix de l’hébergement spécialisé, pour pouvoir accompagner correctement les femmes.  Seulement 1000 places d’hébergement spécialisés  vont être  créées avec 250 places pour lesquelles le budget sera de 25 euros par place. Les 750 places restantes sont de l’hébergement temporaire auxquels les femmes doivent contribuer financièrement.

Les associations regrettent de ne pas avoir été entendues sur la question du budget consacré à la lutte contre les violences faites aux femmes.

Il n’y a pas aujourd’hui un milliard d’euros qui est mis sur les violences faites aux femmes, comme le demandaient les associations.  Il y a un milliard d’euros prévu au projet de loi de finances pour les trois prochaines années et dans ce milliard, une grande partie est dédiée aux dépenses à l’international,  à des prêts qui vont aller à l’autre bout de la planète pour que des pays s’engagent par exemple à avoir un ministère des Droits des femmes. Nous avions compté 80 millions d’euros entièrement dédiés aux violences faites aux femmes.

En 2020, il y aura toujours des femmes qui n’auront pas d’hébergement spécialisé, il y aura toujours des femmes qui n’auront pas de rendez-vous parce qu’il y aura trop de dossiers dans les associations ou qui devront attendre 45 minutes au bout du fil car il n’y aura pas assez d’écoutantes. Donc ces dispositifs concrets, réels dans la vie des femmes ne sont malheureusement pas en nombre suffisant.

Des mesures mais sans plus de moyens : un nouveau Grenelle sera nécessaire dès l’an prochain.

 

 

 

 

L’ARME NUCLEAIRE EST « IMMORALE » DECLARE LE PAPE FRANCOIS A HIROSHIMA

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A Nagasaki puis à Hiroshima, dimanche 24 novembre 2019, le Pape François a lancé un appel pressant aux gouvernants et aux consciences pour renoncer à l’arme atomique « immorale », à la dissuasion -une « fausse sécurité »-  et pour engager une démarche « collective et concertée » vers « une paix désarmée » qui, seule, peut « garantir un avenir commun » dans un monde globalisé et conscient de la vulnérabilité de la planète.

Il s’est directement adressé aux dirigeants de la planète pour leur dire que le temps était venu de renoncer aux armes nucléaires et leur demander de construire une paix qui ne repose pas sur la possession de tels armements et la menace de s’en servir pour dissuader d’éventuels agresseurs. « Un monde sans armes nucléaires est possible et nécessaire », a-t-il affirmé. D’autant plus que, selon lui, « ces armes ne nous défendent pas des menaces contre la sécurité nationale et internationale de notre temps ».

Puis le Pape François a prononcé une condamnation morale du nucléaire militaire :

« L’utilisation de l’énergie atomique à des fins militaires est aujourd’hui plus que jamais un crime, non seulement contre l’homme et sa dignité, mais aussi contre toute possibilité d’avenir dans notre maison commune. L’utilisation de l’énergie atomique à des fins militaires est immorale. Comme est immorale la possession d’armes atomiques ».

A Nagasaki, le matin même, le Pape avait expliqué pourquoi, selon lui, loin de favoriser la paix, la possession d’armes nucléaires et « d’autres armes de destruction massive » n’instaure qu’une « fausse sécurité » fondée sur la « crainte » et la « méfiance qui finit par envenimer les relations entre les peuples et empêcher tout dialogue ». « La paix et la stabilité internationales sont incompatibles avec toute tentative de compter sur la peur de la destruction réciproque ou sur une menace d’anéantissement total », a-t-il affirmé, en demandant à ce que leur soient substituées la « solidarité » et « la coopération » entre des Etats conscients de leur « interdépendance ».

Le Pape avait ensuite appelé à « rompre la dynamique de méfiance qui prévaut actuellement » entre Etats « et qui fait courir le risque d’arriver au démantèlement de l’architecture internationale de contrôle des armes ».

Nous assistons à une érosion du multilatéralisme d’autant plus grave si l’on considère le développement des nouvelles technologies des armes », a insisté le Pape François. Pour sa part, a-t-il ajouté, le Vatican ne se « lassera pas d’oeuvrer et de soutenir avec une insistance persistante les principaux instruments juridiques internationaux de désarmement et de non-prolifération nucléaire, y compris le traité sur l’interdiction des armes nucléaires.

 

Débat public annuel sur les Femmes, la Paix et la Sécurité organisé par le Conseil de sécurité des Nations unies le 29 octobre 2019, à New York.

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Le 29 octobre 2019, sous la présidence de l’Afrique du Sud, le Conseil de sécurité des Nations unies a organisé le débat public annuel sur les Femmes, la Paix et la Sécurité (WPS) sur le thème : « Vers une mise en oeuvre réussie du programme concernant les femmes, la paix et la sécurité : engagements pris en vue de la commémoration du 20ème anniversaire de la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité.

L’Afrique du Sud a présenté la Résolution 2493 dans le but de reconstruire un consensus autour du cadre normatif existant dans les domaines de la participation des femmes et de la société civile et concentrer l’attention sur le principe de  responsabilité.

La Résolution 2493 a été adoptée à l’unanimité le matin du débat public. Le rôle de la société civile et la protection des femmes défenseurs des droits humains, ainsi que la santé et les droits en matière de sexualité et de procréation, sont apparus comme deux des questions les plus difficiles au cours des négociations.

En effet, les références explicites aux femmes défenseurs des droits humains ont finalement été supprimées au nom de la recherche d’un consensus. Le texte final, cependant, contient maintenant une référence importante à un « environnement sûr et favorable » pour la société civile, les femmes dirigeantes, les bâtisseurs de la paix et les politiciens, ainsi que pour ceux qui « protègent et promeuvent les droits humains ».

La Résolution finalement adoptée marque de modestes avancées dans le cadre normatif dans les domaines de la participation des femmes et de la société civile.  La Résolution introduit de fortes références à la participation « complète, égale et significative » des femmes. Les Résolutions précédentes contenaient rarement des références aussi fortes sur l’égalité et le sens, ce qui est essentiel pour renforcer une approche de la participation des femmes fondée sur les droits. L’inclusion de ces termes souligne la nécessité d’une inclusion structurée et formelle des femmes, afin qu’elles occupent des postes décisionnels et aient une influence sur les résultats des processus auxquels elles participent, qui ont toutes deux été identifiées comme des exigences clés lors d’une réunion d’experts.

Si le Conseil de Sécurité des Nations Unies est de remplir son mandat pour maintenir la paix et la sécurité internationales d’une manière qui fonctionne pour les femmes – et les hommes et les personnes non conformes au genre – il faut accélérer la responsabilité globale en prenant des mesures audacieuses pour la paix fondée sur le leadership des femmes locales et les droits.

 

 

 

Centrales nucléaires : inquiétudes et préoccupations suite au séisme survenu le 11 novembre dans la vallée du Rhône

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Ce lundi 11 novembre 2019, un séisme d’une magnitude de 5,4 sur l’échelle de Richter est survenu en vallée du Rhône, soit plus que le « séisme majoré de sécurité » de 5,2 auquel sont censées résister les centrales de Tricastin et Cruas. La centrale de Cruas est d’ailleurs arrêtée afin que des vérifications soient effectuées. » Il s’agit de faire un tour des installations et de confirmer le diagnostic et  l’innocuité de ce séisme » souligne la préfète de l’Ardèche, Françoise Souliman.

Au-delà de l’état actuel de la centrale, cet évènement soulève des interrogations nombreuses et légitimes quant à l’état des installations et à l’attitude désinvolte d’EDF vis-à-vis du risque sismique.

Selon EDF, il n’y aurait pas, à ce stade, de dégâts visibles. Toutefois il est légitime de s’interroger sur l’éventuelle fragilisation des équipements au vu de la fréquence à laquelle des anomalies de « non-tenue au séisme » sont découvertes sur l’ensemble du parc nucléaire. Si certains défauts sont dus à des défauts de conception (que l’on continue de découvrir des décennies après la mise en service des centrales), d’autres résultent du mauvais entretien des installations. On voit ici une illustration de la priorité donnée par EDF à la production et à la rentabilité à court terme, au détriment de la sûreté.

Risque minimisé dès l’origine, découverte incessante d’anomalies, travaux effectués très en retard : tous ces éléments n’incitent pas à faire confiance à EDF dans la prise en compte du risque sismique !

Un séisme peu aussi entraîner des ruptures de barrages. En amont il y en a au moins 8. Les canaux peuvent aussi subir des fragilisations et des ruptures de digues auront pour conséquences l’inondation des installations nucléaires comme cela s’est produit à Fukushima.

Ce tremblement de terre nous rappelle que cette menace est une réalité, qui vient s’ajouter aux multiples risques qui devraient exiger une sortie du nucléaire en France.

Avant qu’un accident grave ne survienne, il est urgent d’engager une véritable transition qui passe par l’arrêt des centrales, dans la vallée du Rhône comme ailleurs.

extrait d’article du Réseau Sortir du Nucléaire

Vivre avec le Traité d’Interdiction des armes nucléaires, d’abord ne pas nuire.

Le Traité des Nations Unies sur l’interdiction des armes nucléaires ne débarrassera pas le monde des armes nucléaires ni ne le laissera plus vulnérable à la guerre, malgré les espoirs et les craintes de ses partisans et opposants les plus fervents.

Maintenant que 50 pays ont ratifié le Traité des Nations Unies sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), il entrera en vigueur en janvier 2021.

Le Traité proclame que les signataires « ne mettront jamais en aucun cas au point, ne restera, ne produira, ne fabriquera, ni n’acquiert, ne possèdera ou ne stockera des armes nucléaires ou d’autres dispositifs explosifs nucléaires ». Il est expressément interdit aux Alliés de stationner ou de déployer des armes nucléaires d’autres Etats.

Mais, depuis les années 1950 au moins 5 Etats de l’OTAN ont hébergé des armes nucléaires américaines sur leur territoire dans le cadre de la stratégie de sécurité collective de l’alliance. Beaucoup craignent, et certains espèrent, que le soutien public et parlementaire au traité poussera l’Allemagne, les Pays-Bas et peut-être d’autres à cesser d’héberger ces armes.

LES NATIONS SANS ARMES NUCLEAIRES ONT DES RAISONS D’APPUYER LE TRAITE

Les 122 pays qui ont adopté le traité en 2017 se sont engagés légalement à ne pas acquérir d’armes nucléaires, puisqu’ils ont signé le traité de non-prolifération nucléaire vieux de 50 ans.

Aucun d’entre eux ne fait face à des menaces d’agression de la part des Etats-Unis, de la Russie, de la Chine ou d’autres pays que les armes nucléaires dissuaderaient de manière plausible. Pourtant, tous pourraient souffrir gravement de la guerre nucléaire de quelqu’un d’autre, en particulier celle impliquant les arsenaux américains et russes encore excessivement destructeurs.

Les dommages pourraient provenir des retombées radioactives, de la crise économique mondiale, des inondations de réfugiés et peut-être de l’hiver nucléaire, au-delà des autres effets de la destruction infligée aux territoires des belligérants.

Les partisans du TIAN représentent plus de la moitié de la population mondiale et sont naturellement frustrés que les Etats dotés d’armes nucléaires n’aient pas rempli leurs obligations juridiques et leurs engagements politiques de poursuivre le désarmement nucléaire. Si les Etats dotés d’armes constituent une menace et ne tiennent pas leurs promesses de l’éliminer, alors pourquoi ne pas soutenir un Traité interdisant ces armes ?

LES PAYS DOTES D’ARMES NUCLEAIRES NE S’INSCRIVENT PAS

Les 9 gouvernements qui utilisent des armes nucléaires ne le signeront pas. Il n’y a pas non plus d’alliés sécuritaires des Etats dotés d’armes nucléaires, y compris tous les membres de l’OTAN, du Japon et de la Corée du Sud, par exemple. En d’autres termes, le Traité ne changera en rien la dépendance ou la possession d’armes nucléaires d’un pays.

Bien que cela soit vrai, les partisans et les critiques du Traité ont des raisons de tenir compte de l’injonction d’Hippocrate de « ne pas nuire en premier ». L »importance de cette injonction est particulièrement grande dans l’Europe de l’OTAN et aux Etats-Unis.

Dans plusieurs pays de l’OTAN, un nombre important de citoyens et d’organisations de la société civile et leurs représentants politiques soutiennent fermement le TIAN. Cela comprend les Pays-Bas et l’Allemagne, qui font partie des 5 Etats qui accueillent des bombes nucléaires américaines dans le cadre de l’accord de partage nucléaire de l’OTAN.

Ces gouvernements se débattent maintenant pour concilier un soutien national fort au TIAN et des préoccupations croissantes concernant les menaces à la sécurité de la Russie. Si les partisans du TIAN devenaient suffisamment forts politiquement pour convaincre leurs gouvernements de rompre avec le consensus de l’OTAN et de signer et ratifier le traité, l’alliance serait alors confrontée à une crise majeure. Une telle crise surviendrait alors que la Russie continuerait d’ajouter à son arsenal nucléaire et à son répertoire de coercition et d’ingérence dans les affaires intérieures des pays de l’OTAN.

CRITIQUER LE TIAN EST LA MAUVAISE APPROCHE

Ici, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France -en tant qu’Etats dotés d’armes nucléaires- ont un rôle essentiel à jouer. S’ils ne respectent pas ouvertement les préoccupations qui motivent le soutien au TIAN, et dirigent plutôt la colère critique contre ceux qui le font, ils durciront plutôt qu’affaibliront la détermination des partisans du TIAN. Les Etats-Unis et la France en sont particulièrement coupables.

Une voie beaucoup plus sage, s’appuyant sur les opportunités qu’une nouvelle administration à Washington pourrait offrir, consisterait à redynamiser les efforts pour arrêter la course aux armements qualitative et quantitative naissante entre la Russie, les Etats-Unis et l’OTAN. Contrer l’agenda de la Russie et la frustration des défenseurs du désarmement en proposant des propositions équitables de réduction des armements et de renforcement de la confiance fera beaucoup moins de mal et plus de bien que de critiquer le TIAN.

Les défis que pose l’élaboration d’arrangements équilibrés et de renforcement de la sécurité pour limiter ou réduire les nouvelles technologies nucléaires et non nucléaires offensives et défensives susceptibles de compromettre la stabilité sont sans précédent. Mais l’Europe, la Russie et les Etats-Unis comptent de nombreuses personnes et organisations à la hauteur de la tâche. Il est maintenant impératif d’orienter l’énergie politique dans cette direction.

IDN Initiatives pour le Désarmement Nucléaire

Vingt ans après la Résolution historique de l’ONU, les femmes sont toujours exclues dans les processus de paix alors que leur présence est primordiale

Il y a 20 ans, le Conseil de sécurité de l’ONU prenait une résolution historique afin d’inclure davantage de femmes dans la prévention et le règlement des conflits. Cependant, la cheffe de l’agence ONU-Femmes met en garde contre « des lacunes alarmantes » dans la mise en oeuvre de la résolution 1325 et regrette que « l’exclusion soit toujours la norme ». De son côté, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, explique que les femmes sont sous-représentées dans les instances de pouvoir et les processus de paix. Ce dernier précise qu’aujourd’hui elles « ne dirigent que 7% des pays du monde ».

La Résolution 1325 a été adoptée à l’unanimité par le Conseil le 31 octobre 2000. Il souligne l’importance d’une participation égale des femmes à la prévention et à la résolution des conflits, ainsi que de la consolidation de la paix et de la reconstruction après un conflit. La résolution appelle également à protéger les femmes et les filles contre la violence sexiste.

En 2020, les hommes représentent encore les trois quarts des membres des équipes et des comités chargés de lutter contre la Covid19. « Les décisions concernant la paix et la sécurité internationales continuent d’être prises à une écrasante majorité par des hommes », déplore le chef de l’ONU.

Pour lui, l’inclusion des femmes doit être une priorité dans les processus de paix, notamment dans la lutte contre le coronavirus. « Les processus de paix se déroulant en ligne durant la pandémie, il importe de ne pas ralentir l’action menée en faveur de la participation des femmes », a-t-il affirmé.

Phumzile Mlambo-Ngcuka a également averti que la pandémie de la Covid-19 a eu un impact disproportionné sur la population féminine. Les différents confinements ont mis en lumière de profondes inégalités dans les systèmes d’éducation, les systèmes de santé et les possibilités économiques pour elles. Elle a aussi rappelé que les femmes constituent la majorité des soignants en première ligne dans le monde entier. « Pourtant, elles sont une fois de plus sous-représentées dans la prise de décisions en cas de pandémie. », a-t-elle conclu en soulignant que la situation était amplifiée pour les femmes dans les zones de conflit.

« Les preuves montrent que les processus de paix qui impliquent les femmes sont essentiels à une paix durable, mais les femmes sont toujours systématiquement exclues, confinées à des processus informels, ou reléguées au rôle de spectateurs, tandis que les hommes s’assoient dans les salles qui définiront leur vie et décideront de leur avenir », a déclaré Phumzile Mlambo-Ngcuka, directrice exécutive de l’ONU-Femmes, lors d’une réunion du Conseil de sécurité qui célébrait l’anniversaire de l’adoption de la résolution 1325.

Selon elle, lors des négociations de paix entre 1992 et 2019, seulement 13 % des négociateurs, 6 % des médiateurs et 6% des signataires de l’accord de paix étaient des femmes. « Ces négociations sont encore structurées de manière à élever et à responsabiliser les acteurs qui ont alimenté la violence, plutôt que d’autonomiser les circonscriptions qui font la paix » a-t-elle révélé.

Novembre 2020